« Les institutions sont la garantie du gouvernement d’un peuple libre contre la corruption des mœurs, et la garantie du peuple et du citoyen contre la corruption du gouvernement. » [Saint –Just] Extrait des Fragments sur les institutions républicaines.
Les fracassantes et terribles révélations du Premier ministre à propos des fonds politiques ont fini maintenant de convaincre les plus septiques d’entre nous, que nous n’avons pas des hommes d’Etat, mais un club de prédateurs à la tête de notre pays. Aujourd’hui, il n’y a plus de doute, car il est devenu net et clair pour tout honnête Sénégalais, que les prétendus fonds secrets ou politiques – l’appellation important peu- sont détournés totalement de leurs  véritables objectifs.
En effet, le président de la République utilise ces fonds, non pour l’aide et l’assistance aux nécessiteux et déshérités nationaux comme étrangers, aux peuples en lutte pour leur libération nationale ou victimes d’une catastrophe, etc., mais pour corrompre essentiellement toutes ces âmes cupides, errantes à la recherche d’un bien mal acquis. Parmi ses victimes, on note surtout, cette race de personnes sans probité ni éthique, qui ont une soif inextinguible d’argent et du luxe insolent. Leur faiblesse innée, les fait succomber et perdre toute maitrise à la première vue ou au contact de l’argent, des biens matériels et autres sinécures. C’est un scandale monstrueux qui devrait déshonorer en principe tout le sommet de l’Etat, et même devrait les pousser, s’ils avaient un tant soit peu de décence et de scrupule, à quitter le pouvoir aussitôt. C’est d’autant plus grave encore pour notre pays, par le fait que cette pratique répugnante a pour chef de file et principal acteur, Me Wade, qui se trouve être le chef de l’Etat dans le même temps. Il faut le dire quand même, nous n’avons jamais dans le passé, connu, avec une telle ampleur, une corruption aussi profonde au sommet de la République, impliquant même, les personnalités politiques, religieuses, civiles, militaires et autres autorités de l’Etat. Le Premier ministre, toute honte bue,  vient de mettre à nu une pratique de corruption active et de mal-gouvernance caractérisée, en nous révélant crument, comment et à quoi, les ressources nationales qui ne leur sont que confiées, sont utilisées ou destinées à des fins ignobles par le président de la République. Quelle Honte !
Sans doute, certaines âmes sensibles ont été frappées  de stupeur en apprenant la nouvelle, parce que loin d’eux d’imaginer ou de soupçonner un seul instant, une telle possibilité à ce niveau élevé de l’Etat. Ensuite, certaines personnes parmi les bénéficiaires de tels privilèges –le partage des deniers de la nation entre les gens qui nous gouvernent et leurs amis- passaient aux yeux de certains Sénégalais, pour des gens propres et incorruptibles, parce qu’elles passaient tout leur temps à dénoncer publiquement ce mal. A ce titre, peu de gens les croyaient être capables d’affamer leur peuple, en lui ôtant le pain de la bouche cyniquement, car, c’est bien de cela qu’il s’agit effectivement. En acceptant un « salaire » provenant des deniers publics sans contrepartie équivalente par un travail effectif au service de l’Etat, il n’y a pas un autre mot, pour qualifier un tel fait, que voleur ou corrompu ; et celui qui le donne, sachant tout à fait que ce n’est ni un dû, ni un bien qui lui est propre,  est un receleur ou corrupteur, c’est aussi simple que cela.
Ceci est l’une des raisons qui m’amène à dire souvent, que le citoyen conscient de ses droits et devoirs, a la lourde  responsabilité de veiller et de comprendre, comment doit se faire la gestion des affaires publiques de l’Etat. Et toute indifférence d’un citoyen par rapport à la surveillance des  biens, communs à nous tous, est une démission citoyenne, qui permet à la longue, d’ouvrir grandement les portes au pouvoir en place, pour s’adonner aux abus de biens sociaux et à la corruption de grande envergure. La surveillance doit se faire en amont comme en aval. Autrement dit, la surveillance est valable aussi bien pour ceux qui gèrent présentement, que pour ceux qui aspirent à vouloir gérer demain, le pays. Il faut mettre fin aux fonds politiques dans sa forme actuelle, car ils ne constituent, qu’une arme de corruption massive entre les mains du président de la République.
