Il serait porteur que dans une civilisation économique qui s’effondre pris par la gorge par un libéralisme économique qui a annoncé depuis quelques années ses limites d’organiser non pas une « indignation » mais des mouvements des désobéissances économiques. Elles ne porteront peut être pas en Occident et dans le tiers monde, le même objet. Si la réflexion prend de l’ampleur, des formes et s’affine en Europe, en Afrique elle tarde à venir. Mais tout vient à point pour qui sait attendre.

Une première piste consisterait à prendre l’exemple du Niger où les commerçants tenant des chapelets de trois mètres ventripotents et gonflés de leur boubou en bazin organisent comme dans les années 1860 à Londres, des pénuries et font monter le prix des denrées alimentaires. Point de débat religieux qui ne tienne au vu de ses pratiques iniques alors que ces mêmes hommes professent un islam parfois radical auprès de leurs ouailles.

Il s’agirait plutôt d’organiser des formes de résistances économiques. Les actions de pillage sont à mon sens des formes d’action collective qui feront réfléchir ces Abu kacem (héros d’un conte de mon enfance, avare et de mauvaise foi : voir les babouches d’Abu kacem) parfois tissant des affinités incestueuses avec des hommes de pouvoir, s’ils ne siègent pas à l’assemblée. Piller les hommes qui se disent gros commerçants et qui spéculent sur la nourriture  se précipitant à la Mecque chaque année pour effacer leurs péchés ne serait pas une mauvaise chose si ce n’était pas conduire nos pays à subir par une telle tactique, une anarchie durable

Par contre il reviendrait de sauver nos économies nationales, les petits métiers, le travail des artisans en refusant les millions de tonnes de gadgets inutiles que les chinois déversent sur le continent africain au nom d’un sacro saint libéralisme économique. La Chine pille nos ressources en raclant nos mers que leur vendent nos gouvernants :  30 ans d’accord de pêche a été signé entre la Mauritanie et la Chine avec des conditions inouïes demandées par les chinois et plusieurs espèces de poissons dans l’atlantique sont en voie de disparition pour nourrir 1 milliard de chinois. J’ai eu confirmation en Casamance qu’ils attendent au large pour payer au plus fort des ailes de requins aux pêcheurs ghanéens complices du pillage de nos ressources. Que gagnons nous aujourd’hui avec le commerce chinois ?  Posons nous la question et regardons l’exemple camerounais, nigérien, congolais et mauritanien. Ils ont concédé respectivement des terres, le pétrole et de l’uranium, de l’or et des ressources marines. Qu’ont ils obtenus en échange ? La construction de quelques chantiers à Douala avec des ouvriers chinois à la tâche, un pont à Niamey long de 2 km à peine toujours avec des chinois comme manoeuvres, des chantiers encore au Congo et quelques promesses fumeuses en Mauritanie et puis les chinois disent bien entendu qu’ils respectent la souveraineté de nos Etats!

Nous sommes en train comme il y a 100 ans avec les français et les anglais de vendre nos terres aux plus offrants, d’ouvrir à nouveau l’Afrique aux pilleurs et ceci avec des accords politiques et économiques. Nos actuels présidents ont remplacé nos roitelets de l’époque, qui au moins pour la plupart pliaient sous le coup des armes. Aujourd’hui on s’assoit à table et on vend ouvertement aux chinois une bonne partie de l’Afrique sans bien entendu demander aux citoyens leurs humbles avis. Gageons que dans quelques années comme en Ouganda ou au Zimbabwe, des hommes enragés par leurs pays éventrés par des étrangers à qui on a concédé leurs ressources organiseront des émeutes effrayantes et feront couler du sang, tandis que ceux qui auront une nouvelle fois vendue l’âme de l’Afrique au diable auront depuis longtemps empoché et fumé leurs gains.


Voir:

http://fr.ufpweb.org/spip.php?article3134

http://www.xibar.net/TRAVAUX-DU-2EME-PONT-A-NIAMEY-Des-detenus-chinois-sur-les-chantiers-chinois-au-Niger-_a22592.html#last_comment