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PRESIDENTIELLE 2012:Menaces sur le Sopi.
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Journal La Gazette
Hebdomadaire d'informations sur le Senegal, l'Afrique et l'international.
 
Par Journal La Gazette
Publié sur 02/3/2011
 
Dans le contexte politique actuel, nombre de périls s’accumulent dans le ciel libéral. Il en est ainsi de l’affaire Idrissa Seck, du divorce Wade-Aminata Tall, de la grogne des directoires...

PRESIDENTIELLE 2012:Menaces sur le Sopi.
Dans le contexte politique actuel, nombre de périls s’accumulent dans le ciel libéral. Il en est ainsi de l’affaire Idrissa Seck, du divorce Wade-Aminata Tall, de la grogne des directoires de campagne, des tensions sociales et des forces politiques ou de la société civile montantes telles Macky Sall, Cheikh Tidiane Gadio, Bara Tall, Youssou Ndour, Pr Amsatou Sow Sidibé. Les libéraux ont en plus une sérieuse explication avec Benno siggil Senegaal. Qu’il l’avoue ou pas, le parti de Wade est comme pris dans un guet-apens.

Mme Aminata Tall est donc partie. Et comme la cantatrice, au Parti démocratique sénégalais (Pds) on ne manque pas d’entonner qu’il est toujours difficile de se dire au revoir. Surtout quand le contexte est éminemment préélectoral. Et l’avenir du Pds en tant que parti-Etat compromis. La presse est formelle : l’ex-secrétaire générale de la présidence a rompu les amarres avec Wade. Une terrible agitation en coulisses tendant à la faire revenir peine, semble-t-il, à l’en convaincre. Tous au Pds savent qu’une telle rupture est porteuse d’incertitudes. Mieux, elle aggrave cette histoire de « fruit dans le ver », ce lapsus du président Doudou Wade né de l’affaire Idrissa Seck. Mme Aminata Tall est une responsable de premier plan du Pds. Son alliance même tacite avec l’ancien Premier ministre Idrissa Seck démantèlerait davantage la famille libérale. Les « dépôts » de l’ancienne maire de Diourbel au Pds font d’elle une actionnaire respectable. Ministre aux côtés de Wade en 1991, elle revient au gouvernement en 1994. Avec l’Alternance, Mme Tall bat le record des les va-et-vient au gouvernement. Son dernier poste, secrétaire générale de la présidence, est prestigieux. Et la presse lui prête la désinvolture d’avoir dit ne plus vouloir être ministre de Wade. Secrétaire générale du Mouvement national des femmes libérales, elle va ouvrir une plaie difficile à cicatriser au Pds. Parce qu’une première fracture encore béante est là : le cas Idy. Ce dernier s’est frontalement opposé à la candidature de Wade. Eclairé par la science de certains constitutionnalistes dont le Pr Guy Carcassonne, il a frappé au sein même du parti. Désarçonnés, les libéraux ont menacé de l’exclure via la « Commission de discipline ». Mara résiste et fait savoir à qui veut l’entendre qu’il est bien dans sa famille. Et n’entend pas s’en séparer.

RESISTANCE;

Le problème reste donc pendant devant la « juridiction » libérale apparemment trop indigente pour le vider. Les libéraux qui font des pieds et des mains pour ramener Aminata Tall redoutent l’axe Diourbel-Thiès. Ils ont raison. Car, déjà, les frustrations partent de la base suite à la mise en place des directoires de campagne. De grands responsables tels Thierno Lô, ministre du Tourisme se sont violemment attaqués au directeur de campagne de Wade, le Premier ministre Souleymane Ndéné Ndiaye. A Rufisque la « Guerre de cent ans » entre Cora Fall et Me Mbaye Jacques Diop s’est brutalement ravivée. Kaolack a sonné la révolte suite au pôle-position du ministre d’Etat Ndèye Khady Diop. La vieille ville, Saint-Louis, reste encore ensommeillée. Même si les affidés de Awa Ndiaye se sont fait entendre ces derniers jours. Parce qu’une chose est sûre : la guéguerre Ousmane Masseck Ndiaye-Me Ousmane Ngom n’est pas finie. C’est cette clameur qui a dû pousser Wade, agacé, à lancer au début de l’année à ses frères de parti : « Si je perds les élections en 2012, je rends le pouvoir ». L’hypothèse n’est pas seulement d’école.
D’autant que les forces qui travaillent à la déchéance des libéraux sont loin d’être marginales.

Macky Sall, ancien Premier ministre, président de l’Alliance pour la République (Apr) sera sur les starting-blocks de la Présidentielle de 2012. Sa force de frappe est réelle notamment à Fatick, au Fouta et à Touba. L’Apr qui puise sa force électorale essentiellement du Pds apeure les frères de Wade. Un sondage sur les intentions de vote à Dakar est passé par là. Il place l’ancien président de l’Assemblée nationale devant le leader du Pds. Un autre gros poisson, jadis proche de Wade, patron de parti politique est l’ancien ministre des Affaires étrangères.

LEADERS:

Dr Cheikh Tidiane Gadio sera, à coup sûr, de la mêlée de 2012. Le temps passé à la Chancellerie, au total 9 ans, en a fait un homme d’Etat « achevé ». Son parti, Luy jot jotna, pense que le temps est arrivé de débarrasser le pays du Pds. Puis arrive le Collectif des jeunes marabouts. A sa tête Serigne Modou Bousso Dieng. Cette structure s’est fait entendre il y a quelques semaines. Son mot d’ordre, contribuer à la défaite des libéraux. Si la plupart de ces forces politiques susnommées trouvent leurs sources dans l’Alternance, il y en a qui lui sont lointaines. Et qui sont porteuses de dangers.