Il est de notre responsabilité en tant que citoyen et électeur de bien examiner et connaitre à fond les hommes qui se présentent à nous dans leur contour, avant de leur confier des responsabilités, et même au-delà, une fois élus, pendant  qu’ils gèrent les deniers publics. Nous ne devons jamais baisser la garde ou les quitter des yeux, parce vigilance oblige.
La leçon que nous devons tirer absolument de l’alternance, et qui devrait vraiment nous servir une fois pour toutes à l’avenir, c’est celle d’avoir donné naissance d’une pratique de gestion libérale, d’une monstruosité innommable. Ce qui  en une décennie a déréglé, dérégulé, déconstruit pour finalement détruire tout le système économique, administratif, éducatif, social, etc., qui était dans une certaine mesure  un embryon d’un Etat de droit à consolider. C’est effectivement cette erreur monumentale que nous payons au prix fort actuellement, que nous devons retenir, comme une leçon historique, pour nous guider dans un futur proche et sur  nos choix à tout point de vue, dans la refondation de la République. En nous rappelant toutefois l’adage : « que tout ce qui brille n’est pas de l’or »
Notre pays  qui se trouve à la croisée des chemins en ce moment précis, est devant un dilemme. Il nous manque essentiellement des citoyens dans le sens plein du terme. Ce qui est un handicap majeur pour l’existence d’une république achevée à tout point de vue. Le Sénégal sous Abdoulaye Wade, semble être habité en majorité, que par des sujets soumis et dociles, plutôt que des citoyens  libres capables de se déterminer à chaque fois que de besoin, d’analyser et de pouvoir distinguer le bon grain de l’ivraie. Devant des prétendants, parmi lesquels, se dissimilent sans doute des individus de mauvaise foi, roublards, cupides, hâbleurs, populistes, démagogues, opportunistes de tout acabit, etc., il faut non seulement des citoyens libres et avisés, mais et surtout  aussi, aguerris et rompus à la tâche pour déceler les vices cachés. Par ailleurs, qui puissent veiller et comprendre comment doit fonctionner un Etat de droit, précisément une république dans le fond et la forme. D’où la nécessité, que les citoyens doivent connaitre et maitriser parfaitement leurs droits et devoirs, afin d’être à l’abri de manipulations par les derniers venus. Cette expertise leur permettra également de bien  jouer leur rôle, en s’opposant catégoriquement aux fossoyeurs de la république à tout point de vue.
Si de telles pratiques de corruption sont devenues possibles et monnaie courante, caractérisant de façon indélébile le régime libérale, c’est parce Me Wade a trouvé un terrain fertile dans le pays qui remplit toutes les conditions de la propagation de cette contrevaleur. Me Wade est parvenu à ses fins en fabriquant dans le pays, des riches artificiels sortis du néant, mais en faisant disparaitre dans le même temps  de ces individus, toutes valeurs humaines qu’un homme digne devrait incarner. Il a ôté de ces gens toute fibre patriotique et remplacé par celle de la traitrise  et la cupidité, il a introduit de même chez eux, les vices à la place des vertus. Tout ceci vient confirmer mon ouvrage interdit de vente ici et intitulé: « Le Sénégal sous Abdoulaye Wade –Banqueroute, corruption et liberticide » Nous y sommes vraiment en plein.
