BILAN - Programmes d’ajustement structurel : Amady Aly Dieng revient sur le désastre.
C’est un bilan critique que le Pr Amady Aly Dieng a dressé hier, sur les
Programmes d’ajustement structurel (Pas). M. Dieng qui animait le
huitième séminaire sur le développement de l’Idep, a soutenu que les Pas
ont échoué et ont été un désastre pour les pays africains. Aujourd’hui, la lecture qu’on peut faire des Programmes d’ajustement
structurel (Pas) est différente de celle qu’on pouvait en avoir il y a
une vingtaine d’années. Les Pas ont remplacé différents projets de
gouvernements qui consistaient à planifier la vie économique des pays
africains. Mais ils sont venus perturber ces orientations. C’est
l’analyse faite hier, par le Pr Amady Aly Dieng qui animait le huitième
séminaire sur le développement de l’Institut africain de développement
économique (Idep).
Abordant la question avec un regard très
critique, l’économiste a indiqué que «les Pas avaient comme objectif de
mettre les pays en situation de rembourser la dette extérieure. Nos pays
ont dépensé plus qu’ils n’avaient durant la période postérieure à
l’Indépendance». M. Dieng a affirmé qu’il y a eu «un désastre dans le
cadre des Pas. Le désastre est lié au fait que par exemple, on a
généralisé la Tva sur tous les produits de première nécessité. C’est
rentable parce que l’Etat va récolter beaucoup de ressources. Mais cette
taxe est injuste. Car elle ignore la capacité contributive des
individus. On a le même impôt pour le riche que pour le pauvre». M.
Dieng a soutenu que ces programmes «répondaient aux préoccupations des
bailleurs de fonds et non à celles des populations. C’est la raison pour
laquelle les populations réagissaient. Les populations étaient privées
de services sociaux, de santé, d’éducation. Dans ces conditions, ça n’a
pas été accepté par les populations et on a proposé d’autres plans,
comme la réduction de la pauvreté». Mais aux yeux du conférencier, ces
nouvelles stratégies manquent d’ambition. A son avis, «les pays doivent
se battre pour s’enrichir et non pas pour s’occuper de pauvreté. Il y a
appauvrissement d’un côté, mais il y a enrichissement de l’autre côté.
Par conséquent, c’est un phénomène dialectique qu’il faut bien
percevoir». M. Dieng a préconisé d’être sur une position offensive, et
non sur la défensive et d’arrêter le mimétisme.
Abordant le
développement, Amady Aly Dieng a noté une différence entre ce concept et
la croissance. Selon lui, «la croissance est un concept beaucoup plus
quantitatif». Quant au développement, «il est qualitatif, c’est-à-dire
que la croissance peut exister sans que la structure de répartition des
revenus ne soit la même. Et dans les pays développés, on fait le tout
pour que les écarts entre les pauvres et les riches ne soient pas très
importants. Si l’écart se creuse, cela crée une situation de révolte
comme on peut le voir dans nos propres pays», a-t-il enseigné.
Le
huitième séminaire mensuel sur le développement avait pour thème : Les
Programmes d’ajustement structurel et les perspectives de développement.
Le débat était modéré par M. Makha Dado Sarr, professeur certifié de
mathématiques.
dialigue@lequotidien.sn