1.    Introduction :
 Quelques événements récents en Afrique de l’Ouest dévoilent la nature des régimes politiques en place dans nos pays. Au-delà des querelles entre oppositions et gouvernants, nos intellectuels devront relever un défi important au cours des décennies à venir, celui d’inventer les principes d'une vraie démocratie qui privilégie la logique de souveraineté à la place de celle des groupes de pression d’affairistes.

 Au Bénin, ce laboratoire des « démocraties nouvelles africaines », le débat au cours des derniers mois se développe autour de la révision de la constitution en vue de prolonger le mandat du Président de la République en exercice.
 Les partisans de cette révision ont trouvé une argumentation implacable. En effet, l’élection présidentielle prévue en 2006 sera suivie en 2008 des municipales et des législatives. Alors les « révisionnistes » affirment qu’il n’y a aucun espoir à obtenir des bailleurs de fonds le financement de toutes ces élections.
Qui pourrait franchement reprocher aux grands partis politiques au Bénin d’économiser leurs ardeurs de mendicité auprès de nos bienfaiteurs ! Mais tout le monde aura compris que l’enjeu est tout autre ! L’utilisation des bailleurs de fonds comme alibi pour justifier la révision de la Constitution et prolonger le mandat du Président de la République de trois ans est symptomatique de l’état d’esprit au sein de nos classes politiques en Afrique où la démocratie est devenue un instrument de mendicité internationale. Au Togo, le fils à Eyadéma a succédé à son Père de Président dans une élection dont les conditions de déroulement exécrables n’ont pas empêché les puissants de ce monde d'avaliser les résultats. Ils voulaient éviter que le Togo s’ajoute à la liste de ces pays où l’instabilité politique est la règle.
Ainsi la peur de l'instabilité devient un objet de chantage politique pour contourner la démocratie! Mais le plus important est ce qui s’est passé avant l’élection : l’opposition et le RPT étaient d’accord sur le fait que sans l’aide de l’Union Européenne, il n’aurait pas été possible d’organiser des élections transparentes et équitables dont les résultats ont pourtant fini par être contestés.
A quoi a -donc servi cette aide?
A posteriori, peut-on soutenir aujourd'hui que l'aide de l'Union Européenne était une condition suffisante pour éviter la fraude?
Aurait-il alors été possible d'organiser des élections honnêtes dans ce pays sans aide extérieure?
Et si la réponse est négative, expliquez-moi pourquoi les Togolais n'auraient pas été capables de se payer le processus de choix de leur Président ?
 En Côte d’Ivoire, le règlement d’une crise politique initiée et entretenue par nos chers frères Ivoiriens doit pourtant passer par nos ancêtres les Gaulois qui jouent le rôle de mentor avec l’aval de la CEDEAO.
Ainsi nous nous disons indépendants mais n’hésitons pas à utiliser nos faibles ressources à nous faire la guerre puis ensuite à tendre la main à ceux-là même que nous accusons de nous maintenir sur leur joug. Drôle de logique !