Comme promis par le chef de l’Etat le 14 juillet dernier, la fourniture d’électricité est revenue à la normale. Senelec dispose désormais de suffisamment de puissance pour gérer correctement la demande. Les seules poches de délestages qui subsistent, selon le ministre en charge de l’Energie, Karim Wade, sont dues au réseau de distribution désuet.

En dépit de quelques petites perturbations qui subsistent encore, les engagements du président de la République pour la fin des délestages en septembre ont été respectés. C’est la ferme conviction du ministre en charge de l’Energie. ‘Senelec dispose d’une puissance capable de faire face à la demande. Les engagements qu’a pris le président de la République sont respectés. La situation s’est beaucoup améliorée. Nous avons encore quelques problèmes dans la zone de Dakar, notamment au poste de transformateur de Thiaroye, de l’aéroport et de celui de l’Université. Et, les quartiers les plus touchés sont Yeumbeul, Mermoz, Médina et Fass’, déclare Karim Wade. Qui soutient, en effet, que les principales difficultés qui empêchaient Senelec de faire face à la demande sont désormais résolues. En effet, selon lui, les délestages avaient plusieurs origines, liées notamment au manque de combustible et le déficit de production.

Mais, aujourd’hui, annonce le ministre, ces problèmes sont réglés. ‘Au moment où je vous parle, nous avons un stock de 35 à 40 jours dans le pays. Aussi, grâce à la location de 150 Mw, les problèmes de production sont réglés. Donc, nous n’avons plus de problèmes par rapport au manque de production ou à la production’, poursuit le ministre. Qui estime que les problèmes de délestages auxquels les populations font encore face sont dus à la vétusté du réseau de distribution. ’Nous avons un réseau de distribution qui est vieux, désuet et qui a besoin d’être remplacé. Le projet de boucle de Dakar que nous mettons en œuvre avec l’aide de la République de Chine nous permettra de remplacer ce réseau de distribution qui date de 1936 et qui avait été mis en place pour une population de 500 mille habitants’, fait-il remarquer.

Réduction de 50 % du prix de l’électricité:

Karim Wade explique ainsi que Senelec a du mal à faire passer l’énergie qu’elle produit sous les câbles vétustes. ‘Lorsque nous la passons sous les câbles pour aller vers les clients, les câbles pètent. Et nous sommes obligé de les remplacer avec des interventions extrêmement longues. C’est cela qui crée des difficultés mais nous sommes en train de mettre en place des solutions alternatives’, martèle-t-il. Ces solutions passeront par l’installation de 50 groupes électrogènes offerts par la Chine, au niveau de certains postes de distribution des quartiers pour supprimer les poches de délestages qui subsistent encore dans la région de Dakar. ‘Ces groupes mobiles vont également nous permettre de renforcer les capacités de production d’électricité sur le réseau non interconnecté et de moderniser les groupes électrogènes dans certaines régions notamment Kolda, Tambacounda et Kédougou. Ils vont également permettre de renforcer les interventions de Senelec lors des grands évènements religieux durant lesquels nous avons une demande beaucoup plus importante’, affirme Wade.

La bataille de la production gagnée, le ministre en charge de l’Energie pense que c’est maintenant que la grande guerre commence : la réduction du prix de l’électricité. ‘Après la résorption des délestages, notre vrai combat c’est de réduire le prix de l’électricité qui est trop cher. Mon objectif est de réduire le prix de l’électricité de 50 %. C’est ce que nous voulons faire à travers les programme Charbon que nous sommes en train de développer’, annonce le ministre.

FACILITE DE UBA À LA SAR : 157 milliards de francs Cfa pour 3 cargos de brut.

La United bank for Africa (Uba) et la Société africaine de raffinage (Sar) viennent de sceller un grand acte de partenariat. Lequel a permis à la Banque nigériane d’accorder à la raffinerie, qui est au cœur de la mise en œuvre du Plan Takkal, un financement sur l’augmentation de la ligne de crédit de ses importations à hauteur de 240 millions d’euros, soit 157,5 milliards de francs Cfa. Cette facilité permettra d’accommoder 3 cargos de 52,5 milliards de francs Cfa chacun et donnera également la possibilité à la Sar de lancer un appel d’offres unique pour les 3 cargos. Ce qui aura pour effet direct de réduire les coûts d’achat de pétrole brut, indique la banque dans un document remis à la presse hier lors de la signature de la convention.

Pour le directeur général de Uba Sénégal, la banque vient ainsi d’opérer l’un des financements les plus importantes qu’une banque africaine, hormis l’Afrique du Sud, ait pris sur ses fonds propres. Et de justifier la confiance accordée au plan de restructuration du secteur de l’énergie. ‘Nous pensons que la Sar a une situation qui est colossale. C’est une période où les institutions financières se montrent frileuses pour investir mais nous croyons en ce plan, en la viabilité économique et à la stabilité du Sénégal’, note Jean Luc Konan.

Ces 157,5 milliards de francs Cfa, venant s’ajouter aux 45 milliards d’Ecobank de la semaine dernière, Omar Kassou, le patron de la Sar pense que la raffinerie peut aujourd’hui sécuriser ces approvisionnements et fournir suffisamment de produits pétroliers à l’industrie nationale. ‘Les professionnels savent que l’approvisionnement, c’est quelque chose qui coûte de l’argent. Et lorsqu’on trouve un partenaire qui est prêt à s’engager avec nous sur ce plan, à cette hauteur, cela veut dire que l’approvisionnement est assuré et par delà, le marché des produits pétroliers issus du raffinage. Notre situation financière est structurée. Charge à nous de bien travailler pour rembourser les crédits et ne pas arrêter la machine’, dit-il.

Selon la banque, ce n’est pas un hasard si Uba participe de cette manière au financement de la Sar. L’énergie est l’un des domaines de prédilection de la Banque et historiquement au Nigéria, Uba est très impliquée dans toutes les grandes transactions liées à l’énergie.

Seyni DIOP.