La crise de la Sénélec a atteint aujourd’hui, la limite infranchissable à tout du point de vue, tant économique, social que culturel. La gestion de la Sénélec est assurément  l’illustration la plus parfaite et achevée, comme exemple type d’une gestion chaotique des affaires de notre pays sous l’ère libérale.

En effet, quand un Etat est incapable de mesurer correctement l’impact négatif de l’absence de l’énergie, un secteur vital dans une économie nationale, c’est que celui-ci ne comprend rien à l’ordre des priorités dans la gestion économique et social d’un pays donné. Pratiquement, depuis 10 ans, le pouvoir libéral ne fait que nous servir des mensonges autour de la Sénélec et précisément, sur la politique énergétique relative à la sortie de notre pays de cette crise de l’énergie. Tous les délais qui avaient été donnés pour la fin de cela, ne furent que des balivernes et fort heureusement, la réalité est venue elle, prouver concrètement que, ce n’était que du mensonge pur et simple.

Alors, malgré tout cela, on veut encore, pour nous berner, nous parler d’un fameux plan imaginaire : « Takkal » et un comité « machin », qui se penche actuellement sur la situation de la Sénélec et qui produira sous peu un rapport à la fin de ses investigations. Comme si ce rapport allait produire de l’électricité pour nous faire oublier les délestages! La situation, au contraire, s’empire chaque jour davantage avec Karim Wade à la tête, malgré les lauriers que son père lui a tressés pour nous obstruer la vue et la réalité. Nous, populations, avons besoin et même mieux, nous exigeons de l’énergie en qualité et en quantité dans les meilleurs délais car, nous ne sommes en rien redevables à la Sénélec ou responsables de ses malheurs. S’il y a des difficultés financières sérieuses qui secouent présentement  la société, elle n’a qu’à regarder du côté du pouvoir et de ses démembrements. En effet, le plan Takkal de Me Wade qui devrait s’appeler plutôt celui de l’obscurité, est marqué par davantage de délestages, plus que par le passé. Et Me Wade, qui s’est transformé maintenant comme, le chargé de la communication de son fils Karim, qu’il présente comme le plus « brillant » des Sénégalais d’abord et ensuite le « meilleur » gestionnaire aussi de tous les temps du Sénégal, n’a pas tardé à avoir la preuve palpable de tout le contraire, c’est-à-dire, de l’échec  cuisant de son fils. Il s’est alors avéré aujourd’hui et à la face du monde, que Karim est tout à fait incapable à gérer avec succès quoique ce soit convenablement, au-delà de la propagande médiatique faite autour de sa personne, par son père de président de la République.

Le débat qui a eu lieu à Walf TV sur la Sénélec  était plus du bavardage et de la palabre, car, il n’a été soutenu par aucun document palpable et crédible pour étayer les vraies causes et raisons de la crise à la Sénélec. Ce débat, qui s’est terminé en queue de poisson, n’a fait que rajouter à la confusion et laisser les consommateurs et les abonnés de la Sénélec à leur faim. Aucune solution concrète n’est apparue au cours de ce débat, plus théorique que pratique. La preuve, les questions pertinentes posées par le Pr Kassé et Me Massokhna Kane, n’ont pas reçu de réponses adéquates, si ce ne sont des intentions ou mesures quelque peu laborieuses à formuler et à expliquer clairement. Les représentants du ministère de l’énergie, de la Sénélec et le président du fameux comité, avaient toutes les peines, pour convaincre, car leurs arguments étaient du déjà entendu.
L’argument massue brandi partout et en permanence  par tous ces défenseurs de la Sénélec, est le vieillissement ou la vétusté du matériel en place. C’est cela aussi une des raisons principales selon eux, qui empêche la bonne marche de la Sénélec et par voie de conséquence, la distribution normale de l’énergie en quantité et qualité suffisantes. Dès lors, la question évidente que l’on doit poser à la Sénélec, c’est de savoir pourquoi ce vieux matériel n’a pas été changé au moment où il le fallait ? Dans la mesure où le système d’amortissement des immobilisations est une règle admise en comptabilité, qui prévoit justement, bel et bien, une charge intitulée : Amortissement des immobilisations corporelles, en vue du renouvellement des immobilisations vieillissantes qui s’usent avec le temps. Et mieux, il est même permis que le taux d’amortissement soit indexé à l’évolution du prix du matériel sur le marché. Ainsi, on peut bien se demander égalementi, est-ce que la Sénélec  procédait régulièrement à l’amortissement de ce dit matériel, au taux prévu et à la durée normale en vue de son renouvellement? Si tel n’est pas le cas, c’est une faute impardonnable et une erreur grave en matière de comptabilité, qui a été commise, et ceci, aucun Cabinet d’expert-comptable sérieux ne devrait l’admettre. Et dans le cas où, la charge d’amortissement a été effectivement comptabilisée, qu’est devenu alors le compte d’amortissement ?

