Le Premier ministre a proclamé que ce « gouvernement est celui d’efficience et d’efficacité ». Ce qui est une annonce pour l’instant et l’expression d’une excellente volonté peut être et d’un vœu très louable que l’on peut saluer.Mais cela ne suffit pas, il reste à la traduire dans le concret. Car, l’efficience et l’efficacité, exigent aujourd’huiet nécessairement, une rupture nette et sans équivoque, avec les pratiques et méthodes de gestion des affaires publiques, à la wadienne. Et ce qui sème justement le doute dans l’esprit de certains citoyens, qui ne sont pas pourtant hostiles au gouvernement actuel, c’est le grand retard pour ne pas dire l’absence, accusé dans la rupture des amarres avec le système Wade, dont certains aspects réapparaissent souvent, dans bon nombre de mesures ou d’actes que prend le Président Macky Sall.

Dans ce réaménagement du gouvernement, il ya eu au niveau du choix des hommes,du bon et du moins bon.  En effet, si l’on peut noter avec espoir des entrants  significatifs et bienvenus telqu’au ministère de l’intérieur pour ne prendre que cet exemple, il y en a eu par contre d’autres, peu pertinents et sans raison évidente, comme le cas du ministère délégué, chargé des Sénégalais de l’Extérieur et de La Diaspora. Ce département inutile qui, dans un souci d’économie budgétaire et  de réduction du train de vie de l’Etat, pouvait bien être, une direction simplement au sein du ministère des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur.Ensuite, s’agissant de Mbaye Ndiaye l’ex ministre de l’intérieur, son limogeagedu ministère de l’intérieur, apparemment, ne constitue aucunement une sanction exemplaire,au regard de la gravité de la faute commise, qui pouvait mine de rien, à cause de son irresponsabilité  déboucher sur une crise grave ou un embrasement du pays.Malgré qu’il ait reconnu parfaitement cette faute gravissime etagi avec légèreté, surtout dans un domaine aussi sensible et névralgique, que la sécurité publique, le voici bombardé ministre d’Etat auprès du président de la République. C’est inadmissible et incompréhensible ! Alors qu’en matière de sanction d’une faute, la logique et le bon sens, voudrait que l’autorité aille jusqu'au bout sans demi-mesure, en frappant sévèrement, en dehors de tout sentiment, à la hauteur de la faute.  En vérité, Mbaye Ndiaye reconnait tacitement, qu’il a joué avec la sécurité des Sénégalais dont il avait la charge. Notamment, des biens et des personnes de la République du Sénégal, sans n’avoir subi aucune peine, même la plus légère.  Alors qu’il devait être accusé de complicité ou tout au moins, de connivence avec les thiantacounes, pour leur avoir effectivement facilité ou permis de détruire aisément, les biens privés et publics du Sénégal.
C’est en cela justement, qu’Il y a une troublanteressemblance avec le wadisme, c’est-à-dire, des nominations récompense,  à la place de sanctions, rien que pour ne pas fâcher des amis, des alliés politiques ou des marabouts en service commandé.Est-ce que, ce ne sont pas les mêmes faits que nous reprochions au régime sortant ? L’engagement, n’avait-il pas été pris par le président Macky, de rompre définitivement avec une certaine pratique, qui était en cours chez nous, sous Me Wade ? Ne nous a-t-il pas promit, lui Macky, que rien ne sera plus dorénavant comme avant ? Ou que, le règne de l’impunité était terminé au Sénégal à partir de son installation? Et que dans cette République du Sénégal, tout le monde est citoyen à part entière et,ce n’est ni plus ni moins ?
« La patrie avant le parti », est une belle expression très juste mais, il doit se traduire concrètement sur le terrain etdans les faits, et non d’être un simple slogan creux,sous forme de passe partout, que l’on évoque à tout bout de champ ou jette à l’endroit des citoyens contestataires pour se tirer d’affaire. Par ailleurs, Il doit être également net et clair une fois pour toute, dans l’esprit de tous les Sénégalais, pour éviter tout amalgame ou confusion, que les marabouts, quels qu’ils soient, sont bien des citoyens comme tous les autres Sénégalais. Le citoyen, il est un et indivisible. A cet effet, les marabouts sont justiciables et sont soumis au même titre que tout le monde, aux lois de la République. Et, toute dérogation à ce principe républicain immuable, est une violation de la loi, qui rompt dès lors,l’égalité des citoyens devant la loi. Pourtant, la loi ne fait que confirmer ici, ce que Dieu a dit : « Tous les êtres humains –à l’exception du Prophète Mohamed (PSL)- sont nés égaux et, ils retourneront aussi à lui, égaux »
Il est certes très agréable, à entendre l'annonce de bonnes actions et d'actions louables tendant à satisfaire les préoccupations et inquiétudes des populations. Mais, si ces intentions ne se concrétisent pas et demeurent donc toujours, au stade de  vœux pieux tout court, les Sénégalais en ont déjà assez vu dans le passé, à telle enseigne que pareilles pratiques et méthodes ne peuvent plus prospérer auprès d’eux,depuisle 25 mars 2012. Par conséquent, il faut quele président Macky Sall et son gouvernement se le tiennent pour dit. Ils ont tout intérêtmaintenant, à dépasser ce stade de déclarations mirobolantes qui ne font que rassurer seulement,pourpasser aux actes concrets le plus rapidement possible.Les Sénégalais en ont assez de promesses qui ne se tiennent pas, parce que,  Wade les a suffisamment instruits dans ce domaine.A telle enseigne que, ce procédé-là,ne pourra plus faireactuellementrecette chez eux, comme il le fut sous Me Wade. Les Sénégalais attendent depuis 7 mois la mise en œuvre concrète des Audits de la gestion de Me Wade dans les meilleurs délais, pour connaître enfin,avec précision, l’état réel des lieuxde la Nation et la profondeur des dégâts provoqués par Wade. Ensuite, il urge de  faire fonctionner la Cour de Répression de l’Enrichissement Illicite (CREI), afin de ramener au plus vite, les biens mal acquis ou volés par certains citoyens,  à la faveur des fonctions et responsabilités qu’ils assumaient, au sommet de l’Etat. Ceci est d’autant nécessaire que, les incriminés ou les gens sur qui pèsent de lourdes présomptions, du régime sortant, crient partout que, Macky Sall n’osera pas aller jusqu’au bout des investigations audits comme de l’enrichissement illicite. Pour quelles raisons le disent-ils ? C’est l’occasion ou jamais ! Sinon, l’avenir qui nous le dira un jour.
