Notre hymne national nous y exhorte pour unir les diversités qui fondent notre peuple et traversent notre pays. Or ce projet de loi, initié par le pouvoir, est entrain de diviser dangereusement le Sénégal. Cette énième agression de la constitution est tout simplement inacceptable dans le fond comme dans la forme. Il ne présente absolument aucun caractère primordial pire il se révèle être un véritable recul démocratique. Avec l’avènement de ce pouvoir, le Sénégal vit dans l’ère des inédits désastreux pour ses institutions.

Ainsi, puisque les mains du président « ne tremblent pas en touchant à la constitution », qu’il tremble sur son trône devant notre détermination. Il s’agit de résister face à cette attaque injustifiable de la loi fondamentale que nous avons approuvée par référendum. Ce texte qui a pratiquement fondu, tant il fut dénaturé par les assauts de l’exécutif, le modelant sans cesse suivant ses convenances personnelles ou pour régler des comptes à des individus. Cette retouche qui est envisagée démontre, une nouvelle fois, la déconnexion totale du pouvoir par rapport aux urgences sociales et économiques étranglant, chaque jour d’avantage, le peuple. Envisager une telle mesure, en passant sous silence, les souffrances quotidiennes des populations à la veille de l’hivernage avec  son corollaire d’inondations, n’est rien moins que le signe du mépris que l’on éprouve vis-à-vis du peuple. N’a-t-il rien de plus urgent à discuter, au c conseil des ministres, pour soulager la rude existence des ménages, que  l’adoption de cet oukase ? Les délestages qui nous plongent dans les ténèbres et qui ruinent notre économie, ne méritent ils pas d’être inscrits en procédure d’urgence à l’assemblée ? En vérité, la majorité parlementaire est complice de l’exécutif, de fait  elle a perdu toute légitimité par sa soumission et son aplatissement ajoutés à sa promptitude à traduire en lois toutes les dérives dictatoriales du pouvoir. Cette attitude choquante et violente s’explique, sans doute, par l’intime conviction qu’ils ont de la passivité des sénégalais voire de leur crainte face aux prédateurs qu’ils sont devenus. En conséquence, il faut bien admettre que l’équilibre, indispensable dans une démocratie, est définitivement rompu dans notre pays. Nous ne pouvons plus compter sur un parlement discrédité et félon pour défendre notre liberté de choisir.
   
Ce projet de loi instaurant un vice-président met en relief les vices du président. Abdoulaye Wade veut nous imposer sa volonté au fer rouge ainsi que le ferait le maître de ses esclaves. Dès lors, le jeudi 23 juin sera et doit être la confrontation entre la dignité, le courage et la vertu contre la lâcheté, le déshonneur et les vices. Chacun devant choisir entre la soumission honteuse et la résistance toujours noble face à un complot liberticide et un pouvoir arrogant et brutal. Le Sénégal a besoin de nous et il s’agit de faire plus que Cheikh Bamba Dièye, Barthélémy Diaz…sur ce point, les leaders de l’opposition doivent se placer en ligne de front. Il leur revient, si nécessaire, de préparer leur paquetage pour aller en prison. Les absents du 23juin seront jugés par l’histoire et considérés comme des traîtres et des couards. La défense d’une cause juste transcende les intérêts et le confort personnels et participe à la construction de repères historiques dans la mémoire collective la noblesse d’un peuple s’acquiert pas dans l’assujettissement avilissant mais dans le combat contre la tyrannie demain, il faudra être de ceux qui pensent que les genoux sont faits pour tenir debout ou alors renoncer à un Sénégal ou les gouvernants respectent le peuple qui les a placés au pouvoir.

                                                                                                                               Amadou T.
                                                                                                            sunuman2012@gmail.com