Il est vrai que nous baignons totalement depuis l’alternance dans une gestion informelle des affaires du pays, mais à ce point quand même, pour une société nationale de l’envergure de la Sénélec, c’est tout de même  une véritable catastrophe et tout à fait inconcevable, qui donne un aperçu éclairant de comment le Sénégal est gouverné par Abdoulaye Wade et son camp. L’absence d’immobilisations neuves (centrales électriques) adaptées et répondant bien, à la technologie de l’ère numérique pour palier au déficit énergétique du pays depuis l’alternance, ne peut être justifiable par aucun rapport, fut-il celui émanant d’experts les plus futés de notre pays. La question centrale ou la problématique de la gouvernance libérale, est celle d’une incompétence congénitale notoire, à gérer convenablement selon les normes et règles admises, les affaires publiques du pays, tous secteurs confondus. Les échecs sont si évidents et généralisés, que le cas de la Sénélec ne saurait être un cas isolé ou exceptionnel.

C’est pourquoi, nous n’avons rien à faire d’un rapport, fait de littérature et de chiffres théoriques, dont la fiabilité serait de toutes les façons, douteuse  parce que ne pourrait être étayée par aucune preuve palpable, si nous tenions compte de leur faible degré de probité morale et d’éthique révélé et  connu de tous les Sénégalais de bonne foi. Et aussi, pourquoi en lieu et place d’un rapport, ne nous présentent-ils pas tout simplement, les Etats financiers certifiés par un Cabinet d’expert-comptable indépendant, ainsi que  des bilans et comptes d’exploitation des exercices de la Sénélec, qui partiraient de 2000 à 2010 ? Ceci  est de loin, plus lisible, plus éclairant et plus fiable comme preuve, plus que tout. En mettant à la disposition du public ces documents authentifiés, tout le monde pourra juger objectivement sur pièces, ce qu’il en est de la situation de la Sénélec. Et ainsi, la vérité éclatera au grand jour.

Par ailleurs, en examinant la gestion de la Sénélec même de l’extérieur, nous constatons aisément des incohérences frappantes et autres paradoxes, aux antipodes d’une gestion rationnelle, obéissant à des règles de gestion et des priorités bien établies dans ce domaine, par exemple :
•    Nous remarquons tous que la Sénélec privilégie paradoxalement la construction ou la modernisation de ses locaux (sièges) plutôt le renouvellement de ses machines vieillissantes. Alors que sa raison de vivre justement, est la bonne marche de ses machines qui assurent la production et la distribution de l’énergie à ses clients. Et c’est l’occasion et le lieu pour la Sénélec et les autorités de nous démontrer, preuve à l’appui, comment les 800 milliards déclarés avoir été investis, ont été utilisés dans quoi et où concrètement ? Il n’y a aucun doute, que nombreux sont des Sénégalais qui pensent que ceci c’est un mensonge d’Etat encore, comme le régime libéral en a l’habitude. Aucun esprit rationnel ne peut comprendre logiquement, qu’après autant d’argent investi dans cette société, qu’elle puisse se trouver dans un état comateux malgré tout.
•    Un autre paradoxe et une incohérence incompréhensible de la Sénélec résident dans le fait, d’être l’unique détenteur exclusif d’un produit convoité par tous et incontournable par personne, qui se vend très bien, quel que soit son prix élevé, un produit pour lequel la demande dépasse l’offre et être incapable de satisfaire sa clientèle. C’est un cas rare dans le monde des affaires, car personne ne peut évoquer dans le cas de la Sénélec des invendus, des avaries ou une mévente quelconque, qui  justifieraient l’état désastreux de la trésorerie dans lequel se trouve aujourd’hui cette société. L’argument du prix du pétrole variable sur le plan mondial ne peut point prospérer car, cette donnée n’est  pas spécifique à notre pays seulement.
•    Il s’y ajoute encore, un élément non moins important, à savoir : que les populations en tout cas, sont quittes avec la Sénélec parce que payant régulièrement leurs factures malgré la distribution défectueuse et le coût extrêmement élevé de l’électricité, qu’elles supportent par citoyenneté et patriotisme. Par conséquent, elles ne sont pour rien dans les difficultés financières et de trésorerie en général que traverse la Sénélec. Bien au contraire, elles sont les victimes innocentes des désagréments de la gestion catastrophique d’une société qui sombre plutôt inexorablement vers l’abîme, par l’incompétence de ses dirigeants et une gestion gabégique.
•    Par ailleurs, il faut le rappeler, la Sénélec  étant une société nationale, appartenant à tout le peuple sénégalais, il revient et ressort du devoir régalien de l’Etat de la soutenir par des subventions en cas difficultés provenant effectivement d’une gestion normale et orthodoxe. Ceci dans le but d’atténuer la charge qui pèserait indûment sur les populations au point de vue prix et d’investir pour la modernisation des immobilisations de la société, adaptées à la technologie du 3e millénaire.

