Outré, indigné, frustré, les mots sont peu forts pour traduire mon désarroi après avoir parcouru le « coup de gueule » de ce rappeur qui en fait des pieds et des mains pour défendre le prêcheur de la bande Fm, Taïb Socé pour ne pas le citer.
Je me garderais de me prononcer sur un dossier judiciaire en cours, pour la simple bonne raison que lorsqu’une personne n’est pas encore jugée, la loi la présume innocente jusqu’à sa condamnation ou non par les cours et tribunaux. C’est justement le cas d’oustaz Taïb, qui a tant régalé l’opinion de ses chroniques hebdomadaires rappelant aux croyants leurs obligations primaires.
Quelle que soit l’affection que l’on nourrit pour M. Socé, ce dernier n’en demeure pas moins un justiciable comme vous et moi, comme n’importe quel autre citoyen. Ici, il ne s’agit pas de porter un jugement sur la personne de Taïb Socé, encore moins de taper aveuglément et sans raison sur la Justice sénégalaise, bien qu’il y ait mille et une raisons de le faire. Notre justice est loin d’être parfaite, et c’est relater une lapalissade que de le dire. Toutefois, il me paraît utile de rappeler que dans ce pays, malgré les conditions de travail difficiles, malgré les tentatives de mettre aux ordres le troisième pouvoir, des magistrats se battent pour que leur département redresse la tête, parce que devenu l’un des points névralgiques du système politique. Donc, vouloir politiser « l’affaire Taïb Socé », lui donner des relents de conspiration politique, me paraît prématuré, regrettable et inopportun. Ce qui est arrivé à Socé peut arriver à n’importe quel citoyen. Enlevons nos cagoules, et surtout, évitons de verser dans la victimisation et le sensationnel. A la presse aussi d’éviter de jeter le discrédit sur une personne dont la culpabilité n’est pas encore avérée.
Des prêcheurs de la trempe de Socé, il y en a à profusion au Sénégal. Il suffit de se rendre dans certaines mosquées de la cité pour s’en apercevoir. Pour ne pas dire, que certains d’entre eux, maîtrisent mieux que lui le prêche. Cela fait près de quinze ans que les Sénégalais sont habitués à la virulence des « sermons » de Taïb sur les ondes. Voilà quelques années que le petit écran leur permet de mettre un visage sur cette voix « révolutionnaire » qui au fil des années, a fini par s’assagir. En l’état actuel des choses, parler d’une conspiration visant à lui clouer le bec me paraît déplacé, malvenu. On gagnerait mieux à garder le silence sur cette affaire en attendant que les personnes accréditées, les magistrats en l’occurrence, disent leur dernier mot, et éclairent l’opinion. A bon entendeur !

Momar Mbaye.