Promesse tenue. Le jeudi 23 juin a marqué le réveil du peuple que l’on pensait assoupi et indifférent à la confiscation de sa voix. Quand le peuple s’exprime, il faut entendre et comprendre que c’est la voix de Dieu résonne. Au-delà du repli honteux, caractéristique des usurpateurs, le peuple a administré, aux arrogants du pouvoir, une leçon admirable et rappelé qu’il est seul détenteur de la souveraineté. L’exécutif a eu tort de prendre sa patience pour de la faiblesse, il a encore tort  de tarder à reconnaître cet acte de résistance pour ce qu’il est. Le Sénégal a dit NON ! à tous ceux qui ont voulu lui imposer cette imposture qu’était ce projet de loi scandaleux. Le niet catégorique vécu à Dakar, tout comme à l’intérieur du pays, nous semble n’avoir pas été suffisamment entendu par le pouvoir et ses suppôts tapis à l’assemblée nationale.

En effet, certains ministres et députés libéraux tentent de réduire le mouvement du 23juin en justifiant le retrait du projet de loi du fait de la sagesse du président et de  l’intervention des chefs religieux. Si l’appel de ces derniers mérite d’être salué, c’est faire preuve de lâcheté que de se retrancher derrière les guides religieux. La pantalonnade subie par le régime résulte de la seule volonté populaire, c'est-à-dire des sénégalais excédés par l’autisme du pouvoir. A cet égard, les propos de Mr Lô de l’APR sont sans ambiguïté. Vouloir minimiser ou nier la contestation du 23 juin, relève de la folie suicidaire d’individus aveuglés par l’arrogance fille de la corruption. Ce subterfuge dévoile une constance pathologique, chez les libéraux, leur irrespect du peuple.

C’est ainsi que certains députés, de sopi pour toujours, ont persisté dans leur surdité malgré les cris lancés sous leurs fenêtres au parlement. Ils seraient bien avisés de décrypter ce premier message des sénégalais. Une rupture multidimensionnelle s’est produite et les cendres sont encore chaudes. Le président se doit d’être conscient de son impopularité et faire son deuil de toute chance d’être accepté comme candidat légitime et légal, par la majorité des sénégalais, en 2012. Lui et son entourage n’ont pas su prendre la température réelle du pays car ils n’ont plus rien en commun avec le peuple. Le 23juin est un avertissement et un rejet de tout ce qui fut la politique du p.d.s depuis bientôt 12 ans. Autrement dit, le projet de loi n’était que le point de fixation symbolique d’une révolte contre tout un système et contre une vaste classe de politiciens.

Enfin, certains débordements regrettables notés doivent édifier, les orgueilleux au pouvoir, sur le fait que le peuple n’est pas amnésique et n’oublie jamais. L’indécence affichée, la gabegie et les détournements effectués sur le dos des sénégalais demeurent imprimés chez  tout le monde. Les attitudes ostentatoires propres au pouvoir en place sont une agression qui s’inscrit durablement dans le cœur des masses populaires.

En définitive, le jeudi 23 juin, c’est le Sénégal comme nous l’aimons qui a repris sa voix et son destin en main. Uni et déterminé devant la forfaiture. Les images suffisent et on ne se lasse pas de les revoir pour laisser libre cours aux émotions dont nous étions inconscients sous le feu de l’action. Un homme presque nu devant des forces casquées et armées voilà la dignité dans toute sa splendeur. Il en sera désormais ainsi à chaque fois que les gouvernants se croiront au dessus du peuple qui les a élus. Les sénégalais n’accepteront plus jamais d’être méprisés par un pouvoir, quel qu’il soit. C’est seulement durant ces moments de bravoure que la fierté d’être sénégalais peut avoir un sens, et pour cet instant seulement tout homme épris de liberté et de justice peut aussi se dire sénégalais car le don de soi est un acte noble que l’Homme sait reconnaître indépendamment de son appartenance particulière, comme participant de l’universel.    

Toumbou Amadou  sunuman20