ACCORDS DE PêCHE Les Européens menacent d’interdire le poisson sénégalais : Le Gaipes tire la sonnette d’alarme.
Le Gaipes est sur le pied de guerre contre les autorisations de pêche
accordées aux bateaux russes et appelle les Sénégalais à faire leur ce
combat. Car, si la menace de l’Union européenne de suspendre les
licences d’exportation du Sénégal venait à être exécutée, c’est
l’économie nationale qui en serait affectée.
Le Groupement des armateurs et industriels de la pêche au Sénégal
(Gaips) s’est toujours opposé aux autorisations de pêche accordées aux
bateaux russes, craignant des conséquences préjudiciables pour le
secteur de la pêche et les populations. Aujourd’hui, la position de Saër
Seck et compagnie est confortée par une autre raison, non moins
importante : la préservation de leurs entreprises et au-delà, de
l’économie nationale. En effet, l’Union européenne s’étant saisie de
l’affaire a envoyé des experts au Sénégal. Ces derniers ont signifié aux
acteurs de la pêche, selon les dires du président Saër Seck que «si
cette opération continue, l’agrément du Sénégal pour exporter ses
produits vers l’Union européenne sera suspendu». Une décision qui, si
elle entrait en vigueur, serait une catastrophe et porterait un sacré
coup à l’économie nationale. Mais selon Saër Seck, qui animait il y a
une semaine, un point de presse à l’Hôtel Pullman, «on ne peut risquer
de mettre en danger la population pour quelques millions».
Pour
cette raison, il est impératif de mettre fin à ces accords qui n’ont
«aucun caractère légal s’y l’on s’en réfère aux lois qui régissent le
secteur de la pêche». Pour ce faire, il invite l’ensemble de la
population à se mobiliser pour accentuer la pression sur les autorités
qui «n’ont pas la volonté de mettre fin à ces accords», pense M. Seck.
Il en veut pour preuve les nombreuses promesses non-tenues du ministre
Khoureychi Thiam. «Le 4 janvier 2011, le ministre de la Pêche nous
avait reçus et assurés que les autorisations de pêche ne dureraient que
deux mois. Il nous avait alors demandé de laisser les bateaux qui
avaient déjà signé, terminer, et qu’ensuite on n’en parlerait plus»,
rappelle M. Seck. Mais aujourd’hui encore, fait remarqué le président du
Gaipes pour le regretter, «les bateaux continuent de pêcher dans les
eaux sénégalaises». Même si, note-il avec un brin de satisfaction, grâce
à nos actions de mobilisation et de sensibilisation, «les conditions
de travail de ces navires n’ont jamais été aussi difficiles».
«Un cadre légal en train d’être trouvé entre le Sénégal et la Russie»:
Mais
les acteurs de la pêche se sont interrogés sur l’intérêt du Sénégal à
accorder 21 autorisations à des bateaux étrangers à un prix dérisoire.
D’ailleurs à ce propos, M. Seck estime qu’il n’y a pas une information
exacte et fiable. «Le ministre de la Pêche avait annoncé que le Sénégal
gagnerait grâce à ces accords une somme de 5 milliards de frs Cfa. Un
chiffre que vient démentir l’ancien directeur de la pêche en avançant
600 millions comme part du Sénégal dans cette affaire». Autre fait qui
selon M. Seck, heurte le bon sens, «c’est qu’on nous dit que ces
bateaux, dont la capacité du plus petit d’entre eux représente la
totalité des 18 bateaux de mon entreprise réunis, pêche 40 000 tonnes de
poisson». Ce qui signifierait de son avis que : «Soit ce ne sont pas
des pêcheurs, soit ils ne déclarent pas réellement ce qu’ils ont pêché,
soit le ministre ne dit pas ce qui s’est passé.» D’ailleurs, cette
dernière hypothèse serait plus plausible, vu des démarches entre les
deux pays qui sont en train de se faire loin du regard des acteurs du
secteur de la pêche. «Nous avons ici un Procès-verbal de la première
session d’une commission mixte entre les deux pays qui a regroupé des
agents du ministère de la Pêche du Sénégal et des acteurs russes de la
pêche.» Ce qui fait penser à Saër Seck et ses camarades que même si
l’activité qu’ils dénoncent est illégale, «les autorités commencent à
lui trouver un cadre légal».
Par ailleurs, le président du Gaipes a
déploré le manque de communication entre le ministère et les acteurs de
la pêche depuis quelques mois. Il lance un appel au président de la
République et au ministre de tutelle : «Il est temps que tout ceci cesse
et qu’on revienne à la raison. Il faut se mettre autour d’une table et
régler de manière documentée ce problème qui a même mis en mal la
coopération internationale en matière de pêche.» Ceci dit, M. Seck lance
un appel à toute la population. «Ce combat n’est ni celui du Gaipes,
ni celui de la pêche artisanale, mais c’est l’affaire de tous les
Sénégalais, parce que la sardinelle dont il est plus question représente
80% de la consommation des Sénégalais», conclut le président du Gaipes.
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