Strict Standards: Declaration of MySQLDb::LastId() should be compatible with Db::LastId($seq = '') in /home/sentribune/domains/senegaltribune.com/public_html/lib/mysqldb.php on line 29
Sénéga lTribune - contributions, revue de presse, opinions sur le Sénégal - http://www.senegaltribune.com
Sénégal : Les vœux (imaginaires) du Président.
http://www.senegaltribune.com/articles/6763/1/Senegal--Les-vux-imaginaires-du-President/Page1.html
Momar Mbaye
Momar Mbaye est né en 1977 à Thiès, ancien élève de l'école Germaine Le Goff et du Collège Malick Sy à Thiès. Il obtient son Bac en 1998 au Lycée Malick Sy, un Deug de Sciences Politiques et une licence d'anglais à l'université Gaston Berger de Saint-Louis. Momar est titulaire d'un Master 2 d'anglais à l'université de Haute Alsace à Mulhouse en 2006 et d'une licence de Sciences de l'Education et de la Communication en 2008. Il est correspondant aux Dernières Nouvelles d'Alsace à Mulhouse depuis mars 2009.  
Par Momar Mbaye
Publié sur 02/7/2011
 
« Continuez à boire du thé, mais évitez le jasmin ! »
Sénégalaises, Sénégalères, chers compatriotes, hôtes étrangers qui vivez parmi nous. Je m’excuse d’emblée en ce début d’année 2011...

Sénégal : Les vœux (imaginaires) du Président.
« Continuez à boire du thé, mais évitez le jasmin ! »
Sénégalaises, Sénégalères, chers compatriotes, hôtes étrangers qui vivez parmi nous. Je m’excuse d’emblée en ce début d’année 2011, de vous présenter mes vœux de nouvel an, avec un mois de retard. L’odeur du jasmin qui empeste le ciel tunisien, est passé par là.
Blotti dans mon palais où rien ne manque, illuminé de jour comme de nuit par la Senelec, je ne cesse de penser au sort que le gentil peuple tunisien a réservé au méchant à Ben Ali et à sa famille, comprenez  le «clan Trabelsi » qui avait fait main basse sur la Tunisie. C’est bien fait pour sa gueule, suis-je tenté de dire, excusez ma grossièreté, je suis ému jusque dans mes bretelles ! Cette semaine, quand j’ai appris les ennuis du pauvre Moubarak avec qui j’ai beaucoup de choses en commun, je fus abattu, je vous l’avoue, j’ai failli sombrer dans la déprime même. Je me suis demandé à qui le tour, quel était le prochain président sur la liste ? Ce serait vous cacher la vérité que de vous dire que désormais, je ne dors plus que d’un seul œil.
Au palais, certains de mes proches ont commencé à plier bagages, je leur ai dit qu’il n’y avait pas de quoi s’alarmer, le Sénégal n’étant pas la Tunisie, encore moins l’Egypte. Mieux, mes marabouts sont meilleurs que ceux de Ben Ali et Moubarak réunis. Rappelez-vous, ce sont ces mêmes marabouts qui m’avaient fait croire que mon fils, à qui j’ai confié les ministères du ciel et de la terre, de la mer et des embarcadères, serait élu maire de Dakar en 2009.
Quand je réalise que cousin Ben, convaincu des dires de son « marabout tunisien», s’imaginait encore au pouvoir jusqu’en 2014… Il a plié bagages le lendemain de sa fameuse déclaration à la télévision, alors qu’il jouait encore le rôle de président démocratiquement élu de la Tunisie.
Toutefois, je n’ai pas réussi à rassurer certains de mes collaborateurs sur qui pèsent des soupçons de détournement de deniers publics et d’enrichissement illicite, les « alter-noceurs » comme vous aimez à les appeler. D’ailleurs, ils m’ont fait part de leur intention de rapatrier les fonds exilés à l’étranger, avant qu’ils ne soient gelés, car des pays comme la France n’hésitent pas à lâcher leurs alliés d’antan, une fois qu’ils sont dans la merde. Cousin Ben en sait quelque chose. Voilà pourquoi je tenais à vous annoncer que trois de mes plus proches collaborateurs ont commencé à restituer leurs villas resplendissantes acquises en toute illégalité, des habitations qu’ils n’ont pas pu acquérir avec leur maigre salaire de député, ministre ou PCA. Moi-même, avec mon « salaire » de président, je ne pourrais me permettre un tel luxe.
