Les représentants de l'Union africaine ont ouvert hier à Addis-Abeba des pourparlers sur l'approbation d'un plan de sortie de crise pour aider Madagascar à tenir des élections et mettre ainsi fin à plus de deux ans de crise politique.

La feuille de route avait été approuvée le mois dernier par la Communauté des pays d'Afrique australe (Sadc) qui assure la médiation pour sortir la Grande île de l'impasse politique déclenchée, en mars 2009, par le renversement du président Marc Ravalomanana.

Ce dernier, aujourd'hui exilé en Afrique du Sud et deux autres anciens présidents ont refusé de signer cette feuille de route qui leur interdit de rentrer à Madagascar.

"Le président actuel n'est pas en faveur de cette mesure" d'exil, a indiqué l'émissaire pour la Paix et la Sécurité de l'Ua, Ramtane Lamamra.

A Madagascar, Marc Ravalomanana a été condamné par contumace à la prison à vie pour le meurtre de manifestants par la garde présidentielle durant les manifesta- tions qui avaient conduit à son renversement.

Un représentant de l'ambassade de Madagascar au Kenya a indiqué à l'Afp que son pays se réserve le droit de rejeter la feuille de route, indiquant que son pays n'allait pas se laisser dicter "la conduite à tenir" par la Sadc.

La feuille de route renforce la position du nouveau président Andry Rajoelina en l'instituant président du gouvernement de transition avec la mission de conduire le pays vers de nouvelles élections.

Un porte-parole de l'Ua s'est toutefois montré optimiste, estimant que cet accord avait des chances d'être entériné lors de la rencontre entre des émissaires pour la Paix et la Sécurité de l'Ua et des membres du Conseil de sécurité et de la Sadc.

Les 15 Etats membres de la Sadc ont déjà montré leur incapacité à convaincre Andry Rajoelina, qui avait pris le pouvoir avec le soutien de l'armée, à signer un accord de partage du pouvoir conclu en août 2009.

De son côté, M. Rajoelina n'a pas réussi par ses propres initiatives à obtenir un soutien suffisant à l'intérieur du pays, ni au niveau international.Isolé sur le plan international depuis le coup d'Etat de 2009, l'économie de Madagascar a été dévastée. Le pays a notamment perdu 600 millions d'euros par an d'aide de l'Union européenne et la croissance qui était de 7,1% en 2008 est tombée à 2%.

                                                           Écrit par AFP.