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Console ou conseil constitutionnel(le) ?
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Amadou Toumbou
" qui n' a pas été accusateur opiniatre pendant la prospérité doit se taire devant l'écroulement. le dénonciateur du succès est le seul légitime justicier de la chute." Victor Hugo - Extrait de Les Misérables  
Par Amadou Toumbou
Publié sur 01/23/2012
 
Derrière l’apparente provocation, qu’on peut percevoir, dans cette interrogation, il en va de la considération,
de la légitimité...

Console ou conseil constitutionnel(le) ?

         Derrière l’apparente provocation, qu’on peut percevoir, dans cette interrogation, il en va de la considération, de la légitimité voire de la crédibilité de la plus haute juridiction de notre pays. Le conseil constitutionnel garant de la solidité de toutes nos institutions républicaines, est à la croisée des chemins avec l’arbitrage qu’il devra faire s’agissant de la validité des candidatures à la présidentielle de février 2012. Sur ce point, une candidature demeure fortement controversée : celle d’Abdoulaye Wade. Ce dernier, après plusieurs agressions contre la loi fondamentale, ne s’est arrêté que devant le soulèvement populaire du 23 juin exigeant le respect de la constitution, ce qui aurait dû être le rôle des cinq sages. Cette inertie pathologique du conseil constitutionnel face aux actes anticonstitutionnels de l’exécutif, a fait naître un sentiment d’incompréhension tendant à voir dans cette institution une console entre les mains du chef d’état.

            A ce titre, les récentes mesures du président concernant les magistrats : augmentation de leur traitement salarial, mise à disposition de limousines…sont de nature à renforcer le doute sur la neutralité des juges constitutionnels. Ces avantages matériels, que l’on aurait pu comprendre ou pas en d’autres circonstances, paraissent indécents par rapport au contexte du moment. Il en émane une forte et nauséabonde odeur de corruption, tout on moins, ils concourent à une suspicion de la population concernant l’autonomie des acteurs de cette institution.

            Si le silence et l’incompétence à se prononcer ont souvent servi au conseil  constitutionnel de refuge, cette fois, aucune dérobade n’est possible. Il lui faudra dire le droit en répondant à la question qui préoccupe et angoisse les sénégalais : la candidature d’Abdoulaye Wade, après avoir lui-même dit : « j’ai verrouillé la constitution (…) je ne peux pas me représenter en 2012 » cette candidature, disions nous, est elle recevable ? cette question, les juges constitutionnels devront l’examiner en sachant qu’elle est portée par ceux qui ont fait avorter le projet de modification anticonstitutionnel instaurant le quart bloquant, cette question est l’obsession de ceux qui ont entendu le président de la république faire acte de parjure en se dédisant devenu légendaire « wax waxet », cette question est la préoccupation des sénégalais qui ont entendu les constitutionnalistes, les plus respectés du pays, affirmer clairement le caractère irrecevable de cette candidature. Mais plus que toutes ces voix, les cinq « sages » se doivent d’être à l’écoute de la leur, celle de la conscience, celle de la raison. Devant eux, la plume de l’histoire s’apprête à écrire de son encre indélébile sur les pages éternelles qui borneront les repères du futur de notre pays.

            Ils ont l’insigne honneur de pouvoir figurer dans notre panthéon des grands acteurs de la démocratie et du droit. Mieux que cela, la décision du conseil constitutionnel déterminera définitivement, pour la plupart des sénégalais, sa subordination ou son émancipation à la volonté de l’exécutif. Clef de voûte de notre nation, le conseil constitutionnel dira s’il est animé par des hommes insensibles à la corruption, de quelle que nature qu’elle soit, car uniquement mû par la conformité des actes à la constitution. Si de toutes les candidatures, seule celle d’Abdoulaye Wade cristallise les passions, c’est qu’elle constitue un inédit dans le jeu politique du Sénégal. Dès lors il appartient aux juges de la loi fondamentale de nous conforter sur le fait que : plus jamais notre pays ne connaîtra un précédent de cette nature, plus jamais un homme politique ne mettra notre nation si près du précipice en ne tenant compte que de ces seuls ambitions personnelles…et cela parce que le juge constitutionnel sénégalais aura eu le courage, de fixer les limites constitutionnelles infranchissables. Pour terminer, il faut relever que rares sont les hommes qui ont eu la possibilité d’écrire l’histoire par leurs actes. Nos actuels cinq sages en sont, bon gré malgré, à eux d’apprécier le Moment et de convaincre les sénégalais de la justesse de leur décision sur la candidature d’Abdoulaye Wade.

                                                               Amadou Toumbou   sunuman2012@gmail.com