Une délégation du Directoire de Bës Du Йiak, sous la conduite de son président Mansour Sy Jamil a rendu visite, à Aliou Diack, un des leurs en grève de la faim, ce Samedi 21 mai 2011. Visite au cours de laquelle, nous avons été amenés à prendre la pleine mesure, de visu, des véritables enjeux, qui sont attachés effectivement sur les fertiles terres de Mbane.

Rappelons l’historique de cette monstrueuse affaire de supercherie et d’escroquerie politique dont les populations de Mbane sont victimes pour la deuxième fois, par une mesure arbitraire d’un soi-disant décret, qui ordonne un nouveau découpage de la communauté rurale de Mbane. Ce décret de découpage, s’il est effectif, rentrerait en contradiction avec la volonté populaire exprimée librement les citoyens concernés lors des élections locales de 2009. Il violerait aussi gravement, les principes élémentaires qui sous-tendent la démocratie tout court. En effet, les populations de Mbane ont élu démocratiquement par le suffrage universel, la liste de Benno et aussi Aliou Diack comme le président du Conseil rural. Comme il est connu de nous tous maintenant, Me Wade parle de démocratie mais ne la pratique jamais, parce qu’il est par nature, antidémocrate. Le pouvoir libéral avait décidé une première fois, de casser les élections avec la complicité du Sous-préfet et du tribunal départemental de première instance, sous le prétexte fallacieux, que les électeurs ont été empêchés  –par qui ?- de s’exprimer librement. Déboutés par la Cour d’appel, nos gouvernants tropicaux, complètement en déphasage avec la réalité de l’actualité, tant au plan international que national. En vérité, malgré tout cela, ils ne s’avouent toujours pas vaincus. C’est ainsi, qu’ils changent de fusil d’épaule, en utilisant cette fois-ci, l’arme du décret présidentiel pour à nouveau, vouloir reprendre le mandat que le peuple a démocratiquement confié, à une partie de ses enfants, choisie à travers le suffrage universel.
Les objectifs  visés, par nos autorités étatiques à travers cette opération antipatriotique et tout à fait inopportune économiquement, sont de deux ordres, à savoir : déposséder les véritables ayant-droits des terres de leurs ancêtres, que sont les populations autochtones de Mbane, qui la cultivent depuis des siècles et  pour qui, ces terres constituent à plus d’un titre, leur unique source de revenu. Mais pourquoi diantre ? Ensuite, pour donner ces terres à vil prix, aux paysans à col blanc et autres spéculateurs fonciers et, également aux multinationales et opérateurs économiques nationaux véreux. Par ailleurs, au plan politique et administratif, destituer les élus authentiques des populations, par un simple décret du président de la République, pour les faire remplacer par une délégation spéciale, qui y sera installer pour exécuter tous les desseins politiques hors- la loi  de Me Wade, en fait ce qu’il n’a pas pu obtenir par la voie du suffrage universel. C’est triste de voir de telles pratiques s’exercer dans un Etat, qui prétend être celui de droit et, au service des populations pour la satisfaction de leurs besoins sociaux, économiques et culturels.
Cette cérémonie organisée à Mbane dans le cœur du Walo, ressemblait à tous égards, à l’appel à la cause de la patrie en danger, au regard de la présence massive des populations du village, aussi bien au niveau des femmes, des hommes que des jeunes. Elle a été l’occasion pour nous, de constater, chez tous  les conseillers ruraux en grève de la faim, à la tête desquels, se trouvait Aliou Diack, leur président de Conseil rural ; au-delà de l’émotion provoquée par ce spectacle affligeant de l’état de santé des grévistes, du courage exemplaire face à la faim et la soif, de l’attitude hautement citoyenne et du patriotisme tout à fait affirmé, dont ils ont fait montre. Nous avons noté aussi, à travers leur mobilisation exceptionnelle,  avec quel degrés de détermination, les populations de Mbane  étaient si attachées à leurs terres natales. Les chants qu’ils ont dédié à cela comme par exemple : « Cultivez les terres mais ne les vendez pas sinon, Walo reprendra ses terres »  ou bien « Vendez le lait caillé plutôt et non les terres culturales sinon,  le propriétaire les reprendra », etc., en attestent éloquemment.
A cette occasion, Mansour Sy Jamil a délivré un message de soutien non seulement du Directoire de Bës Du Йiak mais de l’ensemble des forces vives et patriotiques  en lutte pour le respect strict de l’expression démocratique et populaire des citoyens, mais aussi de tous les citoyens sénégalais épris de paix et de justice sociale, militants de la légalité constitutionnelle et des lois de la République. Il est revenu aussi sur la similitude entre l’attitude de Laurent Gbagbo sur sa tentative de refuser le résultat du suffrage universel du peuple ivoirien en faveur de Ouattara et celle de Me Wade, à refuser par des stratagèmes et autres subterfuges, le verdict sans appel des urnes, exprimé à travers le suffrage universel en faveur de Aliou Diack, le 22 mars 2009.
Ce combat est celui de tout le Benno ou en tout cas devrait l’être, à ce titre, son poids ne devrait pas être supporté par la seule communauté rurale de Mbane. La lutte pour le respect des droits et libertés des citoyens sans exclusive, est celle que devrait partager, tous ceux qui se battent pour le départ de Me Wade le plus tôt possible. Elle est également pour ceux qui adhèrent aux conclusions des Assises nationales  et pour l’application la charte de gouvernance démocratique, en vue de la refondation nécessaire de la République. Au regard de la pratique sur le terrain, tel ne semble pas être le cas dans l’affaire de Mbane. Voilà pourquoi, nous devons rectifier le tir ou plutôt l’ajuster  avec précision en direction de l’objectif commun et aussi de l’adversaire commun.
Bravo et félicitations aux populations de Mbane, pour l’exemplaire détermination qu’elles viennent de donner à tous les élus du Sénégal, mais particulièrement, à ceux de Benno.

                                                                                                                                   Mandiaye Gaye.