Durant onze ans de pouvoir, l’homme qui dirige notre pays a usé de tous les subterfuges  et combines pour confisquer le pouvoir à lui tout seul. Il a employé toutes sortes de provocations, les unes plus graves que les autres, rien que pour pousser le peuple sénégalais à la violence et à l’occasion, en assassiner par ses sbires, quelques-uns d’entre nous – le bilan en est à onze (11) morts aujourd’hui-. N’étant pas satisfait jusqu’ici,  malgré ce bilan macabre, il en déduit hâtivement, que nous sommes un peuple de poltrons, parce que tout cela n’a pas suscité en nous de réactions violentes à la hauteur de  ses provocations et agressions. Ne l’oublions pas chers concitoyens, Abdoulaye Wade, a toujours été un homme violent, qui se cache derrière un faux langage de paix. Et, il le demeure encore plus aujourd’hui.
Alors ce projet de loi, qui modifie la Constitution pour la nième fois, décidé  par Me Wade unilatéralement et en violation flagrante de la procédure en matière de révision constitutionnelle, rentre dans le cadre des provocations, du manque de considération à l’endroit de notre peuple et de respect notoire de nos institutions en vigueur. Ce projet de loi, instituant un ticket : Président de la république et vice-président, sans passer par un référendum,  soumis au peuple pour validation est une manœuvre de plus. Et, de surcroit, il modifie dans le même temps le taux du suffrage exigé pour être élu président de la République, à seulement 25% des suffrages exprimés. C’est un scandale qui rétrograde notre pays au rang des républiques bananières sur le plan de la démocratie. Et au-delà, c’est une entreprise d’escroquerie politique  du pouvoir pour détruire l’œuvre que des générations de patriotes passées et présentes de notre pays, se sont sacrifiées à construire obstinément et pour asseoir la démocratie et les libertés fondamentales, de manière durable au Sénégal. Ce projet de loi est une véritable tentative de coup d’Etat institutionnel, à exécuter en catimini à partir du Parlement, sous la fameuse formule de procédure d’urgence. Comme le fut d’ailleurs la première loi qui autorisait le président de la République à se choisir un vice-président. Les Sénégalais semblent oublier cette farce de mauvais goût, d’une loi inutile parce que dormant depuis 2 ans dans les tiroirs du chef de l’Etat, faute de preneur.
Les déclarations provocatrices  contre l’opposition et de manière générale, contre tous les citoyens libres, opposés à son projet, à la suite des nombreuses réactions négatives contre son projet, frisent l’indécence et le manque de hauteur de l’homme. Elles montrent de manière claire que nous n’avons pas un  homme d’Etat, à la tête de notre pays mais, un affairiste foncièrement antidémocratique par essence. Jugez-en vous-mêmes à travers ces morceaux choisis du journal l’AS du 20/06/2011 : « Il parait que ce projet de loi constitutionnelle a tellement assommé mes adversaires politiques qu’ils ne savent plus quoi faire » et il ajoute « Ils (opposants) sont si assommés qu’ils disent qu’ils vont aller aux Etats Unis, pour se plaindre », il poursuit « ces gens-là ignorent qu’aux Etats Unis, il n’y a qu’une élection présidentielle à un tour », il ne s’en arrête pas là et renchérit  « et puis, moi, je ne comprends pas pourquoi ces gens-là, qui se plaignent toujours d’un projet monarchique qu’ils me prêtent sont ébranlés à ce point. Au contraire, ils devaient se réjouir du projet adopté en Conseil de ministres, car ayant tous les pouvoirs, j’ai décidé souverainement de les partager avec un vice-président », malgré tout, il éprouve encore un double sentiment : « je les comprends, mais je plains aussi mes adversaires politiques » a-t-il ajouté. Et il affirme péremptoire: « ces gens-là  savent que les carottes sont cuites pour eux, compte tenu de la détermination dans les rangs du PDS ». Et il les plaint, car « dans leur affolement, ils ne savent plus quel discours tenir ».
Ce qui frappe de prime à bord, sur ces déclarations, c’est la vanité de l’auteur qui dissimule de sérieuses craintes par un show  médiatique qui ne peut tromper personne. En vérité, Me Wade n’a jamais dépassé à lui tout seul les 25% des suffrages exprimés, sinon rarement. Voilà qui explique la barre du taux des 25% qu’il fixe en connaissance de cause. Ensuite, il confirme inconsciemment  et de façon éloquente que le projet monarchique qu’on lui prête est bien fondé, en affirmant : « qu’il a tous les pouvoirs et a décidé souverainement de les partager avec…. ». Est-il un souverain alors ? Et se trouve –t-il dans une monarchie ? Le discours est tout comme. Pour Abdoulaye Wade, le pouvoir, ce n’est pas un sacerdoce mais une arme redoutable pour acquérir plus de puissance dans tous les domaines. Ainsi, l’homme comprend tout faux ! En tout cas, en démocratie et en république, la souveraineté n’appartient qu’au seul peuple, constitué de citoyens libres, et non de sujets, qui n’ont aucun droit.
