Jamais un pays africain n’aura suscité autant d’intérêt pour la communauté internationale qui gagnerait à faire preuve d’un peu plus de neutralité dans la gestion de la crise ivoirienne. Son attitude, n’en déplaise à certains, frôle la suspicion. Et si la sortie de crise passait par un référendum, à l’heure où les « y voient rien » y voient double ?
Un pays, deux présidents, deux gouvernements : ainsi se dessine le destin de la Côte d’ivoire, qui embrasse l’année 2011 avec la pire des incertitudes. Le spectre de la guerre civile hante les sommeils, plane sur toutes les têtes. A lire les commentaires de certains médias étrangers, on a l’impression que ces derniers ont à hâte à ce que la Côte d’Ivoire s’embrase, que Bété et Dioula s’entre-déchirent. Les Ivoiriens n’y voient rien, a-t-on l’habitude de dire. En ce moment, ils ont plus que retrouvé la vue, une vue qui les éblouit ; mieux, ils y voient double, comme disait l’autre.
Il faut un référendum national en Côte d’Ivoire
Il est tout à fait compréhensible que certains pays veuillent régler des comptes avec le président sortant Laurent Gbagbo, d’où leur soutien aveugle et invétéré en direction de son opposant Alassane Dramane Ouattara. Entre autres, l’assassinat du journaliste Guy-André Kieffer, l’affaire du charnier de Yopougon, les soupçons de financement de la rébellion sénégalaise, la liste est loin d’être exhaustive. L’attitude de la communauté internationale, aux yeux de certains, paraît suspecte pour bon nombre de raisons. Toutefois, incompréhensible, l’entêtement dont fait montre Laurent Gbagbo, conforté dans sa position par l’arrivée de Dupond et Dupont, les avocats du « diable Laurent », comprenez Me Jacques Verges et Roland Dumas.
Ainsi, pour épargner aux Ivoiriens un bain de sang qui ne serait profitable à personne, il serait plus intelligent de réfléchir sur une solution de compromis, une sortie de crise louable aussi bien du côté de Gbagbo que d’Alassane Ouattara. Pourquoi pas un référendum invitant les Ivoiriens qui s’étaient massivement déplacés pour voter au 1er et au 2nd tour à se prononcer une dernière fois en faveur de l’un des présidents désignés ? En l’état actuel des choses, ni Laurent Gbagbo ni Alassane Ouattara ne méritent de diriger la Côte d’Ivoire car aucun d’entre eux n’est prêt à consentir un sacrifice au nom de la paix sociale. Un référendum national serait un précédent et pourrait faire jurisprudence étant donné l’aspect complexe que revêt la crise ivoirienne qui n’a que trop duré. Les Ivoiriens ne peuvent continuellement rester les otages des deux éléphants Gbagbo et Ouattara, qui dans leur bras de fer ont piétiné beaucoup d’herbe sur leur passage.

Momar MBAYE,
Correspondant,
Dernières Nouvelles d'Alsace (Mulhouse)
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