Dans la vie d'une nation, il y a des moments critiques et décisifs qui  engagent son avenir de manière durable. Incontestablement, 2012 constitue un rendez-vous essentiel pour le Sénégal. Dans cette optique, la nécessité de la rupture, bien loin d'être un vœu pieux  ou un slogan, se veut une affirmation, une issue s'appuyant sur la réalité de notre pays depuis l'an 2000.
    
En prenant le pouvoir en 2000, Abdoulaye Wade avait explicitement reconnu que les indicateurs macroéconomiques étaient positifs et que les caisses de l'État étaient bien loin d'être vides. Nous doutons fort qu'il puisse en dire autant en 2012. Le fait étant que son régime aura vécu au-dessus de ses moyens et favorisé la corruption. La énième preuve provenant toujours, du sommet de l'État, avec ce fameux « cadeau » offert au bien nommé Ségura. Une ignominie qu'on a voulu scandaleusement inscrire dans «  une pure tradition africaine ». Dans un environnement mondial où la lutte contre ce cancer est gage  de respectabilité et preuve de bonne gouvernance, force est de reconnaître que l'image du Sénégal est durablement ternie par cette « erreur sur la somme »,   ainsi que l'avoue penaud son président. En conséquence, un tel président ne peut plus convaincre qu'il lutte contre la corruption. Ceci est une réalité avec laquelle il faut rompre en 2012, et le système en place, s'étant déjà disqualifié, n'a plus le crédit et encore moins les moyens de se réformer pour mener un  tel combat.

En effet, la gangrène a atteint un stade où l'amputation n'est d'aucun secours. Un corps en putréfaction n'exige qu'une seule chose: être enterré et... vite. Le p.d.s et ses affiliés n'ont plus de ressort. Ils auront, en bientôt 12 ans, donné la pleine mesure de ce qu'ils pouvaient. Le système wade a infligé au Sénégal, le meilleur de lui-même mais surtout le pire. On ne peut plus rien attendre de bon, de vivant de ces gens-là, de ce corps-là. En face d'un presque nonagénaire, (en 2012) ombrageux et boulimique du pouvoir, l'espérance est interdite. Le p.d.s fonctionne sous la férule de wade prohibant tout esprit critique or ce dernier est indispensable, car étant le combustible de toute évolution et pour tout progrès envisagé. Le p.d.s n'a ni la capacité, encore moins la volonté, de se remettre en cause. C'est un nid d'irresponsables soumis aux desiderata d'un seul homme, fussent-ils contre ceux du peuple. Ceci est une évidence qu'il s'agira d'inhumer en 2012 pour freiner la violence générée et distillée de plus en plus par ce système.

Naguère, défini comme le parti dolécratique (force brutale) du Sénégal, le p.d.s se conforme de mieux en mieux à cette image. C'est un parti au fonctionnement brutal dont les dirigeants sont adeptes de discours violents ponctués d'accents menaçants. Sur ce point, la liste des figures de proue, de cette formation politique, rompus aux diatribes de toute nature, est connue de tous les sénégalais. C'est ainsi, qu'un Sénégal sidéré a pu entendre des ministres, des députés et autres opportunistes du régime, menacer de mort ou de violence physique des journalistes, des opposants ou des entrepreneurs. Dès lors, comment être étonné qu'une pareille attitude n'influence, de jour en jour, notre société? N'est ce pas au Sénégal qu'on peut s'attaquer impunément à un groupe de presse, au vu et au su de tout le monde, et ne rien encourir? N'est ce pas au Sénégal qu'un opposant s'est fait marteler sans suite judiciaire? Cet état de fait, qui va s'aggravant, signifie que désormais au Sénégal, certains se sont arrogé    des droits et entendent se faire justice...sans la justice. Des comportements inhérents à la magistrature de wade dont il urge de mettre un terme, sauf à vouloir installer le Sénégal dans un « dauphinat », car l'homme n'en peut plus.

A près de 90ans (en 2012), la lucidité commande d'admettre que la vie est derrière soi. Certes, vivre et mourir dépendent de la volonté de Dieu et nous souhaitons une longue vie à wade...mais loin du pouvoir. Du reste, lier sa candidature au fait de disposer d'une bonne santé et de ses facultés constitue un aveu sincère. L'homme disant simplement, avec ce souhait, qu'il sait avoir atteint les extrêmes limites de ses facultés intellectuelles et d'une santé rayonnante. La vraie et « pure tradition africaine » est riche de sagesses enseignant que la vieillesse accompagne mais ne guide pas. En conséquence, toute autre option n'est que défiance et forfanterie car à l'évidence, au-delà de l'apogée se dessine inéluctablement la chute: une loi de la nature, une vérité historique et absolue. Ainsi, reconduire wade en 2012 équivaut à voter, par procuration, pour ses fils naturel ou spirituel. Autrement dit, condamner le Sénégal à un immobilisme certain et mortifère. Bon sang (ou mauvais sang) ne saurait mentir or ces fils-là nous ont démontré leurs tares congénitales. Ils sont  issus, nourris et formatés par le système du père.

Ainsi, 2012 est un tournant périlleux, mais fort heureusement, cela ne le résume pas totalement. 2012 reste étroitement lié à un nouvel espoir incarné par la nécessité de la rupture. En d'autres termes, le Sénégal a besoin d'un nouvel homme au pouvoir, capable de restaurer les institutions de l'État mises à mal par le long, pénible et interminable règne du p.d.s. Ce parti nous a fait reculer et replonger dans les mêmes enjeux qu'en 2000, du fait de ses dérives pernicieuses et multiformes. Le choix est donc clair pour tout le monde et la responsabilité incombe à tous. Les esprits sceptiques fantasment sur la personne qu'il faut pour diriger le Sénégal de 2012. nous avons la faiblesse de croire que la société sénégalaise, tant politique que celle dite civile, regorge d'hommes et de femmes intègres et crédibles, pouvant valablement assumer cette haute fonction. Ceci est  un impératif de sursaut indispensable, une nécessité vitale pour notre pays.

Enfin, reconnaissons que notre pays va mal: la corruption, au sens de la pourriture, s'y est épanouie, la libre expression plurielle des idées est devenue délit d'opinion, l'impunité s'oppose à la loi, le « gérontocrate » rythme « létalement » la vie de la nation et la monarchie fait figure de projet de société en marche. Face à ces impasses dressées contre le peuple, 2012 n'est il  pas le moment de se demander ce qu'on peut faire pour le Sénégal, pour paraphraser un célèbre président américain? Ne nous devons nous pas au Sénégal? Ne devons nous pas faire quelque chose pour le Sénégal, pour son avenir? Il nous appartiendra bientôt de répondre à cette exigence et d'en endosser toutes les conséquences.

A. T.  sunuman2012@gmail.com