Comme l'indique le titre, c'est la triste histoire d'un ingénieur en génie civil frappé injustement par une justice télécommandée et téléguidée par un président sénégalais.

Soit donc un génie, un sénégalais bon teint qui a fait tout son parcours académique dans sa région natale où il décrocha son diplôme d'ingénieur, en 1981, à l'École Polytechnique de Thiès (EPT). Recruté en qualité de géomètre par l'entreprise Jean Lefebvre Sénégal (JLS), il y gravira tous les échelons avant de la racheter en 2001. Grands travaux routiers, bâtiments publics, hôtellerie..., notre polytechnicien fera de JLS, en quelques années, un leader incontestable et incontesté dans le monde du BTP sénégalais et même de la sous région et devient, du coup, un partenaire incontournable de l'Etat dans ces projets d'infrastructures routières. Pourtant, JLS n'est qu'une filiale de son holding: Talix Groupe.

Talix Groupe c'est le regroupement de dix sociétés qui évoluent dans des domaines comme l'hydraulique, le BTP, la production agricole, l'immobilier, les mines, et aussi la communication, avec, entre autres, le très populaire quotidien d'informations Le POPulaire. Sans vouloir entrer dans une compilation fastidieuse de chiffres, nous disons simplement que Talix Group c'est 10 sociétés, plus ou moins 50 milliards de francs Cfa de chiffres d'affaire annuels et surtout plus de 3000 employés dirigés par un seul homme.
Refusant catégoriquement de rentrer dans des combines et opérations douteuses et être complice dans un vulgaire règlement de compte politique entre un président et son ex- premier ministre, le voilà victime d'un véritable acharnement judiciaire. Les dirigeants de l'État se sont clairement engagés, depuis plusieurs années, dans la destruction de son entreprise de construction.

Reprenons l'histoire et mettons des noms.

L'ingénieur en question s'appelle Bara Tall. Le président se nomme Abdoulaye Wade et l'ex premier ministre Idrissa Seck (actuel maire de Thiès).
Bara Tall est donc accusé, par l'État, de surfacturation, escroquerie, faux et usage de faux..., bref de sale voleur ce qui est, nous le pensons, contraire à la vérité. Il sera emprisonné pendant près de 3 mois avant d'être remis en liberté en 2007. Incapable de renoncer à détruire la vie de cet opérateur économique, l'État, par un tour de passe passe juridique, refuse de lui payer des dettes chiffrées à plusieurs milliards de francs Cfa et écarte JLS de tous les marchés publics du pays. Aujourd'hui, les banques créancières de Bara Tall ont commencé à saisir une partie des meubles et immeubles de Talix Groupe pour rentrer dans leurs fonds après avoir longtemps fait preuve de compréhension à son égard. Plus de 3000 travailleurs risquent de se retrouver au chômage si l'État n'arrête pas. Bara va encore répondre à la convocation du juge en mars prochain. Mérite t-il le sort qu'on lui réserve aujourd'hui après tout ce qu'il a fait pour ça patrie¿
Les jeunes sénégalais se jettent à la mer, risquant ainsi leur vie pour rejoindre l'Europe parce que convaincus qu'aucune réussite n'est possible dans ce pays. L'écrasante majorité des étudiants sénégalais d'Europe ou des États-Unis n'imaginent pas un seul instant revenir pour servir le Sénégal.
Les dirigeants du pays leur montrent qu'ils ont tout à fait raison, à travers l'exemple de Bara Tall car même s'ils réussissent à se faire tout seul, l'État finira par les écraser. Qui disait que «l'État est le plus froid des monstres froids»¿

Arouna BA
aronts2e@yahoo.fr
www.aronts3.mondoblog.org