Le Sénégal sera fin prêt avant l’échéance de 2015 pour le passage de l’analogie au numérique. Malick Ndiaye, président du comité national pour le passage au numérique, l’a assuré hier. Le représentant du ministre de la Communication a également demandé à l’Etat de rester « vigilant » pour éviter une Opa des privés sur le secteur.

Le Sénégal sera bel et bien dans le train du numérique. C’est l’assurance donnée par Malick Ndiaye, représentant du Ministre de la Communication et des Tic à l’atelier  sur la « transition de l’analogie au numérique dans l’audiovisuel ». A en croire le porte parole du ministre, la période de formulation est presque terminée, dans les deux prochaines années, notre pays pourra passer à l’essai pour la mise en œuvre de l’analogie dans l’audiovisuel.

Au moment où nombre de pays africains en sont encore à la phase de balbutiement des projets. Selon Isabelle Gross de « Balancing act », co-organisateur de l’atelier et auteur d’une étude des lieux et des enjeux du numérique en Afrique, moins de 10 pays ont déjà fait la transition, il s’agit du Maroc de l’île Maurice, du Kenya, Tanzanie entre autres, 10 pays sont en phase pilote, 14 pays ont lancé le processus, tandis que 23 autres non pas lancé le processus. Ce qui pose des doutes quant à la réalisation de cette transition sur le continent à l’horizon de 2015. Des doutes que M. Ndiaye a bien vite dissipés en mettant en avant le travail élaboré par le comité national pour le passage au numérique et qui a été mis sur pied en Août 2010. Avec ce comité, le Sénégal a mis en œuvre une stratégie avec la contribution de tous les acteurs de l’audiovisuel et des télécommunications et des associations de consommateurs. La stratégie de l’Etat est articulée sur quatre axes, une partie juridique, un volet infrastructures, un aspect contenu et une dimension communication.

Selon M. Ndiaye, ce passage implique beaucoup de choses dans le secteur de l’audiovisuel avec une amélioration  des capacités de diffusion des fréquences qui va passer d’une chaîne à cinq voire six chaines. Ce qui nécessite une mutualisation de toutes les ressources en fréquence audiovisuelle.

Cette innovation va entrainer une réorganisation juridique, et une « re- planification » des fréquences, une mission de l’Artp. La transition  permettra de transporter internet et des données et d’améliorer la couverture audiovisuelle du Sénégal et participera grandement à la réduction de la fracture numérique.

Pour le consommateur, des coûts supplémentaires seront induits par le passage au numérique, ils devront changer de téléviseur ou acheter des adaptateurs et décodeurs qui pourront leur revenir à plus de 50.000 FCfa. Mais, rassure le représentant du ministre, « l’Etat va travailler à faciliter l’accès des populations à ce matériel » et il ajoute que les infrastructures seront réalisées par les pouvoirs publics car cela entre dans le cadre des missions du service public de l’audiovisuel.

Toutefois, le représentant du ministre et coordonnateur du comité national pour le passage au numérique, lance une alerte pour que l’Etat ne laisse pas les opérateurs privés faire une Opa sur le numérique. Il se poserait alors une question de perte de culture car les privés ne sont intéressés que par le gain.  « Il faut faire très attention. C’est une question de souveraineté. Il ne faut pas qu’on laisse les autres opérateurs étrangers faire une OPA sur l’audiovisuel »’, a averti, mercredi, Malick Ndiaye, au cours d’un atelier sur la transition de la radiodiffusion numérique au Sénégal.

‘’Si nous n’y prenons garde dans les conventions et les accords que nous signons, ils vont racheter à des dizaines de milliards la gestion de l’audiovisuel à travers le passage au numérique soit disant qu’ils vont nous offrir la technologie’’, a fait savoir M. Ndiaye.

                                                                                               par Daouda GUEYE.