Au Japon le plus fort séisme jamais enregistré, suivi par un tsunami avec des vagues de dix mètres de haut frappent le Nord-est de l'archipel. Le bilan officiel mais provisoire est évalué à 3.373 morts et 6.746 disparus. Face à l’ampleur de la catastrophe qui a tout détruit sur son passage 100.000 soldats ont été mobilisés, épaulés par de nombreux secouristes étrangers pour porter secours aux plus de 500.000 sinistrés. A cause de la destruction des centrales nucléaires, une menace radioactive plane depuis deux jours.

Sendai - La crise nucléaire s'est aggravée au Japon après une nouvelle explosion et un incendie à la centrale de Fukushima 1, où les accidents se succèdent depuis le violent séisme de vendredi qui a probablement fait plus de 10.000 morts. Cet enchaînement d'avaries nourrit les vives craintes d'une contamination radioactive dans l'archipel, ainsi que dans les pays voisins comme la Russie ou la Chine.

Mais les autorités japonaises ont affirmé que la radioactivité n'atteignait un niveau dangereux pour la santé que sur le site même de la centrale, autour des quatre réacteurs endommagés. "Contrairement à ce qui s'est passé jusqu'ici, il ne fait pas de doute que les niveaux atteints peuvent affecter la santé des êtres humains", a déclaré le porte-parole du gouvernement, Yukio Edano. Seuls 50 des 800 employés de la centrale ont été maintenus sur le site, situé à 250 km au nord-est de Tokyo.

Par précaution, le Premier ministre Naoto Kan a élargi la zone de sécurité autour de la centrale en appelant les personnes habitant dans un rayon de 30 kilomètres à rester calfeutrées.

En revanche, les 35 millions d'habitants de l'agglomération de Tokyo, la plus importante au monde, n'ont pas besoin de prendre des précautions particulières, selon le gouvernement.

La tension est cependant montée dans la capitale lorsque le taux de radioactivité a légèrement dépassé la normale à la mi-journée, avant de redescendre dans l'après-midi.

Poussés par le vent, ces rejets radioactifs sont consécutifs à l'explosion d'hydrogène qui s'est produite à l'aube dans le bâtiment qui abrite le réacteur 2. L'étendue des dégâts, notamment sur l'étanchéité de l'enceinte, restait incertaine mardi soir.

Une autre explosion a déclenché un incendie dans le réacteur 4, qui était à l'arrêt pour maintenance lorsque le séisme s'est produit. Une hausse de la température a été relevée dans les deux autres réacteurs, 5 et 6, mardi après-midi. Ces explosions sont la conséquence des opérations d'urgence lancées après la panne des systèmes de refroidissement des réacteurs provoquée par le tsunami ayant suivi le séisme de magnitude 9, le plus puissant jamais enregistré au Japon.

Le gouvernement a affirmé exclure "la possibilité d'un Tchernobyl".

L'accident de Fukushima pourrait être le deuxième le plus grave puisqu'il atteindrait un niveau de gravité 6 sur l'échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques, qui en compte 7, selon le président de l'Autorité française de sûreté nucléaire (Asn), André-Claude Lacoste.

"La situation est extrêmement grave (...) Le risque est extrêmement élevé", a estimé le chef de la diplomatie française, Alain Juppé.

De nombreux pays étrangers ont déconseillé les voyages au Japon et recommandé à leurs ressortissants expatriés à Tokyo de partir vers le Sud de l'archipel ou à l'étranger.

Outre le nucléaire, l'autre priorité des autorités japonaises est de porter secours aux plus de 500.000 sinistrés accueillis dans des écoles ou des salles municipales.

Les 100.000 soldats mobilisés, épaulés par de nombreux secouristes étrangers, ont été chargés de répondre aux énormes besoins en eau potable et en vivres et de remettre en état de marche les infrastructures (routes, téléphone...). Aucun trouble à l'ordre public n'a été signalé dans la zone dévastée, où les sinistrés font preuve de stoïcisme et de solidarité.  "Dans les films-catastrophe, on voit toujours des gens hystériques courir partout. Mais ici, c'est vraiment très calme", a témoigné une étudiante canadienne, Jouvon Evans, qui était en vacances lorsque le drame s'est produit.

Le bilan officiel s'est établi mardi soir à 3.313 décès, mais il devrait continuer à fortement augmenter au fur et à mesure de la découverte des corps dans les champs de ruines n'ayant pas été encore fouillés.

                                                                                                                           Écrit par AFP.