Oui, j’ai peur, je l’avoue, chers compatriotes, mais je sais que vous m’aimez bien, que vous avez du respect pour les personnes du troisième âge, surtout quand leurs cheveux ont foutu le camp. Vous êtes sénégalais, et ce n’est pas pour rien, vous êtes « civilisés », et vous parlez bien le français, j’en suis ravi.  Dites-moi que vous aimez le thiébou dien ; je sais que vous adorez le thé aussi, surtout après un bon repas. Mais, à partir de maintenant, je vous invite à renoncer au jasmin et à toutes ses dérivées. D’ailleurs il est interdit d’en importer, et d’en consommer, vu les dégâts que cela a occasionnés à Carthage. Contentez-vous du Gunpower, Saddam, ou Baba Maal, avec tous les parfums de votre imagination, mais, s’il vous plait, pas de jasmin, il donne des idées révolutionnaires, il vous fait détester vos dirigeants.
Aux gérants des stations essence, raffineries et autres, gardez-vous de vendre du liquide inflammable à des jeunes aux attitudes suspectes, sans emploi, sans avenir et aux tentations suicidaires. Surtout, ne leur offrez pas des allumettes. Une dernier consigne, signalez-les à la police, s’il vous arrive de croiser leur chemin, ils constituent un danger pour eux-mêmes.
Compte-tenu de tout cela, je prends l’engagement suivant : désormais, je voyagerai moins, je serai à vos côtés jour et nuit. Je fais le pari de rester dans le pays une semaine sans voyager. Croyez-moi, ce n’est pas facile. Lorsqu’on s’est accommodé du « syndrome de la montgolfière », et qu’on a goûté au confort d’un airbus en pleine exosphère, voyageant gratuitement au moins une fois par semaine pendant toute une décennie aux frais du contribuable, on a beaucoup de mal à poser les pieds sur terre. En dix ans de pouvoir, j’aurais passé plus de temps dans mes avions que sur le sol sénégalais. Comprenez-moi, je ne fais que rattraper les vingt-six longues années que vous m’avez laissé moisir dans l’opposition, et je n’en ai pas terminé avec vous. J’aimerais vous dire aussi, veuillez excuser ma franchise, que certains de mes collaborateurs, à force de fréquenter les monarchies du Golfe, et le royaume de sa Majesté Mohammed VI, ont fini par prendre la république pour une cour, et ses institutions pour une basse-cour.
Ne m’en voulez pas de n’avoir pas fait la lumière sur les dossiers Anoci, Fesman, Air Sénégal, ICS, Segura, et autres scandales à venir, de même que ceux que vous avez finis par oublier, je me permets de vous rappeler que vous avez la mémoire courte.
Chers compatriotes, ne tentez pas de vous immoler par le feu, c’est dangereux. A la place, targuez-vous d’avoir le président le moins jeune au monde, mais le plus beau et le plus diplômé du Caire au Cap. Je vous ai fait don d’un superbe Monument de la renaissance brillant de mille feux, illuminé de jour comme de nuit, un édifice que vous pouvez contempler tout en vivant dans le noir.
A la jeunesse de mon pays, je fais une dernière recommandation: ne prenez pas exemple sur les Tunisiens aux tentations suicidaires, vous avez dix ans d’avance sur eux, car votre révolution, vous l’avez faite le 19 mars 2000. Contentez-vous de compter les poteaux dans les rues, et continuez à boire du thé à longueur de journée, mais, de grâce, évitez le jasmin, il y va de la survie de votre président. A bon entendeur, vive la République !
Momar Mbaye,
Humour, ce texte est purement imaginaire.
http://mbayemomar.over-blog.net