Ah les Sénégalais! Quand je vois dans la presse les journalistes fricoter  avec la titraille "Dakar, ville très sale", je ne sais pas si je dois en rire ou en pleurer tellement c'est une vérité évidente. Cela coule de source, l'indiscipline est réellement sénégalaise, ayons l'honnêteté intellectuelle de le dire. Nous n'avons qu'une seule qualité que tout le monde nous reconnait d'ailleurs, la Téranga, encore que nous pouvons nous donner l'outrecuidance d'en douter. Cette qualité jadis enviée est entrain de disparaitre, elle était de nos vaillants, vertueux et charismatiques ancêtres ou grands-parents. La Téranga ou hospitalité laisse place à la violence, au manque de patriotisme, à l'individualisme à outrance, à la désinvolture, au manque d'éducation et de civisme.

Le Sénégalais que je suis gagnerait à être plus civilisé, moins bavard, plus humble et plus empathique à l'égard de son prochain.

 Le Sénégalais que je suis doit arrêter d'être nombriliste, arriviste, je-m'en-foutiste, impatient, tricheur, prétentieux, insidieux, arrogant, il doit arrêter de se croire plus intelligent que son intelligence.

J'ai été outré quand j'ai vu un médecin qui a fait huit (8) ans d'études supérieures, de surcroit garant de la santé des personnes, cracher en plein hôpital, sans gêne ni scrupules. Eu égard de son statut éminent de médecin, je ne pense pas qu'il soit en mesure d'évaluer le dégât collatéral de  son crachat plein de bactéries après assèchement et véhiculant, le vent aidant, des pathologies, les unes plus graves que les autres.

L'autre exemple qui me semble tout de même beaucoup plus illustratif de l'indiscipline notoire doublée d'un manque de savoir-vivre et d'éducation de mes chers compatriotes Sénégalais est le délaissement des passerelles sur l'autoroute: il est bon de rappeler que pour la construction de ces mêmes passerelles, nous avions incendié des véhicules vifs parce que disait-on il y avait beaucoup d'accidents mortels. Aujourd'hui, pour traverser, on passe sous les passerelles avec une insolence pressante. Le Sénégal est à l'image des villes, majoritairement occupées par mes compatriotes, c'est à dire, délabrée. L'homo-senegalensis doit se faire son procès dans sa conscience qui demeure le meilleur tribunal, un procès péremptoire, sans ambages et exhaustif. Le Sénégalais que je suis, où qu'il se trouve, musulman chrétien ou protestant , banlieusard citadin ou immigré ,villageois, doit arrêter de se mentir. Il doit se regarder dans la glace.

Parallèlement, le Sénégal fait partie des pays pauvres très endettés donc, les chats à fouetter sont alors innombrables.  N'allons  pas chercher cette crise qui nous gangrène dans l'économie ou la politique, elle n'est pas là. La crise qui assiège ce pays est purement et simplement éthique sans plus, l'éthique à mon avis est le paramètre déclencheur de tout développement, c'est un mot de sept lettres mais oh combien vaste et dimensionnel, dans ce mot il y a tout, l'économie, la politique etc ...  Je vous renvoie à l'un des derniers cours magistraux du juriste émérite keba Mbaye, destiné à l'éthique. L'éthique est le phénomène et la bienséance qui manquent au Sénégal et aux Sénégalais . Je suis toujours d'avis que si tous les milliards du monde pleuvaient sur notre pays, nous serons incapables de nous développer car il y a une indifférence notoire relative à l' éthique alors que c'est la condition sine qua none de tout bond en avant et le gage essentiel de tout développement.  Qu'on le veuille ou non, les Sénégalais sont dans un fourvoiement réel, tout est à nu ou presque, des valeurs sont carrément désacralisées ou perdues. L'heure est donc effectivement grave, on doit par conséquent joindre la parole à l'acte et ainsi agir de manière véridique.  

L'heure n'est plus aux discussions volubiles, fausses, futiles, alarmistes, vides, stériles, elle n'est plus aux débats de bas étages, aux calomnies, aux mauvaises appréhensions, aux idées préconçues, aux médisances, aux commérages ni aux coups bas. L'heure est à la refonte des cœurs, à la résurrection des vertus intrinsèques et à l'union des esprits, sans tricherie aucune, laxisme ou idées arrêtées. L'heure est au travail, mais dans le silence, la vertu, la patience, l'endurance et la tolérance.

 La force d'une chaine est égale à la force du maillon le plus faible pour paraphraser l'autre.

Impossible n' est pas Sénégalais ....

 

                                                                                                                Cheikh Oumar Ndiaye, Sénégalais