Les entreprises du secteur public et privé sénégalais sont invitées à recruter plus de jeunes pour lutter contre le chômage. L’invite a été faite hier, par Souleymane Ndéné Ndiaye, à l’ouverture des journées de la formation professionnelle continue organisées par le Fondef.

Le Premier ministre Souleymane Ndéné Ndiaye a invité les entreprises à faire des efforts supplémentaires pour recruter davantage de jeunes dans les entreprises. Il a lancé cet appel hier, à l’ouverture des journées de la formation continue organisées par le Fonds de développement de l’enseignement technique et de la formation professionnelle(Fondef). « L’emploi des jeunes demeure une préoccupation du gouvernement et de tous les gouvernements d’une manière générale », a dit le Premier ministre. Il s’est dit favorable au reversement de la taxe professionnelle prélevée sur les entreprises et destinée au financement de la formation professionnelle continue et au perfectionnement des travailleurs des entreprises. Cette taxe est évaluée à plus de 16 milliards de francs Cfa par an.

Interpellé par le patronat et les partenaires sociaux sur l’adoption d’une loi d’orientation spécifique à la formation professionnelle, Souleymane Ndéné Ndiaye a assuré qu’un projet de loi est dans le circuit. Il a même précisé que le ministère de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle est en train de faire les derniers réglages. Mansour Kama, président de la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (Cnes) et Mademba Sock, secrétaire général de l’Unsas avaient, dans leur allocution, demandé l’adoption et la promulgation de la loi d’orientation sur la formation professionnelle et technique.

Encourager l’investissement direct:

« Les partenaires sociaux sollicitent, au plan institutionnel, l’adoption de la loi d’orientation sur la formation professionnelle et technique qui traduirait la volonté de l’Etat à prendre en charge la formation professionnelle continue », avait déclaré Mademba Sock. « Nous nous sommes mobilisés en faveur de l’adoption d’une loi d’orientation spécifique à la formation professionnelle et technique qui, non seulement pourra conférer au secteur une identité propre mais devra octroyer à nos salariés un droit individuel à la formation », avait renchéri le président du Cnes. Selon eux, cette loi créera un « cadre légal propice au relèvement du niveau de qualification et d’employabilité des ressources humaines ».

Outre la promulgation de la loi d’orientation, Mansour Kama avait également demandé à l’Etat d’encourager l’investissement direct national public et privé en matière de formation professionnelle et technique. Le président de la Cnes avait aussi invité le gouvernement à reverser la taxe professionnelle estimée à plus de 16 milliards de francs Cfa par an. Il a aussi suggéré un audit sur une longue période de l’affectation de la contribution forfaitaire à la charge de l’employeur ou contribution globale unique.

Les journées de la formation professionnelle continue organisées par le Fondef seront mises à profit par les participants pour dresser le bilan des sept ans d’existence de la structure et  pour dégager les perspectives d’amélioration de sa politique.  Créé en 2004, le Fondef a financé 435 projets, formé 26.615 travailleurs et dépensé plus de 3 milliards de francs Cfa. Malgré ces réalisations, Mme Fatou Kane Diallo, administrateur du Fonds, a souligné que « des obstacles se dressent sur ce bel outil notamment la stagnation de son budget ». C’est pourquoi, elle a appelé à la mobilisation de tous les partenaires pour faire de cet outil un vecteur de « développement ».

Mamadou GUEYE.