Quotidien d'informations du Senegal.En ce qui concerne les autres sujets, les avocats appartenant au Barreau sénégalais sont obligés de solliciter l’autorisation de leur tutelle pour faire des déclarations dans la presse, comme précisé dans la lettre circulaire du Bâtonnier : ‘Une telle communication ne pouvant avoir qu’un caractère exceptionnel, le cas échéant, l’avocat habilité à en user doit se conformer aux observations, mises en garde ou injonctions de son Bâtonnier. A l’occasion, lorsqu’il s’exprime sur des questions générales en rapport avec son activité professionnelle, l’avocat doit faire preuve d’une délicatesse et d’une vigilance particulières’.
L’avertissement étant ainsi donné, tout avocat qui tenterait d’outrepasser cette décision du Bâtonnier s’expose du coup à des sanctions. ‘J’attire l’attention de tous les confrères sur l’impérieuse obligation de respect de nos règles de déontologie et les informe de ma ferme décision de faire suivre l’application des sanctions prévues en cas de violation’, note le document, rendu public, hier mardi.
Pour nombre d’avocats interpellés à ce sujet, la nouvelle donne s’adresse à ceux-là que l’on surnomme (les) ‘avocats politiciens’. Avec au premier chef, des ténors du barreau de la trempe de l’ancien Bâtonnier Mame Adama Guèye, l’ex-ministre de la justice, Doudou Ndoye, ainsi que les avocats Boucounta Diallo, El Hadji Diouf, entre autres. Mais également, les robes noires avocats pensent que leurs confrères militants des droits de l’homme sont aussi concernés par cette missive rendue publique par le patron du Barreau sénégalais dans la matinée d’hier. Ces derniers que l’on désigne sous le vocable de ‘droits de l’hommiste’ ont pour noms Demba Ciré Bathily, Assane Dioma Ndiaye, etc. Ils font partie des avocats les plus en vue qui militent pour la cause des droits de l’homme.
Une autre lecture est donnée à cette décision du Bâtonnier de l’Ordre des avocats du Sénégal, Me Alioune Badara Fall. Sa décision est perçue comme un ‘coup d’épée dans l’eau’. Et pour cause, certains avocats, qui ont réagi par rapport à cette nouvelle mesure imposée aux membres du Barreau, estiment que l’interdiction de sortie médiatique doit être dirigée au premier plan aux ténors du Barreau qui s’adonnent à cette pratique depuis des décennies. Ils soutiennent, en outre, que si les dossiers auxquels ils sont appelés à diligenter exigent une sortie médiatique, rien ne les empêchera de le faire ; comme cela est de tradition au sein de leur corporation.
Pape NDIAYE.