A l’ouverture de la réunion de consultation régionale, dans le cadre de la célébration du dixième anniversaire de l’Année internationale des volontaires (Aiv), Mme Flavia Pansieri, coordonnatrice exécutive du Programme des volontaires des Nations unies, a plaidé pour que le volontariat soit inscrit en bonne place dans l’agenda prioritaire du développement.
Célébrer le volontariat en tant qu’expression de notre humanité et en tant que moyen de promouvoir le respect mutuel, la compréhension, la confiance, la solidarité et la réciprocité. Tel est le sens de la réunion de consultation régionale entamée hier à Dakar par le Programme des volontaires des Nations unies pour les pays francophones. Il s’agit ainsi d’œuvrer à une meilleure reconnaissance mondiale de la contribution du volontariat à la société, au développement et à la paix.
A cet effet, Mme Flavia Pansieri, coordonnatrice exécutive du Programme des volontaires des Nations unies, regrettant que le volontariat ne soit pas encore totalement reconnu dans la planification des gouvernements, ni au niveau de la communauté internationale, a souligné la nécessité de « mettre le volontariat dans l’agenda prioritaire du développement ».
Selon elle, le volontariat peut jouer un rôle essentiel dans l’achèvement des Objectifs du millénaire pour le développement (Omd).  Mais « il faut avoir une vision à long terme et promouvoir une plus grande participation des citoyens et reconnaître toute l’importance de cette contribution dans l’effort du développement global », ajoute Mme Pansieri, ouvrant la voie à une « coalition mondiale » pour soutenir le volontariat par le biais du lobbying.
La rencontre de Dakar, qui réunit actuellement des représentants de quarante-sept pays d’Afrique et d’Haïti, vise donc à partager des idées et à créer une synergie afin de forger une voie à suivre pour un volontariat mieux reconnu et plus bénéfique pour l’humanité. C’est donc l’occasion de « partager les bonnes pratiques » et de mettre en place un réseau permettant de « renforcer l’agenda régional du volontariat en termes de partenariats, de priorités thématiques et de renforcer les comités nationaux Aiv ».
Le choix du Sénégal pour la célébration de cette Aiv+10 n’est pas fortuit. Pour avoir su créer un environnement propice au volontariat, il est cité comme « un excellent exemple de la façon dont un pays a constamment gardé le volontariat à l’ordre du jour ». En effet, d’après Diakaria Diaw, ministre d’Etat et Secrétaire général de la présidence de la République, qui présidait la cérémonie d’ouverture, le gouvernement sénégalais a très tôt compris l’importance du volontariat comme outil de développement.  Et dans cette perspective, après la célébration de l’Année internationale des volontaires en 2001, le Sénégal avait mis en place un comité de suivi transformé à un programme Aiv qui s’est efforcé d’assurer la visibilité de l’action bénévole à travers la célébration annuelle de la Journée internationale des volontaires (le 5 décembre).
Ce comité de suivi, dont la mission a été redéfinie, a ainsi donné naissance au Comité national de coordination et de promotion du volontariat (Cncpv), qui vise à mieux intégrer le bénévolat dans le programme national de développement.  D’autres actes ont été posés, par la suite, pour la formulation d’un cadre légal et réglementaire, note M. Diaw. Il s’agit notamment du lancement, en 2009, d’un processus visant à concevoir une loi sur le volontariat (en cours) et la mise en place d’une Maison des bénévoles.  26 volontaires des Nations unies sont actuellement engagés au Sénégal dans le cadre des différentes agences du système onusien.
Pour Mme Bintou Djibo, représentante-résidente du Pnud et coordonnatrice du Système des Nations unies au Sénégal, le volontariat est plus que jamais un instrument de promotion des Omd, d’autant plus que le contexte actuel est marqué par une crise multiforme (économique, alimentaire, financière, énergétique, crise de l’emploi) caractérisée par une rareté des ressources. C’est pourquoi, dit-elle, « le volontariat est un moyen efficace pour engager les acteurs à s’attaquer aux défis de développement et il peut transformer le rythme et la nature du développement ».  Pendant ces deux jours, les participants vont notamment échanger sur des exemples spécifiques de volontariat contribuant aux priorités nationales, régionales et mondiales et plancher sur l’élaboration de plans de partage des connaissances et le renforcement des suivis sur la collaboration à l’échelle nationale et régionale.

Seydou KA.