Trois questions à… Amadou Niang, ministre du Commerce : Promouvoir le partenariat pour partager les charges.
Quel est le sens de ce forum économique dédié au Sénégal ?Cette
journée de lancement de la semaine économique sénégalaise à Paris est
significative, parce qu’elle intervient dans un moment où toutes les
institutions internationales, mais aussi les Etats et les collectivités
locales reconnaissent le rôle du privé comme moteur du développement.
Cette reconnaissance est à la limite obligatoire dans le contexte du
monde actuel. Mais c’est le fait de placer le secteur privé dans la
position qui est la sienne qui est difficile. Ceci, c’est d’abord
promouvoir un partenariat public-privé. Et ce partenariat a cela de
pertinent qu’il amoindrit le coût et pour le public et pour le privé.
Parce que s’il n’y a que le secteur privé, c’est ce secteur seul qui
prend en charge tous les investissements, et s’il n’y a que le public,
c’est lui qui prend les investissements. Donc quand il y a partenariat,
on partage au moins les charges. Et c’est cela qui est le plus
important.
La France reste le premier pays investisseur au Sénégal mais sa part est en baisse. Comment l’expliquez-vous ?De
manière générale, l’activité économique a fléchi quelque peu depuis des
années. La première raison, c’est la diversification. Après les
Indépendances, il y a eu un commerce axé sur l’ancienne métropole (…) Il
fallait donc désaxer le commerce des anciennes métropoles, pour aller
chercher les avantages. Parce que si vous axez tout votre commerce sur
un seul pays, vous ne cherchez pas des avantages comparatifs (…). Le
Sénégal a commencé à importer d’Asie, d’Europe de l’Est, d’Australie et
de tous les autres pays du monde. Il a aussi commencé à vendre dans tous
les pays du monde. Donc cette diversification implique une appréciation
comparative ; ce qui fait que la distribution de l’échelle change.
C’est ce qui explique le fléchissement de notre commerce extérieur avec
la France (...).
Dans quels secteurs de l’économie sénégalaise les Français investissent-ils le plus ?Il
y a une concentration d’activités françaises dans la pêche, dans le
tourisme et au niveau des services. Même s’il est vrai que nous avons
une vraie perspective dans l’agriculture, aussi bien pour les Français
que pour les Indiens ou Chinois (…).
thdiallo@lequotidien.sn