Le Pr. Moustapha Sourang, ministre d’Etat, conseiller spécial du président de la République a ouvert hier à l’Ucad II, le 13e Congrès de la Panaf (Association Archéologique Panafricaine de Préhistoire et des Disciplines Associées) et la 20e Conférence de la Safa (Société des Archéologues Africanistes). Cette rencontre qui se poursuit jusqu’au 7 novembre prochain sera l’occasion pour quelque 400 archéologues, historiens et chercheurs de diverses disciplines scientifiques de faire une rétrospective, mais également un bilan des recherches africaines sur différentes disciplines et de mener la réflexion sur le thème de « la préservation du patrimoine culturel africain ».

Ouvrant les travaux du 13e Congrès de la Panaf (Association Archéologique Panafricaine de Préhistoire et des Disciplines Associées) et la 20e Conférence de la Safa (Société des Archéologues Africanistes) dans le grand amphi de l’Ucad II, Le Pr. Moustapha Sourang, ministre d’Etat, conseiller spécial du président de la République s’est félicité de ce rendez-vous à Dakar. Il est considéré avec près de 400 participants, comme la plus grande rencontre d’archéologues africains et de scientifiques africanistes jamais organisées.

Le Pr. Sourang a salué le choix de Dakar et de son université qui est ressenti comme un hommage à la communauté universitaire africaine. Ce congrès de la Panaf est, selon lui, une reconnaissance de l’action entreprise en Afrique pour la restauration de son histoire, un travail colossal et d’une portée sans commune mesure dont le mérite revient dans une très large partie à la communauté des archéologues. Pour le Ministre d’Etat Moustapha Sourang, le rendez-vous de Dakar, après le premier qui a eu lieu ici en 1967 peut être un temps de rétrospective et de bilan. « Il a fallu des décennies d’efforts de scientifiques d’Afrique et d’ailleurs pour exhumer des paysages lunaires de la Ritf valley et des profondeurs du désert tchadien les restes fossilisés de nos lointains ancêtres : « Toumai » et « Lucy », reconnus comme nos précurseurs les plus anciens. Ils sont les témoins de la marche inexorable du genre humain vers plus d’humanité, plus de technicité et surtout plus d’ambition. La saga humaine, que l’Afrique cristallise à chacune de ses étapes est un chapelet de défis, toujours plus grands, mais toujours relevés » a affirmé Moustapha Sourang.

Promotion de la recherche collective

Le ministre esquisse « une Afrique nouvelle, indépendante et totalement responsable du futur de son patrimoine archéologique et de son importance pour la fortification de l’idéal de la renaissance Africaine ».

Il estime, aujourd’hui, qu’il faut promouvoir et encourager l’intérêt pour l’étude des patrimoines archéologiques africains. La promotion de la recherche collective et la facilitation des échanges d’idées et de publications entre les professionnels et les institutions impliqués dans l’étude des patrimoines archéologiques africains tout comme la promotion de la formation d’archéologues en Afrique et le soutien à la recherche sont des priorités pour l’Afrique, estime Moustapha Sourang. Facteurs endogènes et exogènes

La séance inaugurale de ce congrès a été rehaussée par la présence du Pr Iba Der Thiam, Historien émérite, Vice Président de l’Assemblée nationale, mais également par Mme Aïcha Ben Barka, représentante de l’Unesco, le Dr Alinah Segobye, présidente de la Panaf, l’archéologue Paul Lane, Président de la Safa et le Dr Hamady Bocoum, archéologue, chercheur à l’Ifan, directeur du patrimoine culturel au Sénégal , le maître d’œuvre de l’organisation du Congrès Panaf à Dakar avec son équipe de scientifiques et chercheurs dont le Dr Ibrahima Thiaw, Chef du département d’archéologie et Conservateur du Musée Théodore Monod . Intervenant dans le grand amphi de l’Ucad II, face aux universitaires, archéologues et chercheurs, le Vice Recteur de l’Ucad, le Pr Ndiaw Diouf, Doyen de la Faculté des sciences juridiques et politiques, s’est inscrit dans l’une des préoccupations de cette rencontre , à savoir « le partage des connaissances sur l’Afrique, la perspective d’une meilleure préservation de son patrimoine et la bonne gestion de ses ressources pour le développement ».

Dans cet objectif, le Pr. Diouf indique la Culture comme une priorité vers un développement harmonieux. Selon lui, il s’agit surtout d’un développement qui prend en compte les facteurs endogènes et exogènes et qui fait recours aux savoirs faire et aux ressources humaines.

Rappelant les efforts de l’Unesco à promouvoir le développement endogène des pays africains, Mme Aïcha Ben Barka a pour sa part insisté sur le fait que « l’éducation est et doit rester un processus culturel de transmission des identités multiples et souvent métisses ». Plaidant pour davantage de considération pour le secteur culturel, Mme Ben Barka rappelle les conventions de l’Unesco de 2003 sur la protection du patrimoine immatériel et celle de 2005 sur la diversité des expressions culturelles et surtout les Objectifs du Millénaire pour le Développement (Omd) qui incluent la culture dans les stratégies de développement.

La séance d’ouverture s’est poursuivi hier matin par une rétrospective à travers une présentation en multimédiat du Pr Merrick Posnansky de l’Ucla (Los Angeles) qui a commenté l’histoire de l’archéologie africaine, son évolution sous la houlette de nombreux chercheurs, des années 40 à nos jours. Une présentation passionnante qui ouvre bien la série de communications sur des sujets très divers au programme des ateliers scientifiques de ce congrès d’archéologie.

Jean PIRES