Aujourd'hui, mardi 22 mars est célébré la Journée mondiale de l'eau sous le thème "L’eau pour les villes : répondre au défi urbain". A la veille de cette journée, la Fao (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture) informe que 1,8 milliard de personnes vivront dans des régions victimes de pénuries absolues d'eau d'ici 2025. Pis, deux tiers de la population mondiale pourraient être exposés à des conditions de stress hydrique.

1,8 milliard de personnes vivront dans des régions victimes de pénuries absolues d'eau d'ici à 2025. Pis, deux tiers de la population mondiale pourraient être exposés à des conditions de stress hydrique. C'est le Département des forêts de la Fao (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture) qui, dans un communiqué, tire ainsi la sonnette d'alarme pour pousser les pays à plus d'attention en matière de protection et de gestion des forêts pour l'approvisionnement en eau propre. 

 Selon Eduardo Rojas-Briales, Sous-Directeur général du Département des forêts de la Fao, les forêts qui font partie des infrastructures naturelles de tout pays "sont essentielles au cycle de l'eau" en ce sens qu'elles "piègent et stockent l'eau". Elles jouent ainsi un rôle important dans l'alimentation en eau de millions d'habitants des mégapoles de la planète. En atteste, aujourd'hui, au moins un tiers des plus grandes villes du monde, comme New York, Singapour, Djakarta, Rio de Janeiro, Bogotá, Madrid et la ville du Cap, tirent une grande partie de leur eau potable des zones boisées. 

De même les forêts "réduisent les effets des inondations, préviennent l'érosion du sol, régulent le niveau de la nappe phréatique et assurent à la population, aux industries et à l'agriculture une alimentation en eau de bonne qualité". Elles contribuent à réduire les risques liés à l'eau -tels que glissements de terrain et sécheresses- à prévenir la désertification et la salinisation et constituent également une couverture végétale optimale pour les bassins hydrographiques. Les bassins versants forestiers répondent à une grande partie des besoins en eau des utilisations domestiques, agricoles, industrielles et écologiques. Ce qui fait que "si les aires de bassins versants forestiers sont bien utilisées, elles peuvent représenter une solution du moins partielle pour les municipalités à l'affût de quantités toujours croissantes d'eau propre" souligne la source. Suffisant que la Fao invite les pays à plus d'attention en matière de protection et de gestion des forêts pour l'approvisionnement en  eau propre.

 La gestion de l'eau et les forêts étroitement liés: Pour une sensibilisation triangulaire eau-sol-forêt
 Mieux, Jan McAlpine, Directeur du Secrétariat du Forum des Nations Unies sur les forêts précise que "la gestion de l'eau et les forêts sont étroitement liés et requièrent des solutions de politique innovatrice qui tiennent en compte la nature complexe de toutes ces ressources vitales". Et, 2011 décrétée "Année internationale des forêts", "constitue une plate-forme unique de sensibilisation sur les questions telles que la triangulaire eau-sol-forêt qui ont impact direct sur la qualité de vie des populations, leurs moyens d'existence et leur sécurité alimentaire". 

Toutefois, dans un nouvel élan sur les forêts et l'eau les pays sont en train de renforcer leurs politiques et projets de reboisement et de gestion des forêts pour accroître les superficies boisées en vue de la protection des sols et des eaux. Les travaux dans les "cours d'eau transfrontières, dont on peut citer un exemple caractéristique : "la gestion intégrée des ressources naturelles du Fouta Djallon"  en Afrique de l'Ouest" entre dans ce cadre.

 Ce projet décennal, parrainé par le Fonds pour l'environnement mondial et mis en œuvre conjointement par la Fao, le Pnue (Programme des Nations Unies pour l'environnement) et l'Union africaine, porte sur huit pays (Gambie, Guinée, Guinée Bissau, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Sierra Leone).   Des cours d'eau internationaux, notamment les fleuves Gambie, Niger et Sénégal, prennent leur source dans le massif du Fouta Djallon. L'agriculture itinérante et la coupe destinée à la production de charbon de bois ont entraîné une déforestation massive et appauvri les ressources en eau de la région. Afin d'améliorer les moyens d'existence locaux et les ressources hydriques, le projet vise à garantir la conservation et la gestion durable des ressources naturelles par la restauration du couvert forestier note le document.
                                                                                                                   par Ibrahima DIALLO.