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ACCORDS DE Pêche; Les Européens menacent d’interdire le poisson sénégalais : Le Gaipes tire la sonnette d’alarme.
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Journal Le Quotidien
Quotidien d'informations du Senegal. 
Par Journal Le Quotidien
Publié sur 07/29/2011
 
Le Gaipes est sur le pied de guerre contre les autorisations de pêche accordées aux bateaux russes...

ACCORDS DE PêCHE Les Européens menacent d’interdire le poisson sénégalais : Le Gaipes tire la sonnette d’alarme.
Le Gaipes est sur le pied de guerre contre les autorisations de pêche accordées aux bateaux russes et appelle les Sénégalais à faire leur ce combat. Car, si la menace de l’Union européenne de suspendre les licences d’exportation du Sénégal venait à être exécutée, c’est l’économie nationale qui en serait affectée.

Le Groupement des armateurs et industriels de la pêche au Sénégal (Gaips) s’est toujours opposé aux autorisations de pêche accordées aux bateaux russes, craignant des conséquences préjudiciables pour le secteur de la pêche et les populations. Aujourd’hui, la position de Saër Seck et compagnie est confortée par une autre raison, non moins importante : la préservation de leurs entreprises et au-delà, de l’économie nationale. En effet, l’Union européenne s’étant saisie de l’affaire a envoyé des experts au Sénégal. Ces derniers ont signifié aux acteurs de la pêche, selon les dires du président Saër Seck que «si cette opération continue, l’agrément du Sénégal pour exporter ses produits vers l’Union européenne sera suspendu». Une décision qui, si elle entrait en vigueur, serait une catastrophe et porterait un sacré coup à l’économie nationale.  Mais selon Saër Seck, qui animait il y a une semaine, un point de presse à l’Hôtel Pullman, «on ne peut risquer de mettre en danger la population pour quelques millions».

Pour cette raison, il est impératif de mettre fin à ces accords qui n’ont «aucun caractère légal s’y l’on s’en réfère aux lois qui régissent le secteur de la pêche». Pour ce faire, il invite l’ensemble de la population à se mobiliser pour accentuer la pression sur les autorités qui «n’ont pas la volonté de mettre fin à ces ac­cords», pense M. Seck. Il en veut pour preuve les nombreuses promesses non-tenues du ministre Khou­reychi Thiam. «Le 4 janvier 2011, le ministre de la Pêche nous avait reçus et assurés que les autorisations de pêche ne dureraient que deux mois. Il nous avait alors demandé de laisser les bateaux qui avaient déjà signé, terminer, et qu’ensuite on n’en parlerait plus», rappelle M. Seck. Mais aujourd’hui encore, fait remarqué le président du Gaipes pour le regretter, «les bateaux continuent de pêcher dans les eaux sénégalaises». Même si, note-il avec un brin de satisfaction, grâce à nos actions de mo­bilisation et de sensibilisation, «les conditions de travail de ces na­vires n’ont jamais été aussi difficiles».

«Un cadre légal en train d’être trouvé entre le Sénégal et la Russie»
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Mais les acteurs de la pêche se sont interrogés sur l’intérêt du Sénégal à accorder 21 autorisations à des bateaux étrangers à un prix dérisoire. D’ailleurs à ce propos, M. Seck estime qu’il n’y a pas une information exacte et fiable. «Le ministre de la Pêche avait annoncé que le Sénégal gagnerait grâce à ces accords une somme de 5 milliards de frs Cfa. Un chiffre que vient démentir l’ancien directeur de la pêche en avançant 600 millions comme part du Sénégal dans cette affaire». Autre fait qui selon M. Seck, heurte le bon sens, «c’est qu’on nous dit que ces bateaux, dont la capacité du plus petit d’entre eux représente la totalité des 18 bateaux de mon entreprise réunis, pêche 40 000 tonnes de poisson». Ce qui signifierait de son avis que : «Soit ce ne sont pas des pêcheurs, soit ils ne déclarent pas réellement ce qu’ils ont pêché, soit le ministre ne dit pas ce qui s’est passé.» D’ailleurs, cette dernière hypothèse serait plus plausible, vu des démarches entre les deux pays qui sont en train de se faire loin du regard des acteurs du secteur de la pêche. «Nous avons ici un Procès-verbal de la première session d’une commission mixte entre les deux pays qui a regroupé des agents du ministère de la Pêche du Sénégal et des acteurs russes de la pêche.» Ce qui fait penser à Saër Seck et ses camarades que même si l’activité qu’ils dénoncent est illégale, «les autorités commencent à lui trouver un cadre légal».
Par ailleurs, le président du Gaipes a déploré le manque de communication entre le ministère et les acteurs de la pêche depuis quelques mois. Il lance un appel au président de la République et au ministre de tutelle : «Il est temps que tout ceci cesse et qu’on revienne à la raison. Il faut se mettre autour d’une table et régler de manière documentée ce problème qui a même mis en mal la coopération internationale en matière de pêche.» Ceci dit, M. Seck lance un appel à toute la population.  «Ce combat n’est ni celui du Gaipes, ni celui de la pêche artisanale, mais c’est l’affaire de tous les Sénégalais, parce que la sardinelle dont il est plus question représente 80% de la consommation des Sénégalais», conclut le président du Gaipes.

dsene@lequotidien.sn .