DAKAR EN GUERRE :

Le Sénégal ouvre trois (3) fronts !

INTRODUCTION:

Un impératif militaire de reconquête du Nord malien, suivi par une stratégie rigoureuse d’intégration économique et complété par un défi politique historique :

Tels sont les trois (3) enjeux hautement stratégiques, qui justifient l’entrée en guerre du Sénégal, paisible mais déterminé dans la réalisation de l’unité africaine.

Après l’embargo, la CEDEAO devrait-elle intervenir sous le commandement malien ? Le faisant, elle permettra au Capitaine SANOGO de s’attribuer la probable victoire militaire pour rebondir politiquement en libérateur : Une prime au putsch !

UEMOA et CEDEAO

STRATÉGIE D’INTÉGRATION ÉCONOMIQUE SOUS RÉGIONALE :

Le Sénégal a pu être la porte d’entrée de l’Afrique de l’ouest, dans ses relations avec l’occident : Ici, il ne s’agit pas de ça !

D’abord, les trois économies les plus dynamiques de l’UEMOA (Cote d’Ivoire, Sénégal et Burkina Faso) utilisent abondamment le territoire malien dans leurs échanges par transport terrestre, moyen le plus répandu.

Ensuite, Dakar, Abidjan, et Conakry, tous les grands ports ouest africains ont besoins de capter le commerce malien pour augmenter leur trafic et renforcer leur position.

Les facilités portuaires accordées au Mali (à travers l’affectation de terminal ou d’entrepôt), et la multiplication des ports secs, ont atteint leurs limites objectives.

Conakry a l’avantage de la distance par rapport à Bamako. Le port sec à Kerkessédougou, est un atout pour Abidjan. Dakar devra dépasser les Entrepôts du Sénégal au Mali (ENSEMA) pour remporter durablement la rude compétition.

Un Port-Malien en eaux profondes sur la façade atlantique du Sénégal, peut-être dans les environs Joal-Fadiouth, sera décisif pour domicilier l’important trafic maritime du pays sans littoral.

Surement pas à Foundiougne dans le Fatick et encore moins à Kaolack : Il faut arrêter de mentir ! Le bras de mer sinueux et la profondeur dérisoire leur excluent toute vocation sous régionale. Quid des porte-conteneurs au tirant d’eau de plus en plus grand ?

Concession maritime commerciale et abandon de souveraineté ? Échange de territoire et corridor de transport multimodal ? Intégration, plus vraisemblablement, confédérale des États sénégalais et malien ?

C’est aux politiques, qu’il revient d’ajuster leur démarche à la donne communautaire, surtout lorsque cette dernière ouvre des perspectives, d’intégration économique, d’investissement productif dans le secteur des infrastructures, de création d’emploi pour les jeunes, de production de richesse nationale, de croissance saine accélérée et enfin de développement durable.

Malgré l’autoroute à péage Dakar-Diamniadio-Diass, la circulation routière dans la presqu’île du Cap-Vert connaitra une saturation à l’horizon 2035 : Il faut d’ores et déjà envisager la délocalisation du gros trafic import-export malien, précisément sur la petite côte !

CONCLUSION :

La victoire sur le terrorisme islamiste de l’Aqmi, soutenu par les coalitions djihadistes, n’est qu’un objectif militaire. Au-delà de la solidarité et du respect des accords de non-agression et d’assistance en matière de défense (ANAD), le Sénégal doit se projeter vers l’avenir.

Le Mali est la véritable porte d’entrée du Sénégal dans ses échanges avec les pays de l’UEMOA : Un espace vital qui unie le Sénégal à la Cote d’Ivoire, au Burkina Faso et au lointain Niger.

Dès lors la reconquête du nord, la stabilisation du Mali par l’équilibre territorial et le partenariat gagnant-gagnant s’imposent au Sénégal. Les enjeux valent le sacrifice du sang versé.

VIVE LES JAMBAR !

SenPOLITIK

Momar Idrissa NDIAYE, Chroniqueur