L'Otan outrepasse la résolution du Conseil de sécurité en Libye censée protéger les civils pour obtenir un changement de régime et commettre des assassinats politiques, a affirmé hier le président sud-africain Jacob Zuma.

"Nous nous sommes fortement exprimés contre le dévoiement des bonnes intentions exprimées dans la résolution 1973, qui était co-parrainée par la Ligue arabe et des pays africains au sein du Conseil.

Nous croyons fermement que cette résolution est détournée pour obtenir un changement de régime, pour des assassinats politiques et pour une occupation militaire étrangère", a déclaré M. Zuma dans un discours au Parlement. Fin mai Jacob Zuma, mandaté par l'Union africaine, s'était rendu à Tripoli pour rencontrer Mouammar Kadhafi et tenter une médiation mais avait échoué.

Depuis Tripoli il avait estimé que les raids de l'Otan en cours sapaient la médiation africaine en faveur de la paix en Libye, affirmant par ailleurs que le dirigeant libyen en avait accepté la feuille de route. "Toutes les parties doivent respecter les droits de l'Homme et se conformer au droit humanitaire international", a martelé hier le président sud-africain. Tout en ayant voté la résolution imposant une zone d'exclusion aérienne, l'Afrique du sud a régulièrement condamné les bombardements aériens en Libye, tout en condamnant également les attaques contre des civils perpétrées par le régime du colonel Kadhafi.

                                                                                                             Écrit par AFP.