Ô MALI d’aujourd’hui ! Ô MALI de demain !

Le mercredi, 15 Août 2012, Bamako refusait  que la Cédéao sécurise ses institutions. Six mois après, près de 7000 hommes sont entrain ou sont sur le point de débarquer à Bamako et dans les régions nord occupées. Aujourd’hui, la question se pose de savoir «quels contours donner à une éventuelle force d'intervention ouest africaine au Mali ?». C'est à cette question qu’avaient eu à plancher et à répondre hors délais, les chefs d'état-major de la Cédéao réunis à Bamako ce mardi 14 août 2012, avec les autorités maliennes de transition pour une convergence et harmonisation de points de vue, en vue d’établir la «feuille de route» demandée par l’ONU. Comme l’ont fait remarquer les observateurs militaires et experts géo stratèges, «plusieurs divergences de point de vue persistent et devront être dépassées pour qu'une force militaire soit mise en place».

La première phase du plan de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) au Mali prévoyait le débarquement des troupes étrangères (non spécifiées en quantité ni en provenance d’origine à l’époque) sur le tarmac de l’aéroport de Bamako Sénou. Pour, soi dit en passant, sécuriser les institutions de la transition. Ce dont la junte militaire encore au pouvoir et dans les cœurs de bon nombre de concitoyens maliens dits «patriotes» ne voulaient point du tout entendre parler. Est-il besoin de le rappeler ? «La sécurisation des institutions de la République à Bamako sera entièrement assurée par les forces de sécurité du Mali», martelait encore peu, le colonel-major Ibrahima Dembélé, chef d’état-major de l’armée malienne.

Dans la deuxième phase du plan, on parlait plutôt de la formation des troupes maliennes. Chose dont l’union Européenne est complètement acquise à la cause et en fait le motif principal de sa participation auprès des troupes françaises dans l’Opération «SERVAL» qui devra aller jusqu’au mois de mars, en attendant la relève par les troupes africaines de la MISMA, ou les «casques bleus» de l’ONU.

Enfin la troisième phase était relative purement et simplement parler, à la reconquête du nord du Mali.  Sur ce point l’armée malienne entendait être le centre névralgique du dispositif. On connaît désormais ses limites depuis l’attaque de Kona par les islamistes djihadistes, nécessitant une intervention de l’aviation de l’armée française dans ces localités, avant de se poursuivre offensive générale de reconquête terminée du Territoire national sous occupation durant 12 mois à son hémisphère nord.

De plus, si l’on s’en tient aux dires de ses chefs, pour l’armée malienne, «cette reconquête, c’est toujours les troupes maliennes d’abord» selon chef d’état-major de l’armée malienne, Colonel Major Ibrahima Dembélé.  S’il est vrai que «personne ne fera cette guerre à la place du Mali» ce n’est pas le cas en ce moment à Kidal, où le MNLA et le MIA (récemment retransformé pôle nouveau de la négociation après Ansar Dine d’Iyad Ag Ghali). Vu que les Tchadiens sont les seuls autorisés à y venir en appui à l’armée française, entrain d’y ratisser large et de procéder à un maillage complet de la zone que les Touarègues ont toujours voulu démilitarisée d’abord, avant toute négociation avec le pouvoir central de Bamako. Comme si c’était déjà une concession idoine, alors qu’on ne cherche qu’à occuper une nouvelle posture du politiquement correct indépendantiste qui a droit  cette revendication, somme toute légitime comme celle des Corses en France.

Le Mali qui n’avait donc pas validé le plan d’intervention des Généraux de la Céda e verra puni d’interdiction d’enter sur le sol du territoire de l’Azawad dont Kidal serait la capitale. D’autant plus que le MNLA montre sa bonne foi sur le plan diplomatique à tous les alliés du Mali, en faisant arrêter deux des principaux leaders islamistes, dont ils s’étaient attachés également les services dans une période pas si loin que çà. A moins d’avoir la mémoire courte, tous nous savons que les Accords d’Alger sont le point de départ de cet abandon de zone au profit de bandes et bandits armés, mercenaires et narcotrafiquants. ATT n’avaient peur que de ces gens là !

Résultat des courses, le texte est à revoir et à faire valider par le Parlement, sous la supervision des pays partenaires concernés et intéressés par l’acquisition de nouvelles terres vierges et riches en ressources de la sédimentation des vallées fossiles .  

Conclusion, «qui sème le vent, récolte la tempête» du désert. A quand donc une vraie fédération en lieu et place d’une fictive indépendance des régions du nord Mali ?

 

LEYE K. MOUSTAPHA, bobka_rastaf@yahoo.fr, +221.70.7970358, BP 16045, Dakar Fann

Post-scriptum: Le ministre malien des Affaires Etrangères a fait part des « réticences » de Bamako à la constitution d'une force de maintien de la paix pour le Mali qui serait placée sous l'autorité des Nations Unies, autrement dit le déploiement de casques bleus qui sont clairement une force d’interposition dans les zones de conflits. Tiéman Coulibaly s’est opposé à l’envoi de cette force d’interposition suggéré par Joe Biden au cours de son séjour à Paris. Le ministre malien se demande « entre qui et qui ? » ses forces devraient s’interposer. Une question étonnante au regard de la tragédie que vit l'Azawad depuis 1960 ; une tragédie qui touche son paroxysme avant chaque rébellion et après chaque négociation. Une réalité d'autant plus difficile à nier que les rapports d'Amnesty international et de Human Rights watch ont déjà donné un aperçu des exactions suite au retour de l'armée malienne dans l'Azawad.