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DOSSIER : Présidentielle sénégalaise - Dakar, la leçon de démocratie


La leçon de Dakar...
Au lendemain de la victoire sans appel de Macky Sall contre Abdoulaye Wade, le Sénégal s'est réveillé plein d'espoir et fier de ses dirigeants.
Plongée dans les premières heures du nouveau régime.

Où va le Sénégal ? Pause dans les grands travaux.

Depuis neuf ans, le pays construit : routes, complexes hôteliers, zones franches... Cependant, face au coût des projets et à la crise qui touche les investisseurs, certains chantiers avancent au ralenti, d’autres sont à l’arrêt.

Le fils va-t-il relancer les travaux du père ? Le tout nouveau ministre de la Coopération internationale, de l’Aménagement du territoire, des Transports aériens et des Infrastructures, Karim Wade, est en effet chargé de redonner du souffle à l’énergie du « président bâtisseur », qui s’est quelque peu estompée. À peine installé à la tête du pays en 2000, Abdoulaye Wade n’a cessé de lancer des projets pour mettre le Sénégal au niveau des standards internationaux. Rien n’était trop beau, ni trop grand : cité des affaires, hôtels de luxe, autoroute, nouvel aéroport international… Même si la démesure était souvent au rendez-vous, cette ambition relevait aussi d’un diagnostic approprié.

Surpeuplée, polluée et embouteillée, l’agglomération de Dakar – dont la population est passée de 500 000 habitants dans les années 1960 à 2,4 millions aujourd’hui – ne s’était pas vue grandir. Il y avait urgence, alors que les pertes annuelles liées à l’engorgement de la ville étaient évaluées à plus de 100 milliards de F CFA (152,5 millions d’euros). De même, le développement du pays, jusqu’alors articulé autour de l’agri­culture (notamment sa filière arachide) et des phosphates, avec les Industries chimiques du Sénégal (ICS), montrait ses limites. Par sa position géographique, le pays peut légitimement espérer devenir une plaque tournante dans la sous-région et miser sur le secteur tertiaire. Mais, neuf ans après, qu’en est-il réellement ?

Le 11e sommet de l’Organisation de la conférence islamique (OCI), en mars 2008, a été l’occasion d’en finir avec la nouvelle route de la Corniche. Mais les cinq hôtels promis ont toutes les peines du monde à sortir de terre. Quant à l’autoroute à péage Dakar-Diamniadio (36 km), lancée en juillet 2005, seule la première phase est achevée. La livraison du deuxième tronçon est attendue pour 2010, qui doit permettre de relier le futur aéroport Blaise-Diagne et la zone économique spéciale attenante (voir encadré). Le coût de l’ensemble de ces projets est estimé à 1 000 milliards de F CFA. « Avec la crise internationale, les financements en provenance des pays du Golfe vont être plus difficiles à mobiliser. Quant aux partenaires traditionnels, ils ont été quelque peu échaudés par les récents déboires budgétaires », explique un observateur, faisant allusion au prêt exceptionnel de 125 millions d’euros accordé en décembre au pays par l’Agence française de développement, destiné à l’apurement des créances domestiques dues par l’État. Le principe de réalité est sans doute en train de rattraper les ambitions présidentielles.

Par Philippe Perdrix
Jeune Afrique

Les Sénégalais d’Amérique et la crise financière: Modou et Fatou broient du noir

Les conséquences désastreuses de la crise économique et financière des Etats-Unis, avec son lot de deux millions de pertes d’emplois, n’épargnent pas les Sénégalais installés au pays de l’oncle Sam. « Modou » et « Fatou » se bousculent aux portillons de la misère. Le commerce, un des secteurs florissants très prisé par les Africains, ne nourrit plus son homme. Les grandes compagnies ne recrutent plus. Le métier de chauffeur de taxi, jadis, prospère, chute. Les coiffeuses ont mis les clefs sous le paillasson. Conséquences : Les locaux de l’Association des Sénégalais d’Amérique (Asa) deviennent le mur de lamentations des Sénégalais menacés d’expulsion de leur domicile, pour non-paiement de loyer.

Que l’on ne soit, surtout pas ébloui par les beaux carrosses à bord desquelles roulent les émigrés en provenance du pays l’oncle Sam. Il leur a fallu suer sang et eau pour y arriver. Qui plus est, les Etats-Unis ne sont plus cet eldorado qui a tant fait rêver les jeunes du monde. Certes le pays conserve toujours son statut de première puissance mondiale, mais aujourd’hui, le pays s’est enlisé dans une crise financière sans précédent. Depuis deux ans, les Etats-Unis vivent sous perfusion. Georges Bush a dû batailler ferme avec le Congrès pour décrocher, de l’Etat fédéral, une manne de 700 milliards de dollars (plus de 300 mille milliards de francs Cfa, soit presque 200 fois le budget annuel du Sénégal) devant servir à sauver City Bank qui pataugeait dans la mélasse, Bank of America qui titubait, Lehmann Brothers et Wall Street (le poumon de l’économie). Et cela, en toute violation des principes ultraconservateurs des capitalistes qui honnissent tout interventionnisme de l’Etat. Le nouvel homme fort du pays, Barack Obama, négocie déjà pour obtenir 815 milliards de dollars, somme jugée modique, selon des experts, pour faire sortir le pays du naufrage.

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