Strict Standards: Declaration of MySQLDb::LastId() should be compatible with Db::LastId($seq = '') in /home/sentribune/domains/senegaltribune.com/public_html/lib/mysqldb.php on line 29
Sénéga lTribune - contributions, revue de presse, opinions sur le Sénégal - http://www.senegaltribune.com
Ce qui différencie le Sénégal de l’Egypte et de la Tunisie.
http://www.senegaltribune.com/articles/6804/1/Ce-qui-differencie-le-Senegal-de-lEgypte-et-de-la-Tunisie-/Page1.html
Momar Mbaye
Momar Mbaye est né en 1977 à Thiès, ancien élève de l'école Germaine Le Goff et du Collège Malick Sy à Thiès. Il obtient son Bac en 1998 au Lycée Malick Sy, un Deug de Sciences Politiques et une licence d'anglais à l'université Gaston Berger de Saint-Louis. Momar est titulaire d'un Master 2 d'anglais à l'université de Haute Alsace à Mulhouse en 2006 et d'une licence de Sciences de l'Education et de la Communication en 2008. Il est correspondant aux Dernières Nouvelles d'Alsace à Mulhouse depuis mars 2009.  
Par Momar Mbaye
Publié sur 02/23/2011
 
C’est à la limite une insulte à notre démocratie que de la comparer avec l’Egypte ou la Tunisie, deux pays qui viennent de respirer le vent de la liberté d’expression, après des décennies d’enfermement dans la dictature.

Ce qui différencie le Sénégal de l’Egypte et de la Tunisie.
C’est à la limite une insulte à notre démocratie que de la comparer avec l’Egypte ou la Tunisie, deux pays qui viennent de respirer le vent de la liberté d’expression, après des décennies d’enfermement dans la dictature.

A croire certains observateurs de la scène politique, analystes et leaders d’opinion, le vent de révolte, de protestation et de révolution qui balaie les pays du Maghreb pourrait bien souffler sur les côtes sénégalaises.
C’est en effet méconnaître notre pays et sa culture démocratique malgré les reproches multiples que l’on peut faire au régime de l’alternance et ses scandales à répétition dont les nouveaux font oublier les précédents. Il convient de rappeler à certains politiques que dans notre pays, - qui survit tant bien que mal aux tentatives multiples de musèlement de la presse et autres atteintes à la liberté d’expression, - la seule voie légale pour exprimer son ras-le-bol demeure les urnes, et nulle part ailleurs, en dehors des marches pacifiques garanties par le texte constitutionnel. C’est à la limite irresponsable que de souhaiter ou d’appeler les Sénégalais, de manière voilée, à descendre dans la rue pour demander le départ d’un président démocratiquement élu. Pour l’’Egypte et la Tunisie, la démocratie est une découverte, une notion qui jusqu’ici n’avait rien de concret, un long processus qui mettra des décennies à aboutir. Notre pays, osons le dire, et soyons en flattés, ne boxe pas dans la même catégorie que les « démoctatures » arabes. Les élections y sont régulières, libres et démocratiques, quoiqu’il n’existe aucun pays au monde où le suffrage universel ne souffrirait de contestation. L’Amérique, la plus grande démocratie au monde, en est l’exemple le plus patent, avec l’élection très controversée de Gorge W. Bush en 2000.
Pour en revenir à la comparaison insensée entre le Sénégal et les pays du Maghreb, ces derniers viennent de chasser leur président respectif, et vont, dans les jours qui viennent, le remplacer par un autre après élection. Exactement ce qu’a fait le Sénégal en 2000, de manière démocratique, avec le « Tout sauf Diouf », slogan d’une coalition de partis politiques d’opposition. Dix années après, bon nombre de nos compatriotes semblent regretter la période Diouf ; jamais un régime n’était tombé si bas dans l’impopularité. Les héros de la révolution de 2000 sont devenus ses propres détracteurs pour la plupart, confirmant de fait la théorie d’Albert Camus, qui préférait la révolte à la révolution, car cette dernière consiste tout bonnement à faire ce que les Sénégalais ont fait en 2000, c'est-à-dire remplacer Abdou par Abdoulaye, Diouf par Wade, et Elisabeth par Viviane. Devant l’absence d’un leader charismatique crédible et à même de fédérer l’opposition sénégalaise comme ce fut le cas en 2000, les électeurs seraient tentés de reproduire en 2012 le même scénario qui a porté l’opposant Wade au pouvoir. Faudra-t-il faire partir Wade à tout prix à l’issue des élections de 2012, au cas où le Conseil Constitutionnel autoriserait sa candidature ? Voilà une question qui mérite mûre réflexion, même si entre temps, l’on peut souhaiter à la Tunisie et à l’Egypte la bienvenue dans l’apprentissage de la démocratie.

                                                                                                                                     Momar Mbaye.
                                                                                                                     http://mbayemomar.over-blog.net