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Election du Dg de la Fao : Victoire du candidat brésilien, déroute de la diplomatie sénégalaise.
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Journal Le Quotidien
Quotidien d'informations du Senegal. 
Par Journal Le Quotidien
Publié sur 06/28/2011
 
Le candidat brésilien est passé au second tour d’un scrutin serré, à la grande déception du gouvernement sénégalais, qui avait soutenu son adversaire espagnol.

Election du Dg de la Fao : Victoire du candidat brésilien, déroute de la diplomatie sénégalaise.
Le candidat brésilien est passé au second tour d’un scrutin serré, à la grande déception du gouvernement sénégalais, qui avait soutenu son adversaire espagnol. Jose Graziano Da Silva aura à continuer les réformes que Jacques Diouf avait entamées, pour moderniser l’agence pour l’alimentation.
La Fao a élu hier dimanche un nou­veau Directeur général en la personne du Brésilien Jose Graziano Da Silva (61 ans) qui succède au Sé­né­galais Jacques Diouf qui termine le 31 décembre prochain son troisième mandat à la tête de l’organisation. L’élection du candidat du Brésil au second tour de scrutin devant l’ancien ministre espagnol des Affaires étrangères Miguel Angel Moratinos a été très serrée. Le Brésilien a obtenu au vote final 92 voix contre 88 pour son challenger. Les quatre autres candidats au premier tour, un Iranien (2 voix), un Indonésien (12 voix), un Irakien (6 voix) et un Au­trichien (10 voix) se sont retirés pour laisser la place au duel qui était an­noncé entre Moratinos et Graziano.

Le scrutin a laissé place à une ba­taille entre les pays du nord et ceux du sud. En effet, au premier tour, le Brésilien avait rallié 77 voix contre 72 pour l’Espagnol, ce qui rendait nécessaire la tenue d’un deuxième tour. La délégation du Brésil de demander alors une suspension de séance pour organiser une concertation entre les groupes régionaux et surtout, le Brésil voulait réunir le groupe des 77 car avant le scrutin,  l’in­formation avait circulé selon la­quelle les ambassadeurs des pays membres du Groupe des 77 pays avaient convenu de reporter leur vote sur le candidat appartenant à ce groupe et qui serait qualifié pour le second tour. Et le ministre sénégalais de l’Agriculture, M. Khadim Guèye, avait confirmé cette position. Mais les pays Européens ont voulu s’opposer à une telle concertation.

C’est ainsi que le délégué de la Hongrie a soulevé une motion pour demander à la Conférence de la Fao de refuser cette demande de suspension formulée par la délégation brésilienne. Il aura fallu l’arbitrage du conseiller juridique de la Fao qui confirmait le droit de tout pays d’organiser des concertations entre les  tours de scrutin. Ce revers subit par le camp européen poussera une déléguée chypriote à demander elle aussi une réunion d’urgence au nom des 27 pays membres de l’Union européenne à la salle Allemagne du siège de la Fao à Rome.  Ces deux initiatives des pays européens n’ont pas manqué de heurter. En installant de façon aussi ostentatoire un clivage entre pays riches et pays pauvres, l’Europe a semblé compromettre les chances du candidat espagnol. De longues tractations ont eu lieu dans les coulisses et la délégation espagnole était revenue dans la salle le sourire aux lèvres, surtout que la délégation irakienne avait refusé de se joindre au conclave du Groupe des 77. Aussi, le diplomate rwandais Jacques Kabalé qui a participé aux discussions au sein du Groupe des 77 nous soufflera : «Le soutien de notre Groupe est acquis au candidat du Brésil ; mais dans ce genre d’élection on ne sait jamais. Les Irakiens n’ont pas voulu venir et les pays francophones roulent en majorité pour l’Espagnol. Ce sera serré même si mathématiquement les voix des pays du sud devraient pouvoir faire élire le Brésilien. Le vote est à bulletin secret. Il peut y avoir des surprises.»
La délivrance était exubérante pour la délégation du Brésil à la proclamation des résultats qui donnaient José Graziano Da Silva élu comme nouveau Directeur général de la Fao. Ce dernier se jettera dans les bras de son prédécesseur Jacques Diouf dans une longue étreinte.

Monsieur Graziano a été sous-di­recteur général de la Fao pour l’A­mérique latine, avant d’occuper des fonctions ministérielles dans le gouvernement du Président Lula Ignacio Da Silva. Jose Graziano, très ému, a remercié vivement les autorités de son pays qui ont porté sa candidature. Il aura un mot pour les pays lusophones et ceux du Groupe des 77 ; mais il aura un mot particulier pour les pays africains, «qui ont très rapidement vu dans la ligne de coopération sud-sud une voie de progrès». Est-ce du fait de l’émotion ? En tout cas, il ne dira pas un mot à l’endroit de Jacques Diouf qui a été à la tête de la Fao pendant 18 ans.

mdiagne@lequotidien.sn