Par ailleurs, si Me Wade est si sûr de sa popularité et du soutien de la majorité des Sénégalais comme il le plastronne à travers ses propos fanfarons, et également pour être conséquent avec lui-même, pourquoi ne mettrait-il pas alors son honneur en jeu, en soumettant  tout simplement son projet de loi constitutionnelle, au référendum, pour permettre au peuple sénégalais de se prononcer librement et souverainement ? C’est cela la vraie question. Mais pourquoi Me Wade craint-il la voie référendaire sur les questions qui engagent l’avenir de la nation et les fondamentaux de l’Etat de droit ? Mais pourquoi se réfugie-t-il toujours derrière un parlement composé la plupart, de pantins en lieu et place de représentants authentiques du peuple ? A l’exemple du Général De gaule, si Me Wade est bien, ce qu’il prétend être, je suppose un homme d’honneur, nous lui lançons un défi  à la face du monde, d’oser soumettre son projet au peuple sénégalais par référendum. Et qu’il s’engage devant les Sénégalais, à demander un vote de confiance, à l’issue duquel, s’il est désapprouvé par un vote négatif, il rendrait dignement le tablier, à celui qui est véritablement souverain, le peuple sénégalais.
Mais un homme de dignité et d’honneur comme De gaule, ne souffrait pas que sa parole ait été mise en doute. Evidemment, tel n’est malheureusement pas le cas pour Abdoulaye Wade, dont le nom est synonyme de reniements et de dénégations, sans parler du non-respect  des institutions de la République. Pour Rappel, De gaule avait aussitôt démissionné le 28 Avril 1969, c’est-à-dire, le lendemain de sa défaite. Lui, c’était un homme qui avait le courage de ses opinions, le respect des institutions et du peuple français. C’est tout le contraire de Me Wade qui ne s’offusque  jamais d’être désavoué, même plusieurs fois, mais, il n’en tire jamais les conclusions qui s’imposent à lui. Mais pourquoi ?
Aujourd’hui et à l’heure où nous parlons, il n’existe dans notre pays que deux camps très distincts. Il s’agit de celui du pouvoir, qui prend en otage tout le peuple sénégalais pour se maintenir vaille que vaille au pouvoir. Et, le camp du peuple, pris en otage avec toutes les forces vives patriotiques qui défendent le respect des institutions, des droits et libertés fondamentales des citoyens, sans exclusive.
Alors, nous sommes légitimement en droit de nous demander, qui arrêtera les folies de ce régime  libéral, sous la conduite de Me Wade, qui veut anéantir la nation sénégalaise pour ses visées personnelles. La volonté de Wade, de mener notre pays vers une crise sans précédent est claire. Il doit être le motif évident et suffisant pour tous ceux qui sont opposés à ce projet diabolique, de s’unir le plus largement  possible autour de l’essentiel. Et cet essentiel, n’est rien d’autre, que de  faire partir Wade avant qu’il ne soit trop tard. Aujourd’hui le danger le plus imminent et le plus grave pour notre pays, c’est Abdoulaye Wade, président de la République.
Le silence  fort regrettable des principaux chefs religieux musulmans du pays à ces moments cruciaux que traverse  notre pays, constitue un fait grave très inquiétant pour les citoyens. C’est un silence qui ne peut trouver aucune justification valable à  nos yeux. Ces chefs religieux doivent se prononcer clairement et choisir leur camp, comme l’ont fait si admirablement, nos frères chrétiens, de manière claire et nette. Si,  comme cela se susurre, c’est à cause de l’argent que  Wade distribue à certains d’entre vous, qu’ils gardent le silence, qu’ils sachent bien que Dieu ne dort pas. Il  est témoin et a l’œil sur les actes de chacun de nous pose. Il est encore temps pour vous, de vous ressaisir, en disant au pouvoir, notamment à son chef, les yeux dans les yeux, d’arrêter ses provocations, qui  lui servent de prétexte pour assassiner les citoyens, qui  ne réclament que leurs droits légitimes. Nous espérons que nos marabouts cesseront dorénavant d’être au servir d’un homme, qui ne cesse de transformer nos valeurs les plus chères, en des vices les plus abjects, depuis son arrivée au pouvoir. A cet effet, les guides religieux musulmans ont l’impérieux devoir, non seulement d’honorer la mémoire du vénéré Serigne Abdoul Aziz Sy Dabakh, mais de perpétuer son œuvre.
Les députés pour leur part, sont mis devant leurs responsabilités. Et, ils seront jugés demain par l’histoire. Aucune excuse pour une raison quelconque ne leur sera accordée dans le cas présent, s’ils votaient une telle loi, source de tous les dangers qui pourraient anéantir tous les sacrifices que notre peuple a consentis des décennies durant, pour asseoir des institutions démocratiques, fiables, républicaines gages de stabilité et paix sociale pour la nation sénégalaise. Ils sont interpelés tous, mais en particulier leur président, Mamadou Seck. Lui qui avait marqué positivement ses concitoyens, en démissionnant  à l’époque de son poste de ministre des finances, pour laver son honneur, parce qu’il avait été mêlé à une affaire de malversation financière. Aujourd’hui, encore plus qu’hier, des charges et des responsabilités plus lourdes pèsent sur vous, face à votre peuple qui vous observe.
Un président de la république, ce n’est pas un roi. Il faut que tout le monde se tienne pour dit. C’est un élu qui doit rendre compte à ses mandants, qui doit être au service des populations et non au-dessus des populations. Il doit agir dans la légalité, en conformité avec les institutions et les lois de la république. Il doit, comme le lui recommande son serment, être le gardien de la constitution, des libertés fondamentales des citoyens et non de les violer avec flagrance et constamment, comme c’est le cas actuellement.
TOUCHE PAS A MA CONSTITUTION.
Mandiaye Gaye
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