Mission Spéciale « KANILAI »

Capturer et Juger Yahaya JAMMEH !

Tôt le matin, le téléphone sonne. Succès total, Monsieur le Président ! L’interlocuteur reprend son souffle et ajoute, le colis est en route. La mission des forces spéciales en territoire gambien s’est déroulée dans le plus grand secret. Nous n’en saurons pas davantage sur la préparation et la conduite des opérations.

Alhaji Scheik Professeur Docteur Yahaya Abdul Aziz Jamus Junkung JAMMEH, le dictateur gambien, a été capturé dans son village natal, où il aimait se retirer. Aussitôt acheminé à la base aéronavale de YAKOTAY, il est présentement détenu dans un endroit tenu secret. Son état de santé est jugé satisfaisant.

Une semaine au paravent, la justice avait fini de ficeler le dossier d’accusation réunissant les preuves de son implication dans le conflit casamançais : Notes diplomatiques, Écoutes téléphoniques, Photos-satellites et une pile de Rapports très documentés. La collaboration du renseignement américain, britannique et français a été déterminante.

Le Président Sallay-Koro-Mareey promet-il de rééditer le coup sans précédent de l’audacieux George Herbert Walker BUSH, qui était allé cueillir le Général Manuel Antonio NORIEGA jusque devant la sacrosainte Nonciature du Panama ? Obligé de se rendre, ce dernier sera par la suite jugé, condamné et incarcéré dans une prison américaine pour trafic de drogue et corruption.

Capturer et juger Yahaya JAMMEH ? Fiction ! L’ancien Président Me Abdoulaye WADE a certainement manqué de clairvoyance et de courage politique dans le traitement de la cargaison d’armes iraniennes à destination de la Gambie. C’est à ce moment-là que la tête brulée Alhaji Scheik Professeur Docteur Yahaya Abdul Aziz Jamus Junkung JAMMEH méritait une bonne leçon : Il est vital pour le Sénégal de ne jamais laisser la Gambie devenir une patate chaude dans le derrière.

Si le Président JAMMEH œuvre pour nous couper de la Casamance ? Alors il doit en répondre devant les juridictions sénégalaises tout à fait compétentes en la matière, et dans le cadre d’un procès équitable. « Yes We Can » ! Méprises, négligences-coupables et compromis-douteux des régimes de Senghor, Diouf et Wade ont toujours caractérisé le dossier gambien. Le Sénégal a involontairement contribué à façonner l’ogre JAMMEH aux dents machiavéliques.

Au-delà de la colère mal contenue, la tempête présidentielle dans le confort du salon d’honneur traduit l’impuissance des autorités sénégalaises face au défi stratégique gambien. Les exécutions de condamnés viennent loin derrière l’unité nationale et l’indivisibilité territoriale sapées par Yahaya JAMMEH. Tout au moins, inculper, lancer un mandat d’arrêt international et juger (au besoin par contumace) le Président gambien : Un début de réaction courageuse !

Capturer et juger Yahaya JAMMEH ? Utopie réaliste ! Il nous tue, il nous déshonore, plus en Casamance qu’en Gambie.« Debout frères voici l'Afrique rassemblée Fibres de mon cœur vert épaule contre épaule Mes plus que frères. O Sénégalais, debout ! » Non à la guerre, à l’assassinat et au complot, mais nécessairement « Unissons la steppe » du Nord(*) lat-diorien « et la forêt » du Sud(**) aline-sitoéen : Méditons notre Hymne national pour prononcer le salut final de la prosternation devant « Yalla » Jammeh. JAMBAR TAXAW JOTNA ! WALA BOOK ?

SenPOLITIK

M. Momar Idrissa NDIAYE, Professeur LETFP/Thiès

Notes :Nord(*) et Sud(**) sont définis par rapport à l’obstacle géopolitique gambien. Le paradoxe de la discontinuité territoriale, hérité de la colonisation, constitue potentiellement et réellement la plus grande menace de déstabilisation pour le Sénégal. Un (1) seul État, mais littéralement deux (2) entités « séparées » :

·       AuNord(*) de la Gambie ;

·       AuSud(**) de la Gambie.

Un défi primordial (géopolitique, économique et stratégique) que le Sénégal doit impérativement relever.