C’est le cas du patron de l’entreprise Jean Lefebvre, Bara Tall. Il est à l’origine de la pétition exigeant la lumière sur les 20 milliards de commissions consécutives à la vente de la troisième licence de téléphonie mobile à Sudatel. Le cap du million de signataires a été largement franchi. Tall n’a pas encore de parti politique, mais le monde mobilisé par son procès suite aux Chantiers de Thiès agace le pouvoir. Le Pm Souleymane Ndéné Ndiaye a accusé d’ailleurs la presse d’avoir politisé l’affaire. Un autre leader s’est signalé. Il s’agit de Serigne Mansour Sy Djamil. Son discours est radicalement hostile au pouvoir. Partie prenante des Assises nationales, « Djamil » le verbe acéré et l’argumentaire élaboré pour dépecer la gouvernance Wade. La super star Youssou Ndour a également clairement décliné sa volonté de soutenir un candidat en 2012. Même si son mouvement Fekke ma ci boolee est tout silencieux depuis quelque temps. Et sa télévision, culturelle, au départ est devenue généraliste en ce début 2011. C’est dans cette foulée de la société civile que le Pr Amsatou Sow Sidibé a lancé Car/Leneen. Présidente de Réseau africain des femmes travailleuses (Rafet), Mme Sidibé a nettement avoué qu’elle sera au rendez-vous de 2012. Elle sillonne le pays et multiplie les prises de position. Qu’on l’avoue ou pas, 2012 est une Présidentielle bien singulière. Le parti au pouvoir en est conscient. Mais les « génies » qu’il s’emploie à enterrer pourraient lui asséner le coup fatal. Et lui dire « Dafa doy », à l’image de Mme Penda Mbow.

Bss
« Politiquement » inquiétant:

Même si dans le bloc de l’opposition regroupé autour de Benno siggil senegaal (Bss) on cherche encore la formule appropriée pour affronter le Pds, le mordant n’y manque pas. Défait à la Présidentielle de 2000, le Parti socialiste (Ps) reste encore une force politique bien implantée. Parti-Etat pendant quarante ans, le Ps a encore ses résistants un peu partout. Troisième derrière Idrissa Seck à l’élection présidentielle controversée de 2007, le secrétaire général du Ps bat quasiment campagne depuis lors. Il a pratiquement visité les grandes villes du pays et réussi à maintenir l’espérance en un parti pris pour mort. A Kolda, par exemple, deux « factions » se battent pour le contrôle du Ps dans la commune. Une situation qui devrait arracher le sourire à Tanor Dieng, lui qui sait à quel point les tendances ont été dévastatrices pour son parti. Autre signe de vitalité, les « ambitions » prêtées à Me Aïssata Tall Sall, porte-parole du Ps et au maire de Dakar, Khalifa Ababacar Sall ont revigoré plus d’un socialiste et innervé les canaux flasques ( ?) d’un parti, réduit à dix ans d’opposition et soumis à une vague transhumance éhontée. Bss c’est aussi Moustapha Niass de l’Alliance des forces de progrès (Afp). Il a beaucoup perdu en comparaison avec ses 16% de 2000. Mais sa stature d’homme d’Etat, son réseau d’amitiés et son influence dans l’opposition sont de gros atouts. Le secrétaire général du Mouvement pour le socialisme et l’unité (Msu) Massène Niang voit en lui un bon candidat de Bss pour 2012. Dans son sillage, Niass pourrait entraîner des leaders tels Amath Dansokho, Talla Sylla, Moussa Tine, Landing Savané et peut-être Abdoulaye Bathily. Bss c’est aussi une fournée de jeunes leaders comme Macky Sall (Apr), Mamadou Lamine Diallo (Tekki), Cheikh Bamba Dièye (Fsd/Bj) … C’est à l’évidence la configuration de 2007 qui se met en place. Mais l’adversaire, le Pds, n’est plus le même. Le contexte social aussi.

Casamance, DELESTAGES, inondations ... :

C’est au cœur du tumulte qui affecte la Tunisie que le président Wade a invité ses ministres a étudié au plus vite la possibilité d’une baisse des prix. C’est clair, les questions sociales ont le visage d’un électeur décidé à sanctionner le pouvoir. Premier motif : les délestages. Le pays est soumis depuis quelque quatre mois à des coupures de courant répétées. Pour s’en plaindre, un collectif regroupé autour de l’Iseg et du Forum civil a battu le pavé à Guédiawaye. Une marche qui fait suite à celles organisées à Ziguinchor et dans d’autres villes du pays. Dans son discours de nouvel an, le président Wade a demandé au peuple sénégalais d’être patient. Sans donner cette fois-ci un délai pour le retour à la normale. La situation est tellement sérieuse qu’elle a fait l’objet d’une question orale à l’Assemblée nationale et a coûté à Samuel Sarr son poste de ministre de l’Energie.

Autre question sociale quasiment insoluble : les inondations. Une bonne partie des populations de la banlieue patauge encore dans les eaux nauséeuses. La flambée des prix du gaz, de l’huile et du sucre quant à elle exaspèrent les Sénégalais. A ce cocktail il faut ajouter les 15000 nouveaux bacheliers non-orientés. Rien qu’à Ziguinchor ils sont 300, à Pikine on en dénombre 200. Mais la question la plus cruciale est celle de l’épineux conflit en Casamance. Au total 13 soldats sont tombés sous les balles d’irrédentistes mieux armés, selon la Dirpa. Le conflit aura bientôt 30 ans. Des centaines de femmes, irritées, ont marché et observé une journée de jeûne pour la paix à Ziguinchor.

Hamidou SAGNA.