Il est sûr et certain pour des esprits tant soit peu logiques, que, si ce secteur aussi vital qui est l’énergie était placé en priorité avant les dépenses somptueuses et de prestige du chef de l’Etat, ainsi que le train de vie dispendieux de l’Etat, l’érection d’une statue de la « Renaissance africaine » digne des mégalomanes et qui soit du reste constamment éclairée,  un Fesman, inutile et inopportun, la Sénélec se porterait bien mieux que dans son état actuel. Et à propos d’économie d’énergie, là aussi, c’est l’Etat qui est le premier indexé car c’est lui qui ne prête aucune attention au laisser-aller dans la consommation d’énergie des édifices publics comme par exemple le Building administratif, qui laisse en permanence les  lumières allumées, climatiseurs et ventilateurs en marche nuit et jour et même pendant les jours non ouvrables. Et il en va de même pour  l’éclairage public. Voilà par exemple un comportement spécifique de gaspillage d’énergie venant de l’Etat, qui pénalise notablement la Sénélec. En plus de cela, les factures impayées de l’Etat constituent la plus grande part des sommes dues par les débiteurs de la Sénélec.
Voilà pourquoi d’ailleurs, je vois mal et ne comprends pas non plus, la présence de certaines associations consuméristes au sein de ce fameux comité supposé devoir examiner ou disséquer la situation de la Sénélec. En se rangeant du côté du pouvoir  et de la Sénélec qui forment un tout, pour les aider à se tirer d’affaires, elles trahissent de fait leur mission noble, de défense des consommateurs livrés à eux-mêmes. Même si c’est bénévolement qu’elles prétendent le faire, cela nous en douterions sérieusement. Mais quoi qu’il en soit, leur assistance ou apport pour trouver des solutions aux problèmes de la Sénélec est voué dès le départ à l’échec et risque même de se révéler comme une complicité consciente pour certains et inconsciente pour d’autres.
La vérité au fond, qui n’est pas d’ailleurs loin d’une escroquerie et qui  nous est cachée, nous la connaitrons sans aucun doute demain, révélée au grand jour. Les énormes sommes investies à la Sénélec  et ses produits d’exploitation constituent présentement une énigme pour les Sénégalais car, ils n’en connaissent pas la destination finale mais, ils sont tout à fait sûrs et certains, qu’ils sont allés ailleurs que dans et pour la bonne gestion de la société elle-même. Et un audit simple, prouverait cela demain sans aucune difficulté. De même, tous les complices et à tous les niveaux qu’ils puissent se situer qui ont eu à participer à ce pillage ou sabotage seraient identifiés clairement, et tout naturellement châtiés comme il se devrait. Et les manifestations des populations contre les délestages  en cours de la Sénélec  qui ont ponctué leur ras-le-bol et la limite de leur patience, en sont des signes avant-coureurs ou autrement dit, un avertissement sérieux.


    Mandiaye Gaye
    Gaye_mandiaye@hotmail.com