Faut-il en rire ou en pleurer ? Certainement, les deux à la fois.
En lisant qu’Abdoulaye Wade se déclarait candidat pour 2012, on est tenté de se demander si le président à toute sa raison. On serait porté en à douter. A 84 ans, officiellement, n’est il pas victime de l’âge des lésions? On est  pris de pitié devant ce vieillard, à qui le peuple sénégalais a donné une opportunité extraordinaire de rentrer et demeurer dans les plus belles pages de l’histoire du Sénégal voire de l’Afrique. Hélas ? Il lui aura suffi de bientôt 11 ans pour montrer ses insuffisances à tous les niveaux. De l’Abdoulaye Wade de 2000 ne subsiste plus rien, hormis le politicien avide de pouvoir.

Abdoulaye Wade est revenu sur tous acquis de la démocratie sénégalaise :
-retour à un septennat, après avoir tripoté la constitution.
-retour à un sénat, dont personne ne voit l’intérêt en dehors d’être une planque dorée pour copains coquins et autres pantouflards du régime.
-retour au conseil économique et social, hanté et rempli par la même engeance.
-menaces sur la liberté d’expression, compromissions dangereuses de l’Etat avec certaines dynasties religieuses et murmures d’une élection à un tour…

            Wade c’est aussi un régime marqué par l’inconstance au sommet de l’Etat. Six premiers ministres en neuf ans, il s’en suit une gestion incohérente des affaires et autres préoccupations de la nation. De fait, depuis son accession au pouvoir, le Sénégal vit en permanence à l’heure de querelles de positionnement animées par ceux chargés de le gérer. Il s’y déroule un activisme politicien entretenu par des médiocres à un niveau médiocre, au point que cette expression sied parfaitement pour évoquer le règne du p.d.s…

            Autre forfaiture issue de l’arrivée de Wade : le népotisme.
C’est avec Wade que la famille, au sens restreint comme au sens large, accède sans vergogne au pouvoir. Tout est presque fait pour la promotion d’un fils, à qui l’on taille un ministère hors mesure afin de lui donner de la visibilité à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Ceci après l’avoir surprotégé d’une gestion douteuse de l’anoci. Une fille aux allures pathétiques pour chapeauter un festival qui a fini en eau de boudin. Tout ceci à quelle fin ? Dans quel sombre dessein ? Au fils s’ajoutent madame Wade intrigante de la république au cœur de certaines nominations de ministres notoirement incompétents. Après la proche famille, la horde de cousins et neveux. Certains éparpillés dans le palais comme  chien de garde nerveux et sans consistance. Le neveu  se vautre à l’assemblée nationale, comme député arrogant, pour veiller sur les intérêts du clan, chargé de faire voter toutes les attaques de l’exécutif contre la démocratie, contre le peuple.

            Il est bien entendu que cette contribution ne permet pas de rendre compte de l’étendue du mal fait au peuple par ce régime. Dans cette mesure, elle ne s’alourdit pas d’exemples que nous vivons dans notre quotidien. On pourra toujours opposer les réalisations de Wade ; nous ne leur accordons aucune valeur, car derrière toutes les réalisations de l’alternance émane une forte odeur de corruption. Il suffit, pour s’en convaincre, de voir la génération de milliardaires spontanée qui se recrute principalement autour des hommes du pouvoir.

            Enfin, si Abdoulaye Wade avait un tant soit peu d’amour pour ce peuple, il se serait borné à organiser en 2012 une élection présidentielle sans y participer pour se ménager une sortie honorable. Mais visiblement il n’en sera rien ; il a atteint un âge où les dirigeants ne peuvent plus que se métamorphoser en tyrans et n’offrir, au mieux, que la dictature à leur peuple (Bourguiba en Tunisie)… ce même peuple est encore, heureusement, en mesure de lui retirer le pouvoir qu’il lui a confié. Il nous reste moins d'un an pour se réinscrire, s’inscrire sur les listes électorales, pour convaincre notre famille, nos amis, nos voisins que 2012 est l’année pour déclarer à qui de droit que LE SOPI SAPINA.

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