Le Premier ministre, Me Souleymane Ndéné Ndiaye, a demandé aux ministères concernés de prendre des mesures idoines pour régler le retard de paiements des salaires et des primes des enseignants. C’est la solution posée par les syndicalistes pour une année scolaire avec zéro perturbation en 2011-2012. C’était lors du Conseil interministériel tenu hier, sur la rentrée scolaire au cours duquel le ministre Kalidou Diallo a révélé que le taux d’achèvement est passé de 59,6 % en 2010 à 66,5 % en 2011.

Le Premier ministre, Souleymane Ndéné Ndiaye, ne veut pas que les retards de paiement des salaires et des primes soient la source de perturbation dans le système éducatif pour l’année scolaire qui s’annonce. Le chef du gouvernement a instruit le ministre chargé de l’Elémentaire, du Moyen secondaire et des Langues nationales, Kalidou Diallo, à régler, de « façon définitive », cette question. « Le président de la République nous a toujours dit que nous devons éviter que les retards de paiement des salaires soient la source des perturbations. La balle est dans le camp des ministères de l’Education et du Budget. Il faut prendre des mesures pour que cette question de retard de paiement de salaire soit réglée », a insisté le Premier ministre.

Il a demandé au ministre d’instruire les agents préposés à faire le travail de s’y prendre à temps pour minimiser les délais. « Le gouvernement fera tout ce qui est en son pouvoir pour qu’il y ait une année scolaire avec zéro perturbation. Nous comptons sur la volonté de tous pour que le dialogue permanent soit instauré », ajoute le chef du gouvernement.

Les syndicats ont soutenu que le paiement des salaires à temps est « la seule condition » de prévention des perturbations. « La seule source de perturbations du système éducatif, c’est le retard de paiement des salaires et des primes. Nous sommes disposés à œuvrer pour une année scolaire sans perturbation. Je suis sûr que nous aurons une année sans perturbation s’il n’y a pas de retard dans les paiements de salaire », affirme Ndoye du Cusems. Mieux, il a suggéré l’harmonisation des procédures de paiement pour tous les enseignants.

Ses camarades, Gougna Niang et Souleymane Diallo, ont aussi remis sur la table la récurrence des retards de paiement des salaires. « La budgétisation des salaires des corps émergents ne suffit pas. Je pense qu’il faut payer en même temps les salaires », ajoute Gougna Niang. Il a tout de même reconnu « les efforts consentis par l’Etat ». De plus, Gougna Niang a invité l’Etat à jouer son rôle dans le comité de concertation et de suivi des accords.

Bond du taux d’achèvement:

Prenant la parole, le directeur de Cabinet du ministre du Budget, Cheikh Sidya Guèye, a évoqué les contraintes administratives et juridiques du processus de décaissement ou de mise à disposition des fonds. A l’ouverture du Conseil interministériel, le ministre Kalidou Diallo s’est félicité du respect des engagements pris par l’Etat. « Tous les accords financiers sont respectés. Le retard de paiement des indemnités de déplacement et de l’Ird est lié à la signature du décret. Ce non paiement ne doit pas être un motif pour que les enseignants ne regagnent pas les classes », soutient-il.

M. Diallo a fait un exposé sur les effets de la mise en œuvre des politiques, révélant que le Taux brut de scolarisation (Tbs) est de 93,9 en 2011. Soit un petit recul puisqu’il était évalué à 94,4 %. Cette baisse, dit-il, n’est pas une « contre-performance ». Par contre, fait-il remarquer, le taux d’achèvement (nombre d’élèves arrivés au Cm2 sans jamais redoubler) a connu un bond. Il est passé de 59,6 % en 2010 à 66,5 % en 2011. Cela est lié, explique-t-il, par « la baisse du taux de redoublement qui est passé de 6,4 en 2009 à 3,6 en 2010 ». Quant au quantum horaire, il n’est que de « 800 heures pour une norme de 900 ».Le gouvernement, rappelle Kalidou Diallo, a consenti des efforts pour améliorer la qualité et résorber le déficit en salles de classe. Il s’agit, entre autres, d’un recrutement massif et la construction d’infrastructures. « Dans la première phase du Fast Tract, nous avons construit 1.368 salles de classe sur les 1.900 prévues. Nous avons aujourd’hui dans le système 78.660 enseignants, alors qu’en 2000, nous étions à 22.000 », rapporte le ministre Kalidou Diallo.

3.000 actes de reclassement signés:

Cette option est sous-tendue par des efforts de reclassement des corps émergents. Le ministre d’Etat, ministre de la Fonction publique, Abdoulaye Makhtar Diop a fait savoir qu’il a signé 3.000 actes de reclassement. Le ministre d’Etat, ministre des Organisations féminines et de la Protection de la Petite enfance, Ndèye Khady Diop, a axé son intervention sur les efforts d’élargissement de la carte scolaire dans le Préscolaire, le renforcement du personnel, la mise en place des manuels pour les enseignants et de cahiers pour les élèves.

Pour l’Enseignement technique et la Formation professionnelle, peu de directives ont été exécutées. Ce faible taux d’exécution, explique le ministre Moussa Sakho, est dû à l’insuffisance du budget alloué à ce ministère. L’orientation des bacheliers de l’Enseignement technique est l’autre contrainte de ce département qui a entrepris la réhabilitation des lycées techniques. « Nous avons commencé la réhabilitation du lycée Limamou Laye. Les lycées André Peytavin, Maurice Delafosse et Cheikh Amadou Bamba seront réhabilités avec la Coopération luxembourgeoise », annonce le ministre de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, Moussa Sakho.

Le ministère des Transports terrestres a pris l’option d’ouvrir de nouvelles lignes et d’affecter plus de bus pour faciliter la mobilité des élèves et étudiants. Les lignes desserviront la petite banlieue, Parcelles assainies, Guédiawaye et la grande banlieue, à savoir Rufisque, Tivaouane-Peul, Gorom et Sébikotane.

« En 2010-2011, nous avions 36 bus. Nous comptons ouvrir de nouvelles lignes qui vont desservir Gorom, Sébikotane et les porter à 36 lignes. Nous allons affecter 8 bus pour le transport des étudiants de Saint-Louis », promet le ministre des Transports, Nafy Ngom. Le Conseil interministériel sur l’Enseignement supérieur est prévu pour la semaine prochaine.

Idrissa SANE.