Avec des investissements colossaux dans les domaines de l’automobile et de la métallurgie, entre autres, le ministre en charge de l’Industrie, Abdoulaye Baldé, pense que, loin de mourir de sa belle mort, comme certains le soutiennent, l’industrie sénégalaise est en train de se développer.

Même si elle est en proie à des difficultés liées aux problèmes énergétiques, notamment, l’industrie sénégalaise ne meurt pas. C’est la conviction du ministre en charge de ce secteur, Abdoulaye Baldé. En tournée hier dans l’usine de montage de véhicules du groupe Ccbm et de la Société métallurgique d’Afrique (Someta), le ministre estime que, contrairement à ce qu’on avance, l’industrie sénégalaise marche. ‘Elle est en train de se développer. Il y a beaucoup d’industries qui sont en train d’être créées à Saint-Louis, Tambacounda, Kaolack et Kédougou. Nous sommes en bonne voie’, déclare Abdoulaye Baldé. Qui, après avoir visité les installations de la nouvelle usine rufisquoise du groupe Ccbm et de la Société des métallurgies d’Afrique (Someta) à Sébikotane, pense qu’elles permettront de fournir la sous-région où le Sénégal deviendra très bientôt un leader industriel. En effet, à Rufisque où le groupe de Serigne Mboup vient d’implanter une unité de montage de véhicules et de téléviseurs, les résultats semblent prometteurs. Le Président directeur général de Ccbm, qui a injecté 11 milliards de francs Cfa dans cette unité de production, annonce que, d’ici deux ans, l’usine va produire 4 500 véhicules par an.

‘L’usine est dotée de deux lignes de montage pour un volume journalier de 15 véhicules. Mais, d’ici l’année prochaine, nous ambitionnons de produire 4 500 véhicules de marques chinoises par an’, soutient l’homme d’affaires qui estime que ce projet est la continuité de la concession. ‘Il faut d’abord développer le marché avant de penser à la production. L’usine tourne aujourd’hui avec 85 employés mais nous comptons atteindre 700 emplois dans un an puis mille dans deux ans’, tonne Serigne Mboup. Pour qui, une telle production contribuerait à baisser les prix des véhicules utilitaires. ‘Il n’y a plus de raisons d’acheter une voiture d’occasion parce que, aujourd’hui, notre objectif est de pouvoir proposer un véhicule à 3,5 millions de francs Cfa avec une garantie et une possibilité de crédit. Nous voulons amener les consommateurs à se détourner des véhicules importés puisqu’ils pourront acquérir des voitures neuves à des prix très compétitifs’, espère-t-il.

Même si tout le matériel de montage est, jusqu’ici, importé de la Chine, Mboup espère produire, d’ici cinq ans, des voitures typiquement sénégalaises dans lesquelles tous les produits seront faits sur place par des entreprises sénégalaises. ‘On a intérêt que des usines de montage se multiplient au Sénégal. Nous importons tous des pièces, donc à l’avenir on peut se concerter pour créer une usine capable de nous fournir toutes ces pièces que nous faisons venir de l’étranger’, fait-il remarquer.

A côté de cette unité, à Sébikotane, trône désormais une nouvelle usine de métallurgie. Des Chinois viennent en effet d’implanter dans la zone économique une usine avec un investissement de 7 milliards de francs Cfa pour la production de fer à bêton dont le Sénégal importe chaque année plus de 80 % de ses besoins, estimés à 300 mille tonnes. ‘L’importation du fer à bêton coûte très cher pour le pays. Nous, en moins de deux ans, on va produire 150 mille tonnes. C’est une usine à régime de zone franche. Ce qui fait que 20 % sera destiné au marché local et le reste à l’exportation.Mais nous voulons augmenter la production d’ici 4 ans pour atteindre un million de tonnes afin de couvrir tous les besoins au Sénégal’, affirme Pape Sarr, coordonnateur du projet qui demande aux autorités d’interdire l’exportation de la ferraille sans valeur ajoutée afin que l’usine puisse tourner correctement et employer 650 jeunes dans l’immédiat avant d’atteindre les 3 mille dans 4 ans.

Satisfait de ce nouvel élan de l’industrie locale, Abdoulaye Baldé annonce que, dans quelque mois, le Sénégal va démarrer l’un de ses plus grands projets industriels. Il s’agit en effet d’un investissement de plus de 300 milliards de francs Cfa pour la production de zircon et de titane dans la région de Louga, à Diogo.

Seyni DIOP.