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Cadre de vie : DAKAR, une ville en quête d’espaces verts.
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Journal LeSoleil
Quotidien d'informations du Senegal. 
Par Journal LeSoleil
Publié sur 08/17/2011
 
Trouver aujourd’hui un espace vert à Dakar relève d’un vrai parcours du combattant. Ces havres de paix ...

Cadre de vie : DAKAR, une ville en quête d’espaces verts.
Trouver aujourd’hui un espace vert à Dakar relève d’un vrai parcours du combattant. Ces havres de paix qui faisaient le charme de la capitale sénégalaise se font présentement désirer. Les rares espaces existants sont confrontés, entre autres maux, à un défaut d’entretien et à l’insécurité.

Sur les Allées Khalifa Ababacar Sy. En cette belle matinée ensoleillée d’août, l’endroit commence, dès neuf (9) heures, à accueillir ses pensionnaires. Il devient au fur et à mesure animé. S’y ajoute le gaz dégagé par les véhicules qui ont fini de plonger la zone dans le vacarme. Sur les bancs publics, en bois, peints en vert et bien disposés, quelques personnes devisent tranquillement. L’air fatigué et suant à grosses gouttes, Khadim, la trentaine bien sonnée, vient souvent ici pour se reposer. Le temps de ranger les difficultés de la vie quotidienne dakaroise et de se remettre d’aplomb. « Je viens souvent dans ce jardin public pour prendre de l’air pur », lance-il, soulignant que les maisons ne donnent plus cette opportunité du fait de leur exigüité.

A l’image de Khadim, nombreux sont ceux qui prennent d’assaut ces espaces verts, pour une petite sieste sous les arbres ou pour une causerie avec des amis. Hommes, femmes, jeunes, vieux, bref toutes les tranches d’âge sont réunies dans cet espace très prisé, surtout en ce mois de Ramadan marqué par une forte canicule. Aujourd’hui, l’image que présente cet endroit est loin d’être reluisante. En effet, il est jonché de débris de toutes sortes. En plus, des eaux usées sont un peu partout déversées. Quelques rares arbres et fleurs résistants entretiennent encore le brin de charme que recèle ce coin de Dakar.

Même décor à la place de l’Obélisque:

Les yeux rivés sur son journal, Demba Ndiaye, la cinquantaine, est un habitué des lieux. Très nostalgique, il nous replonge dans le passé resplendissant de ces espaces verts. « Il fut un temps, ce jardin, s’étendant sur plusieurs mètres, était un chemin jalonné de parterre de fleurs aux couleurs chatoyantes », se souvient-il. Actuellement, regrette-t-il, je ne sais plus à quoi il ressemble. Mme Dieng, une  riveraine a, pour sa part, déploré le manque de sécurité qui règne dans cet espace. « A la tombée de la nuit, personne n’ose sortir », clame-elle, ajoutant que les fous et autres marginaux ont fini d’y élire domicile. A la question de savoir, qui s’occupe de l’entretien de cet espace, Mme Dieng n’en sait pas beaucoup. « De temps en temps, je vois, le matin, des gens venir arroser quelques arbres et fleurs », remarque-t-elle.

Un peu plus loin de là, la Place de l’obélisque. Cet endroit est très grouillant. Les gens occupent dès les premières heures du matin, tous les coins du jardin. Certains sont assis, d’autres couchés sous les arbres, fuyant ainsi la chaleur qui sévit. Dans une jolie chemise blanche et assis sur une natte étalée sous un arbre, Moustapha Ndione, l’air souriant, dit avoir quitté Grand-Dakar pour venir réviser le coran. Il précise : « j’ai commencé à fréquenter ce milieu depuis 1990 », se souvenant de « la quiétude qui régnait ici ». Aujourd’hui, se désole-t-il, le constat est tout autre puisque l’endroit est pris d’assaut par de jeunes marginaux qui n’arrêtent pas d’y semer le désordre. Selon notre interlocuteur, cette situation est à l’«origine des nombreux cas d’agression et de vol dès la tombée de la nuit ». Poste-radio bien collé à l’oreille droite, Moustapha Bâ, étudiant en lettres modernes à l’Ucad (université Cheikh Anta Diop), déplore, pour sa part, la mauvaise attitude des usagers. « Nombreux sont ceux qui considèrent ces endroits comme des poubelles.

Parc forestier de Hann, l’exception ?

D’ailleurs, il arrive que certains fassent, ici, leurs besoins naturels », se désole-t-il. L’autre espace vert qui constitue, à l’heure actuelle, l’un des poumons verts de Dakar, c’est le parc zoologique et forestier  de Hann qui s’étend sur une superficie de 60 hectares.

Son gigantesque paysage verdoyant fait penser à la verte Casamance. Sur place, au milieu des jardins, nous apercevons quelques individus chargés de l’entretien. Les va-et-vient des visiteurs font partie du décor. « Cet endroit est un de mes lieux de détente préférés parce qu’il est calme », lance Henriette, abordée devant la porte du jardin  ethnobotanique, accompagnée de son mari et de son enfant. Les étudiants semblent également trouver leur compte dans cette « havre de paix », comme ils aiment à le qualifier. Alioune Diallo, étudiant inscrit en deuxième année de droit à l’Ucad, installé au bord du lac aménagé pour les visiteurs, justifie sa présence : « Ici, personne ne nous dérange. Nous faisons nos révisions dans de bonnes conditions ».

De son coté, le directeur des parcs zoologique et forestier, le commandant Lamine Gueye, indique que « ce site est aujourd’hui très prisé par les populations qui viennent de tous les coins de la capitale pour se reposer ».  Les coins du parc les plus fréquentés par les visiteurs et promeneurs, explique M. Gueye, restent le jardin ethnobotanique et le lac artificiel. Ce dernier, situé à une centaine de mètres du parc zoologique, ne désemplit pas. « Toutefois, le site fait l’objet de toutes les convoitises, surtout du côté des promoteurs immobiliers », estime le responsable du parc. Mais c’est sans compter avec la vigilance de l’Etat qui veille au grain pour préserver ce poumon vert.

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