Les 47 villages de la communauté rurale de Fanaye qui avaient octroyé 20.000 ha au projet sénégalo-italien de culture du tournesol vont récolter les fruits de leur audace. Ils vont  bénéficier d’une taxe rurale de 500 millions de FCfa, en plus des 2500 emplois directs que le projet va générer. D’importantes retombées pour toute la communauté rurale.

Le village de Dimath-Diéri,  dans la communauté rurale de Fanaye, a  abrité jeudi dernier, une cérémonie de présentation des engins lourds, venus d’Europe pour l’aménagement des ha de terres destinés à la culture du tournesol et du bioéthanol. En plus de donner son aval pour ce projet d’investissement de très grande envergure, le Chef de l’Etat, Me Abdoulaye Wade, s’est personnellement impliqué dans la conception du projet en suggérant, selon les mots de l’investisseur, « un modèle  intégrant économie d’échelle et efficacité d’investissement ». Les ministères de l’Agriculture et des collectivités locales ont aussi assuré l’encadrement efficient qui a permis de gagner du temps dans le démarrage du projet, affirme Cheikh Tidiane Diagne, un des experts du projet « Senhuile ». Recevant ses hôtes à l’occasion du lancement officiel du projet, le président du conseil rural de Fanaye, Karasse Kane a également dit toute sa  satisfaction devant les impressionnants engins agricoles qui vont révolutionner l’agriculture dans cette zone.  Le projet « Senhuile » cohabite avec un autre de dimension écologique notamment Senethanol  S.a dont le directeur général, M. Benjamin Dummaï, conduisait la délégation venue prendre langue avec la collectivité locale. Le public a ainsi été édifié sur l’octroi de toute cette vaste terre qui relève de la commission domaniale, laquelle, après 12 rencontres du conseil rural, a jugé utile de mettre en valeur ces hectares de terre comme on l’a souhaité depuis longtemps, souligne M. Kane.

Lutte contre la pauvreté et le chômage:

Après lui, M. Momath Bâ, un ancien des Industries chimiques du Sénégal, (Ics) est revenu, pour la presse, sur l’importance de ce projet. « C’est un investissement total de 100 milliards de francs Cfa, dont les cinq milliards sont destinés à payer les salaires des 2500 personnes  qui seront employés à temps plein, sans compter  une taxe rurale de 500 millions de francs », a-t-il indiqué. Les responsables du projet ont aussi prévu d’injecter 800 millions de francs Cfa à travers des projets socio-économiques comprenant 12 forages. A en croire Benjamin Dummaï de Senethanol, le projet va drainer de l’eau du marigot Ngallenka sur une distance de 20 kilomètres dans le Diéri aride. C’est dans cette partie que les aménagements se feront dans une zone qui n’était réservée qu’aux  cultures sous pluie et qui, du fait de la rareté de cette dernière, ne s’y font plus.

A travers la principale activité agricole qu’ils comptent mener dans la zone de Thillé-Boubacar, toute la situation de la communauté va s’améliorer par la mise en œuvre de grands chantiers qui vont  radicalement changer la vie des citoyens. La lutte contre la pauvreté et le chômage sera le fer de lance de ce partenariat en milieu rural. Le groupe  compte  faire des réalisations dans l’ensemble des secteurs vitaux de la communauté rurale, essentiellement ceux qui sont en relation directe avec la vie des citoyens  notamment des forages, des écoles, des dispensaires, des pistes de productions, etc.  Déjà, selon Ndongo Mar, le chef de chantier, trouvé sur place au milieu de ses ouvriers dans le Djéri, en six jours,  près de 14.500.000 de salaires ont été distribués aux employés. Il parle d’un boum financier qui a commencé à changer littéralement le vécu quotidien de toute une communauté.

Amadou Diagne NIANG.