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Le « Robert » non-illustré de la France-Afrique!
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Momar Mbaye
Momar Mbaye est né en 1977 à Thiès, ancien élève de l'école Germaine Le Goff et du Collège Malick Sy à Thiès. Il obtient son Bac en 1998 au Lycée Malick Sy, un Deug de Sciences Politiques et une licence d'anglais à l'université Gaston Berger de Saint-Louis. Momar est titulaire d'un Master 2 d'anglais à l'université de Haute Alsace à Mulhouse en 2006 et d'une licence de Sciences de l'Education et de la Communication en 2008. Il est correspondant aux Dernières Nouvelles d'Alsace à Mulhouse depuis mars 2009.  
Par Momar Mbaye
Publié sur 09/30/2011
 
Entre « Robert la balance » et la « blanchisserie Bourgi », il n’y a qu’une seule « France à fric ».Ce n’est pas une séance d’exorcisme, mais cela en a tout l’air.

Le « Robert » non-illustré de la France-Afrique!
Entre « Robert la balance » et la « blanchisserie Bourgi », il n’y a qu’une seule « France à fric »
Ce n’est pas une séance d’exorcisme, mais cela en a tout l’air. Même s’ils ont vite fait de déchanter, ceux qui comptaient sur les révélations Robert Bourgi, pour administrer des soins palliatifs à l’éternel affairisme franco-africain. « Robert la balance », après avoir provoqué un séisme de magnitude 7,6 sur l’échelle de la françafrique-élyséenne, a vite fait de trouver refuge dans la « blanchisserie Bourgi ».
Retenez son nom, « Robert la balance » ! Ou la « bougie » Robert. Qui avait commencé à illuminer l’esprit et les cœurs des défenseurs de l’Afrique, un continent longuement englouti dans les ténèbres « foccartiennes » et lourdement éprouvé par plusieurs décennies de pratiques nébuleuses que François Xavier Verschave désigne par « le plus long scandale de la République », comprenez la France-Afrique, ou « France à fric » si vous préférez, car on n’y parle que de fric, de mallettes et de diembés bourrés de billets de banque. De Foccart à Giscard en passant par Pasqua et Mitterrand, la françafrique meurt et renaît de ses cendres. Elle se modernise, et s’adapte à toute époque, à tout contexte politique. Mais dans le fond, la pratique demeure, et reste mue par un seul objectif : l’appropriation inappropriée par des étrangers des richesses de l'Afrique, victime d’une nébuleuse dont a hérité « Robert la balance », jadis (et encore) complice des chefs d’Etats respectifs qui se sont succédé, de Dakar à Libreville en passant par l’Hexagone. 
Sauf que, la « bougie » Robert, comme toutes les bougies, peut éclairer son entourage, tout en se cloîtrant dans l’ombre et les ténèbres. Comme toutes les bougies aussi, elle a fini, hélas, par se consumer toute seule.
Certains se sont d’abord demandé quel crédit accorder à l’ancien avocat de la françafrique, devenu en un temps record le plaidoyer des causes perdues, l’héritage « Foccartien » dont Jean-Marie Bockel voulait signer l’acte de décès. « Pas vu, pas pris, donc pas concerné », c’est Robert lui-même qui le dit, même si Bourgi pense le contraire : « je n’ai aucune preuve de ce que j’avance », ce qui n’équivaut en aucun cas à une négation totale de ses dires, dont les preuves figurent, en noir, dans le « Robert » non illustré de la françafrique.
Pas de cadavres dissimulés dans les tiroirs de la françafrique, certes, mais il y a bien eu « meurtre », un parfum de crime dont pue l’Elysée et les palais présidentiels africains. Et des criminels qui courent toujours, même s’il ne faut pas compter sur « Robert la balance » pour les arrêter, car se transformant, au gré du vent, en « blanchisserie Bourgi». A force de fréquenter les Wade, Robert Bourgi a fini par devenir un adepte du « wax waxeete », ou l’art de dire et de se dédire, sans vergogne. En tout état de cause, les aveux de Robert Bourgi, faudrait-il le dire, ont tout l’air d’une séance d’exorcisme raté. Reste à connaître les motivations de ses révélations, et la sincérité de son repentir, quoique personne ne se soit demandé, ce qu’il est advenu de ces centaines de millions ou de milliards dissimulés dans des mallettes ou djembés en partance pour l’Elysée, ceci des décennies durant.
« Il n'y avait jamais moins de 5 millions de francs. Cela pouvait aller jusqu'à 15 millions », martelait Robert Bourgi à propos de Jacques Chirac et Dominique de Villepin. Combien de structures sanitaires auraient pu être construites ou rénovées avec le centième de cette manne financière, combien de vies auraient pu être sauvées parmi les victimes de la malaria? Combien d’infrastructures scolaires, universitaires auraient pu voir le jour ? Combien d’emplois auraient pu être créés pour réduire le chômage et la pauvreté ambiante ? Une chose est sure : ce n’est pas demain la veille de la fin de la Françafrique. Car le continent qui s’avère être le plus assisté au monde, est plus que jamais à la merci de l’Occident, de l’Europe en général, de la France en particulier, telle un caniche soumis aux humeurs de sa maîtresse, qui le tient en laisse par le biais du franc CFA, lui prête des œillères et lui indique la direction.
Aujourd’hui, c’est l’Afrique tout entière et ses intellectuels qui devraient se porter partie civile et exiger des comptes à Robert Bourgi. Qui certes a brisé un tabou, mais demeure comptable à tous les échelons. Faudrait-il passer pour pertes et profits tout cet argent expatrié? Qu’attend l’Union Africaine pour mettre en place une commission chargée de faire toute la lumière sur les accusations de « Robert la balance » ? Jamais l’Afrique ne pardonnera à Robert Bourgi, malgré son repentir, d’avoir participé au crime économique qui aujourd’hui encore maintient le continent dans un sous-développement chronique. Jamais les criminels qui ont pillé l’économie africaine et subtilisé les richesses du continent ne reconnaîtront leurs crimes, jamais ils ne répondront de leurs actes qui frôlent l’indécence même.
Un paradoxe frappant chez les dirigeants européens, français en particulier, souvent donneurs de leçons : ils combattent la corruption dans leur propre pays (quoique…), tout en entretenant cette même pratique de l’autre côté de la Méditerranée. A ces derniers, l’Afrique a envie de dire ceci : « lorsqu’on n’est pas en mesure d’offrir une pièce de monnaie à une mendiante, mieux vaut lui laisser le peu d’argent qu’elle a en poche. Et cela, Robert Bourgi n’est pas censé l’ignorer. Même armé de votre « Robert » non illustré de la françafrique, un manuel qui en dit long sur le pire scandale africano-élyséen, vous saurez tout sur la grande nébuleuse, mais n’y comprendrez rien sur comment fonctionne le monde selon Bourgi.
Momar Mbaye
Thiesvision.com