Les masques sont tombés et l'édile de Thiès apparaît sans les oripeaux qui le déguisaient en allié du pouvoir. Maire fictif de Thiès il fut aussi un bien encombrant passager dans le train conduit par Macky Sall.
                Idrissa Seck a finalement mis un terme à sa participation à la majorité qui, osons le dire, n'a jamais était qu'une sorte de salle d'attente, avant de réellement se définir comme opposant au régime actuel. Evidemment cela ne surprend guère et l'impact de son acte risque d'être plus dommageable pour son parti. De fait, l'hémorragie a commencé avec la distance mise par deux de ses ex lieutenants ministres dans le gouvernement. L’interrogation demeure toujours la même: à quelles fins le maire de Thiès se hasarde-t- il en se positionnant de la sorte?

                Hormis les élections locales, avec leur spécificité, rien ne justifie une telle attitude en termes de retombées politiques à engranger. En effet, s'il s'agit de prendre la place de leader de l'opposition, il nous semble que les sénégalais ont des préoccupations beaucoup plus urgentes et très éloignées au théâtre de positionnement auquel se livrent les politiciens. Il s'y ajoute que le peuple sénégalais a fait des bonds très importants en matière de maturité politique, les gesticulations et autres rodomontades versatiles de la classe politique ne font plus recettes et ne fondent plus leur opinion. Encore une fois, la seule fois où Idrissa Seck a eu une envergure nationale fait suite à sa posture de victime de Wade et le peuple ne s'y était pas trompé en le récompensant de 11% à l'élection présidentielle. Depuis lors, Idy s'est littéralement emmuré dans son bunker de Thiès. IL peine à s'élargir au niveau national et ce ne sont pas les récents événements qui y changeront quelque chose.
                La prétention légitime à être président doit s'accompagner d'une bonne lecture  et compréhension de sa société or Idrissa Seck nous donne l'impression de se croire trop parfait et surtout  de s'enfler d'une suffisante certitude  qui lui fait croire qu'il serait naturellement destiné à gouverner le Sénégal. Dès lors, son heure serait venue et ne lui resterait qu'une traversée du maquis afin d'entamer une marche triomphale vers le palais. Le fait est qu'au Sénégal n'importe qui, au sens positif de l'expression, peut présider aux destinées du pays mais ce ne sera plus en louvoyant. Maky Sall est plus qu'averti, cette nation ne se laissera plus piéger par des ruses...des résultats et des avancées dans la satisfaction de la demande sociale sont les seuls gages lui permettant une éventuelle  réélection.
                En définitive, les politiciens sénégalais gagneraient à se réformer et suivre l'évolution imprimée par le peuple depuis quelques années. Il y a un réel éveil d'une conscience citoyenne qui ne cherche pas un gourou ou homme providentiel. Le message est simple: éthique et rectitude seront désormais l'aune à laquelle seront appréciés les futurs dirigeants de ce pays. Trop de dégâts ont été commis dans la mentalité collective pour se laisser berner par des as de la rhétorique.
                                                                                                   Toumbou  Amadou  sunuman2012@gmail.com