Le Sénégal des revendications résume, en grande partie, l’actualité du pays. En effet, pas un jour sans qu’une manifestation ne soit enregistrée dans un domaine donné. Récemment, ces contestations ont pris une nouvelle ampleur tragique avec l’immolation, devant le palais de la République, de deux compatriotes, suivie d’autres tentatives de suicide dans les environs du même site, fort heureusement arrêtées à temps. Ce qui dérange, hormis la perte inacceptable de ces vies humaines, c’est le silence, l’autisme du pouvoir libéral.
 
            Certes, on a entendu les errements langagiers d’un certain Mr Lô, ministre du tourisme, appelant à embastiller les opposants qui seraient les instigateurs de ces actes individuels de désespoir. Quand on voit l’état catastrophique, de cette activité vitale pour l’économie nationale, on comprend mieux pourquoi ce monsieur s’attaque à l’ombre plutôt qu’à la proie.  Mais ceci est symptomatique du régime p.d.s comme l’est son autisme. Confortablement logé dans sa tour d’ivoire, le pouvoir est persuadé et se persuade que le Sénégal est dans le meilleur des mondes possibles. Il a sans doute raison de le croire car il y a le Sénégal réel, celui des coupures intempestives de courant, du chômage endémique, des urgences sociales non résolues et il y a le Sénégal…de la corniche ANOCI. Celui des parvenus dont l’existence, dans un luxe insolent, a vu le jour en mars 2000 et qui demeure intimement lié à l’avènement de « l’alternoce ».