REDUCTION DE LA PAUVRETE:Le Sénégal adopte le Tipa.
Le ministre de
l’Agriculture a annoncé le démarrage d’un programme de développement
agricole basé sur la techno-agriculture innovation for poverty
alleviation (Tipa). Grâce à un financement de 6 milliards de francs Cfa
de la coopération italienne, le Sénégal va exploiter 150 kits Tipa dans
le cadre d’un programme de développement horticole qui vise la réduction
de la pauvreté dans trois régions centrales du pays. Khadim Gueye a
présidé, hier mardi, un atelier de reflexion-bilan sur le Tipa, à
l’initiative de l’ambassade d’Israël à Dakar.
Cette technologie israélienne, après plusieurs mois d’expérimentation,
va contribuer à la lutte contre la pauvreté et participer à
l’amélioration des possibilités alimentaires des populations, « une
innovation technico-agricole qui, sans aucun doute, contribuera
considérablement à la lutte contre la pauvreté et à l’amélioration
qualitative de l’alimentation des populations», a dit Khadim Gueye. Pour
le ministre de l’Agriculture, la stratégie agricole du Sénégal doit
privilégier l’irrigation dans les zones centrales du pays
caractérisées par une insuffisance de précipitations et la rareté de
l’eau. A cela s’ajoute le fait que, les techniques agricoles
traditionnelles ne permettent pas de sortir les populations de la
pauvreté avec les faibles rendements combinés à une durée courte de
l’hivernage. « Avec moins d’une tonne par hectare, il est difficile de
sortir nos populations de la pauvreté », a dit Khadim Gueye.
Pour changer cette situation et augmenter en même temps les productions
et le nombre de récoltes, l’Etat compte élargir l’expérience du tipa
qui constitue une « opportunité pour le développement horticole »
sénégalais. Ainsi, grâce à un financement de la coopération italienne,
le Sénégal envisage de développer ce modèle dans trois régions du centre
avec le soutien technique de l’Israël, un projet de coopération
tripartite mobilisant le financement de l’Italie et de l’expertise
Israëlienne sera très bientôt mis en œuvre. Une composante de ce
projet, d’un montant de 10 millions de dollars environ 5 milliards de
FCfa, a pour objectif le développement de l’horticulture par le biais
de la diffusion des pratiques d’agriculture modernes comme l’irrigation
goutte-à-goutte du modèle TIPA à travers l’amélioration des capacités
techniques et entrepreneuriales des agriculteurs impliqués dans les
régions centrales de Diourbel, Fatick et Thiès.
Il s’agit de mettre en place dans les trois prochaines années, des
fermes maraîchères de petites dimensions (modèle TIPA de 5-20 ha) sur
une superficie de 400 ha (40 fermes de 5 ha et 10 fermes de 20 ha).
Présentant le projet Tipa, le Pr Dov Pasternak, spécialisé en agronomie
et en désertification, a dit que cela est plus un système
technico-économique qu’un système d’arrosage. Avec ce système, on peut
également faire une économie de 75% de main d’œuvre. Mais il exige un
certain nombre de pré-requis c'est-à-dire un bon système de goute à
goute, un système de ruissellement faible avec un renforcement de
capacité pour une bonne réussite des programmes. Il permet une
production annuelle contrairement au model de production traditionnel
qui se déroule entre novembre et mars. « Avec ce système, sur 500
mètres, on peut gagner jusqu’à 680.000/an », assure-t-il.
Selon le ministre de l’Agriculture, ce modèle va permettre également de
réduire le coût de la main d’œuvre tout en créant beaucoup d’emplois.
Khadim Gueye annonce déjà que l’Etat a commandé 150 kits Tipa de 500m2
qui vont permettre de générer plus de 500 emplois dans l’immédiat et
compte en créer plus avec le programme qui vise à mettre en place plus
de 10.000 unités.
par Daouda GUEYE.