Ainsi, avec le régime libéral, tous les milieux de la société sénégalaise est gagnée par la corruption. Elle est même devenue une gangrène par la profondeur de son enracinement dans tous les secteurs d’activité de la nation. Avec l’alternance, les fonds mis à la disposition de la présidence de la République, ne servent maintenant, qu’à acheter la dignité, l’honneur, la probité morale, l’éthique en un mot la conscience de certains Sénégalais. Me Wade tente par la magie ou la puissance irrésistible qu’il attribue à l’argent, d’effacer totalement des Sénégalais, toute valeur de dignité dont un citoyen ou un homme tout court devrait se prévaloir dans une société humaine. En effet, sous le régime libéral, nous avons constaté que, devant l’argent, les honneurs éphémères, les prébendes et autres sinécures, des hommes ont  préféré se renier et balayer toutes leurs convictions qui étaient supposées fortes, ont renoncé à des amitiés de longue date ou abandonné des parents contre ce que Wade considère comme son Dieu, l’argent. Ces hommes sont devenus de vulgaires esclaves ou sujets au service exclusif de celui qui ne tient  que simplement et momentanément la bourse. Car ce n’est pas son bien propre mais celui de toute une nation. Me Wade dans le beau rôle de distributeur automatique de nos deniers, se montre très généreux à l’égard de tous, sauf au véritable ayant-droit, le peuple sénégalais qui, lui trinque ou manque de tout presque. Il fait même semblant d’oublier, qu’il n’en est que le simple gardien d’un moment donné et qu’un jour, il devra rendre compte au peuple, avec tous ceux qui ont indument profité de ces privilèges et largesses sur nos ressources nationales, durant ce passage à vide allant de 2000 à nos jours, qu’il a provoqué sciemment. Tous ceux qui se sont donnés à cœur joie dans le partage de ce butin volé à la nation sénégalaise, doivent se le tenir pour dit. Ils sont considérés comme bénéficiaires d’un vol organisé, par conséquent, des voleurs au même titre que le principal prédateur chef de gang, qui cherche à mouiller le plus de monde possible, pour ultérieurement et sans doute demain, partager les peines avec eux. Il est évident qu’aucune excuse ou un pardon, pour une raison quelconque, en faveur de ceux qui ont participé à ce pillage de près ou de loin, ne seront acceptés valablement dans ces circonstances-là ! Surtout pour celui, qui est convaincu que les gens avec qui il a cheminé, étaient des voleurs notoires – dixit Landing Savané- qui déclarait lors de la campagne présidentielle en 2007, « On peut cheminer avec des voleurs aussi longtemps que possible sans être un voleur ». Impossible ! Selon l’adage : « Dis-moi qui tu fréquentes et je te dirai qui tu es »
Pour toutes ces raisons, il serait vraiment salutaire que cette fameuse liste rouge ou noire soit publiée le plus rapidement possible, pour permettre la clarté dans l’espace social et politique. Elle permettra également au peuple sénégalais de faire le discernement et de savoir qui est qui réellement. Ainsi, tous les hypocrites, les prédateurs et fossoyeurs de la République, les renégats et faux révolutionnaires qui se cachent derrière des masques seront mis à nu et connus de nous tous, avec des preuves irréfutables à l’appui  bien évidemment. Mais, est-ce qu’ils oseront d’ailleurs la publier, cette fameuse liste ? wait and see ! Le temps est le meilleur juge.
Ensuite, pour une raison de bon sens et de décence, toute cette catégorie d’individus et de quelque bord qu’ils puissent appartenir, ne nous ferons pas l’injure de prétendre se présenter devant les Sénégalais, pour demander leurs suffrages.
Les citoyens patriotes ont en tout cas, l’impérieux devoir de bien observer et d’aller aux informations afin de pouvoir objectivement apprécier et déceler au sein de la classe politique, parmi les personnalités de la société civile, ceux parmi eux, qui auraient eu à tremper dans cette entreprise de malfaiteurs de grande envergure. Entreprise ayant conduit aujourd’hui, tout le pays à être à genoux, pour faute de ressources nécessaires à notre développement. Tous ceux qui sont impliqués dans ces pratiques de corruption à travers les fonds politiques, devront être écartés systématiquement et définitivement, de toutes compétions, sollicitant notre confiance et le suffrage des électeurs. Il est temps enfin, pour tous les Sénégalais, que nous cessions d’élever les gens au rang d’idoles, de leaders charismatique ou de messies, sur la base de simples discours ou exhibitions théâtrales  hors du terrain de la pratique, seule preuve valable, après que nous ayons eu à pratiquer l’éprouvante et catastrophique expérience de Me Wade et son clan, durant 11 longues et pénibles années, pour rien, si ce n’est des échecs ou promesses non tenues. Alors ça suffit maintenant la corruption érigée en système de gouvernance, n’a que trop duré !

« Mieux se tromper en agissant que de refuser d’agir. La stagnation est pire que la mort, elle est aussi corruption ».
William Gilmore Simms
(Extrait de discours)

Mandiaye Gaye
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