Le peuple ivoirien a perdu beaucoup de ses enfants et le pays détruit, au plan économique, social et culturel sans parler de la tentative malheureuse de division du pays en deux, par la bêtise de Laurent Gbagbo, un homme mégalomane tout à fait sans mesure. Sa responsabilité dans la situation actuelle de son pays est entière. Et à ce titre, il doit être sévèrement sanctionné pour qu’il ne fasse pas d’émules dans le continent. Il s’est conduit en véritable provocateur, dans l’optique de figurer peut être comme un martyr, pour son peuple. En voici encore un professeur d’histoire, qui n’a rien compris du tout, comment s’écrit l’histoire et non les histoires.
Le cas de Laurent Gbagbo est un cas spécifique, parmi tant d’autres de certains dirigeants africains qui se proclament avec beaucoup de sonorité, militants d’une certaine gauche révolutionnaire et progressiste. Mais en réalité, ils ne sont que de vulgaires dictateurs rampants, assoiffés de pouvoirs encagoulés et foncièrement antidémocrates. La mission que l’on attendait parfaitement de ces prétendus hommes de gauche était qu’ils puissent remplir et créer les conditions de mieux être à leurs peuples, à savoir : amener leur peuple vers le bien-être, le développement économique, social et culturel et aussi la liberté et de ne pas renvoyer au calendre grec ou aux orgies, dès leur arrivée au pouvoir, tous les projets et vœux pieux qu’ils étalaient auparavant.
Laurent Gbagbo est l’illustration parfaite de ce genre d’individus qui cachent tout le temps leur vrai jeu. Il passe tout son temps à pourfendre dans un verbiage révolutionnaire, l’impérialisme et l’occident à travers les différentes tribunes et Assemblées de l’international Socialiste et autres forums des partis progressistes et de gauche. Il s’est comporté ainsi, tant qu’il était encore à l’opposition. Mais une fois au pouvoir, c’est une gestion de tout le contraire, que rien ne différencie de celle de la droite réactionnaire qu’il applique, en s’accaparant avec les siens de tous les pouvoirs et de toutes les richesses du pays. Le bilan de ses dix ans de pouvoir dont cinq illégitimes, en témoigne éloquemment et très largement. Et pourtant, s’il a pu demeurer si longtemps au pouvoir, c’est grâce à l’appui et le soutien effectifs de ces pays occidentaux, notamment la France de Sarkozy qu’il vilipende en cas de nécessité, pour conserver sa coloration de gauche.
Certains prétendus progressistes ou révolutionnaires africains comme Gbagbo, ne font malheureusement que de la figuration et de l’activisme révolutionnaire puéril. Les Denis Sassou-Nguesso, Joseph Kabila, celui  que Le Ché qualifiait très justement de jouisseur, Mengistu Hailé Mariam, Robert Mugabe, Joao Bernardo Vieira, Mouammar Kadhafi et j’en passe, une fois qu’ils accèdent au pouvoir, ils deviennent amnésiques ou en tout cas, ne se rappellent plus ni de l’idéologie ni de la doctrine sociale qui était la leur et qu’ils enfourchaient comme cheval de bataille ou raison d’être. Certains vont jusqu’à refuser de quitter le pouvoir même battus démocratiquement.
Ils se conduisent tous dans la pratique, comme leurs pairs chefs d’Etat africains, réactionnaires, en vulgaires dictateurs et parfois en véritables monarques. Ils  sont tous marqués par le libéralisme sauvage qui domine le monde actuel. Et certains d’entre eux deviennent des sanguinaires et  bourreaux de leur peuple.  Aucun d’entre eux n’a laissé pour la postérité, des réalisations significatives, ou appliqué une politique de progrès économique et social dans le but de soulager tant soit peu les souffrances de leurs peuples respectifs. Autrement dit, pour  permettre à leurs peuples de bénéficier des larges progrès scientifiques et techniques que l’humanité connait en ce moment. Voilà les traits communs de tous ces individus qui se faisaient passer pour des hommes de gauche et qui prônaient soi-disant une politique de gauche.
Les forces de gauche et de progrès de l’Afrique doivent être conséquentes avec elles-mêmes pour ne pas défendre de tels dirigeants qui n’ont que le pouvoir comme finalité, quels que soient les chemins qui y mènent et l’appartenance à la gauche, que de nom. Si nous voulons être considérés comme des gens sérieux  et crédibles auprès des autres peuples des autres continents, il nous faudrait arrêter ce sentimentalisme de solidarité partisane qui fait fi de la réalité sur le terrain, de l’objectivité et de la démocratie tout cours.
Dans le cas de Gbagbo, il est apparu nettement aujourd’hui, qu’il avait bien prémédité son coup, si nous tenons compte de l’importance de l’armement lourd qui était dissimulé par lui en certains endroits. Endroits tenus  si secrètement, que même le Premier ministre de son gouvernement Guillaume Soro, ignorait totalement. L’un dans l’autre, Gbagbo avait réuni tous les ingrédients pour une partition de la Côte d’Ivoire, dans le cas où il perdrait définitivement le pouvoir.
Moralité, il est heureux que Gbagbo ait perdu la face dans le cas présent car, il y a en Afrique quelque part non loin de là, des chefs d’Etat qui sont en embuscade et qui étaient prêts à suivre les pas du boulanger, si jamais il avait réussi son coup.
A bon entendeur salut !

    Mandiaye Gaye
    Gaye_mandiaye@hotmail.com