Cela va sans dire, qu’il est impérieux que le Gouvernement, une fois pour toute,  note et sache bien, que la Déclaration de  politique Générale, son contenu s’entend, est un tableau  de bord d’un certain nombre d’engagements de sa part, devant la Nation, qui s’impose à lui. Il doit être conscient qu’il est à exécuter dans le temps et suivant un timing, que lui-même volontairement, s’est fixé en connaissance de cause. Les Sénégalais, ou du moins sa frange la plus consciente et responsable qui veille sur les exigences citoyennes, ont pris date et repère, à partir de la Déclaration de Politique Générale du PM. Comme pour votre part, vous devrez en faire un bréviaire ou  livre de chevet, car, les citoyens sénégalais aussi de leur côté, suivent avec une attention soutenue, son exécution et son contrôle, au fur et à mesure. Voilà pourquoi, les autorités en place doivent prendre leur mal en patience, en s’affranchissant de l’allergie de la critique et du rappel des promesses et engagements contenus dans la DPG etle programme de YoonuYookute. Qu’ils le veuillent ou non, la critique et le rappeldes promesses et engagements,fuseront toujours des populations insatisfaites ou plutôt frustrés d’avoir été abusés par des gouvernants peu prévoyants, qui ne tiennent pas leurs promesses et engagements ; tant que cet état de fait indécent, n’aura pas été banni dans la gestion des affaires publiques. Et ceci, c’est le minimum de droit, d’un citoyen dans une République normative et un Etat de droit dans les faits. Les Sénégalais, ayant été toujours abusés par leurs gouvernants, deviennent de plus en plus vigilants, pour ne plus croire aux belles déclarations politiciennes, dont ils les abreuvent pendant les campagnes électorales. Et effectivement, à quelque chose malheur est bon, et Me Wade a été la leçon à retenir les Sénégalais. Ainsi, Comme Ilsavaientprocédé avec Wade, à savoir : quand la manière de conduire les affaires publiques n’est plus conforme à l’orthodoxie, il faut la critiquer objectivement et ouvertement. Il faut également,dénoncer toutes les dérives et combattre la mal-gouvernance,dont les gouvernants sont auteurs, en se dressant énergiquement contre la poursuite de telles pratiques.
Dès lors, il appartient au président de la République, dans le cadre de ses prérogativesde prendre toutes ses responsabilités, pour se choisir et se doter d’une équipe compétente et homogène de ministres de la République et j’insiste bien sur la République et  non, une sélection  hétéroclite de ministres provenant ou appartenant à telle région, ethnie, religion, confrérie, langue ou que sais-je ? Les Sénégalais l’ont élu pour qu’il réponde à leurs attentes sur la base de ses promesses et engagements. La maladie la plus dangereuse à éviter chez les hommes politiques et notamment les gouvernants, est bien l’allergie à la critique et aux observations, même si celles-ci sont objectives. Malheureusement, elle les rattrape très souvent au cours de l’exercice du pouvoir. Parce qu’ils préfèrent souvent, pour ne pas dire toujours,prêter une oreille attentiveaux flagorneurs, aux  laudateurs et aux prédictions de marabouts vendeurs de sommeil, plutôt que, d’écouter les plaintes des populations avec leurs préoccupations. Et pourtant, des leçons historiques foisonnent et montrent parfaitement aux hommes politiques, que c’est seulle peuple qui détient le pouvoir par son suffrage.Mais, une fois élus, ils deviennent amnésiques et oublient tout cela jusqu’aux prochaines élections. Ce qui dénote que, certains d’entre eux  ne retiennent jamais cette leçon universelle de l’histoire politique, parce qu’ils sont happés par les délices du pouvoir, dès leur installation. C’est le syndrome ou virus qui a perdu Abdoulaye Wade.
Au passage, on remarque pour le moment et de façonnotoire,l’absence des partis politiques commedes mouvements  citoyens et de la société civile,sur le terrain de la défense des intérêts des populations. Ils sont devenus aphones et inactifs dans une large mesure. Est-ce une conspiration concertée ou fortuite ? Nul ne sait ! Quoi qu’il en soit, ce n'est pas  une attitude ni un comportement respectable pour des formations politiques et mouvements citoyens, dont le rôle est supposé être, celui d’éveilleur des consciences citoyennes. Surtout dans un pays comme le nôtre où son peuple est à la recherche d’une voieou solution politique durable,qui lui permette sans exclusive,de vivre ensembledans une commune volonté de la paix, la convivialité et la tranquillité.

                                                                                                                   Gaye Mandiaye
                                                                                                       Gaye_mandiaye@hotmail.com