Au début du mois de septembre prochain, les usagers du tronçon Patte d’Oie-Pikine de l’autoroute Dakar-Diamniadio vont commencer à payer. La première gare de péage a fini d’être installée. 80 personnes sont recrutées pour s’occuper du péage. Des équipements de dernière génération sont visibles sur les lieux.

Le bitume noir semble se liquéfier sous le soleil estival. La vaste autoroute est sillonnée dans les deux sens par des véhicules en partance ou en provenance de Dakar. Après le pont de Cambérène, juste à hauteur du quartier de Dalifort, la barrière pleine route appelée sous d’autres cieux station ou gare de péage a fini de sortir de terre. Une huitaine de box de péage coincés entre les voies de passage donne des airs de nains sous les imposants pylônes bardés de lasers, de caméras ainsi que d’autres équipements de dernière génération.

Des équipes de Senac, une société de la filiale d’Eiffage qui va exploiter l’autoroute, font des essais. Certains sont dans des véhicules et empruntent la barrière pleine route, d’autres sont au niveau des box pour assurer le péage. Plus loin, d’autres équipes s’emploient à modifier le tracé de l’autoroute afin que les véhicules, dans les deux sens, puissent passer à la station de péage. « Nous serons opérationnelle le 1e septembre prochain », fait savoir Hervé Ndiaye, responsable du péage. Selon lui, 80 personnes ont été déjà recrutées et envoyées en France pour les besoins de formation. Il annonce que le personnel est aussi composé à 100 % de Sénégalais.

Equipements ultramodernes

Présentement, les travaux de finition se poursuivent. Une équipe de l’Autoroute Paris Reims Rhône (Aprr) gérée également par Senac, appuie les travaux d’installation du matériel. A coté des installations autoroutières, il y a un bâtiment où l’on retrouve notamment une salle de surveillance et une salle des machines. « Nous avons des équipements ultra modernes », souligne Hervé Ndiaye. A l’en croire, l’autoroute à péage à fait bénéficier au Sénégal des équipements de dernière génération en matière de technologies de l’information et de la communication. A l’intérieur de la salle de surveillance, toute l’autoroute s’offre en version vidéo et en direct grâce aux caméras qui sont implantées tout le long de l’infrastructure. « Nous pouvons savoir à temps réel tout ce qui se passe sur l’autoroute et prendre les mesures adéquates », explique Hervé Ndiaye. A terme, 15 caméras de surveillance seront implantées le long de l’autoroute pour en assurer la sécurité. Il y a aussi un réseau de fibre optique et un réseau fréquence indentification (Rfid), un numéro vert, etc. Il est aussi prévu un centre d’hébergement pour la gendarmerie à Rufisque. L’autoroute Dakar-Diamniadio sera, selon les responsables, à 100 % opérationnelle en 2013.

Un gain de temps  considérable

Selon Hervé Ndiaye, à terme, les automobilistes pourront faire le tronçon Dakar-Diamniadio en 20mn. Ce qu’il considère comme un gain de temps considérable si l’on sait qu’on fait parfois plus de 2 heures pour relier Dakar à sa banlieue. C’est à cet effet, soutient son collègue Ousmane Sarr, que la Senac mène présentement des campagnes de sensibilisation dans les gares routières et avec les structures syndicales des transporteurs afin que les chauffeurs ne répercutent point la taxe de péage sur les clients. Pour le moment, le péage concerne l’axe Patte d’Oie-Pikine d’une longueur de 6 km.

De part et d’autre de la station de péage, il y a quatre voies dont une accessible par carte personnelle. Le péage est catégorisé selon les types de véhicules. Pour les motos, qui constituent la Catégorie (C) 1, la taxe est de 200 francs Cfa contre 400 francs Cfa (taxe C2) pour les petits véhicules de sept places. La taxe C3 concernant les camionnettes, les « Ndiaga Ndiaye », les « Tata » ou encore les bus « King Long », est de 600 francs Cfa. Enfin, la dernière catégorie (C4), concerne les poids lourds, les remorques, les autobus, etc. Ces derniers devront payer 800 francs Cfa. Concernant le système de paiement, il y a une carte d’abonnement et des cartes de recharge comme c’est le cas chez les opérateurs téléphoniques. Selon Ousmane Sarr et Hervé Ndiaye, le poste de péage de la station de Cambérène est temporaire, il sera transféré dans deux ans à Thiaroye et le district sera établi à Rufisque. A la place, on aura un box de péage au diffuseur de Pikine. Le lot 2 qui concerne le contournement de Rufisque long de 8 km sera opérationnel au mois de janvier prochain.

Aly DIOUF