Sénéga lTribune - contributions, revue de presse, opinions sur le Sénégal - http://www.senegaltribune.com
BILAN - Programmes d’ajustement structurel : Amady Aly Dieng revient sur le désastre.
http://www.senegaltribune.com/articles/7413/1/BILAN---Programmes-dajustement-structurel--Amady-Aly-Dieng-revient-sur-le-desastre-/Page1.html
Journal Le Quotidien
Quotidien d'informations du Senegal. 
Par Journal Le Quotidien
Publié sur 09/9/2011
 
C’est un bilan critique que le Pr Amady Aly Dieng a dressé hier, sur les Programmes d’ajustement ...

BILAN - Programmes d’ajustement structurel : Amady Aly Dieng revient sur le désastre.
C’est un bilan critique que le Pr Amady Aly Dieng a dressé hier, sur les Programmes d’ajustement structurel (Pas). M. Dieng qui animait le huitième séminaire sur le développement de l’Idep, a soutenu que les Pas ont échoué et ont été un désastre pour les pays africains.

 Aujourd’hui, la lecture qu’on peut faire des Programmes d’ajustement structurel (Pas) est différente de celle qu’on pouvait en avoir il y a une vingtaine d’années. Les Pas ont remplacé différents projets de gouvernements qui consistaient à planifier la vie économique des pays africains. Mais ils sont venus perturber ces orientations. C’est l’analyse faite hier, par le Pr Amady Aly Dieng qui animait le huitième séminaire sur le développement de l’Institut africain de développement économique (Idep).
Abordant la question avec un regard très critique, l’économiste a indiqué que «les Pas avaient comme objectif de mettre les pays en situation de rembourser la dette extérieure. Nos pays ont dépensé plus qu’ils n’avaient durant la période postérieure à l’Indépendance». M. Dieng a affirmé qu’il y a eu «un désastre dans le cadre des Pas. Le désastre est lié au fait que par exemple, on a généralisé la Tva sur tous les produits de première nécessité. C’est rentable parce que l’Etat va récolter beaucoup de ressources. Mais cette taxe est injuste. Car elle ignore la capacité contributive des individus. On a le même impôt pour le riche que pour le pauvre». M. Dieng a soutenu que ces programmes «répondaient aux préoccupations des bailleurs de fonds et non à celles des populations. C’est la raison pour laquelle les populations réagissaient. Les populations étaient privées de services sociaux, de santé, d’éducation. Dans ces conditions, ça n’a pas été accepté par les populations et on a proposé d’autres plans, comme la réduction de la pauvreté». Mais aux yeux du conférencier, ces nouvelles stratégies manquent d’ambition. A son avis, «les pays doivent se battre pour s’enrichir et non pas pour s’occuper de pauvreté. Il y a appauvrissement d’un côté, mais il y a enrichissement de l’autre côté. Par con­séquent, c’est un phénomène dialectique qu’il faut bien percevoir». M. Dieng a préconisé d’être sur une position offensive, et non sur la défensive et d’arrêter le mimétisme.
Abordant le développement, Amady Aly Dieng a noté une différence entre ce concept et la croissance. Selon lui, «la croissance est un concept beaucoup plus quantitatif». Quant au développement, «il est qualitatif, c’est-à-dire que la croissance peut exister sans que la structure de répartition des revenus ne soit la même. Et dans les pays développés, on fait le tout pour que les écarts entre les pauvres et les riches ne soient pas très importants. Si l’écart se creuse, cela crée une situation de révolte comme on peut le voir dans nos pro­pres pays», a-t-il enseigné.
Le huitième séminaire mensuel sur le développement avait pour thème : Les Programmes d’ajustement structurel et les perspectives de développement. Le débat était modéré par M. Makha Dado Sarr, professeur certifié de mathématiques.

dialigue@lequotidien.sn