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Le Ps sur la candidature de Wade en 2012 : «Juridiquement irrecevable, moralement indéfendable».
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Journal Le Quotidien
Quotidien d'informations du Senegal. 
Par Journal Le Quotidien
Publié sur 08/30/2010
 
Dans un communiqué rendu public, hier, de son Bureau politique qui s’est réuni le 25 août 2010, le Parti socialiste (Ps)...

Le Ps sur la candidature de Wade en 2012 : «Juridiquement irrecevable, moralement indéfendable».
Dans un communiqué rendu public, hier, de son Bureau politique qui s’est réuni le 25 août 2010, le Parti socialiste (Ps) considère que «si le premier prix de la mauvaise foi et du ridicule cherchait encore récipiendaire, les thuriféraires du régime de Abdoulaye Wade seraient certainement des favoris imbattables au regard de l’argumentaire spécieux, voire malhonnête, développé dans la laborieuse défense de  la recevabilité de la candidature de leur mentor pour un troisième mandat».
Se prononçant sur la recevabilité ou non de la candidature de Wade pour un 3e mandat, le Parti socialiste (Ps) a tenu à rappeler «l’interprétation juridique» que Wade, «l’auteur de la Constitution», avait «servie en conférence de presse au lendemain de l’élection présidentielle de février 2007», dans l’euphorie «de sa victoire frauduleuse». Pour le Ps, les défenseurs de la candidature de Wade s’égarent «maintenant (…) dans des contorsions juridico-intellectuelles et s’abîment dans un juridisme de mauvais aloi, révélateur de leur profond désarroi». Les Socialistes s’émeuvent des «réfutations et autres dénégations d’avocats du diable (…), transhumants honteux, malgré «la cause entendue depuis longtemps» et selon laquelle, «la candidature de Abdoulaye Wade pour l’élection présidentielle de février 2012 est non seulement juridiquement irrecevable, mais elle est d’abord et avant tout moralement et politiquement indéfendable».
  Sur le plan moral et politique, Ousmane Tanor Dieng et ses camarades soutiennent qu’il est «totalement irresponsable pour un homme politique», âgé de plus de 86 ans, «de briguer la plus haute charge de l’Etat pour un mandat de sept ans qu’il ne finirait alors que largement nonagénaire avec tous les risques de gâtisme qu’il encourt». Sur ce plan-là, indique le Ps, «le bon sens le plus élémentaire et le patriotisme auraient dû le dissuader d’emprunter cette voie périlleuse pour la cohésion de la Nation et pour la stabilité du pays». Au regard de tout cela, il fait remarquer «qu’au regard de sa gestion incompétente et corrompue devenue de notoriété mondiale, Abdoulaye Wade devrait (…) abandonner son projet insultant de succession», pour envisager «des voies de sortie honorables» au lieu «de songer à se présenter pour un troisième mandat».
ARGUMENTS JURIDIQUES
Sous l’angle juridique, relève le Ps, «tous les juristes avertis dont les constitutionnalistes les plus émérites, assurent d’une même voix qu’une candidature de Abdoulaye Wade pour un troisième mandat n’est pas recevable». Et de se référer à «la lettre très explicite de l’article 104, traitant des dispositions transitoires entre la Constitution de 1963 et celle de 2001». Cette lettre, selon les Socialistes, «ne laisse place ni à l’équivoque ni à l’interprétation. Elle distingue nettement entre la poursuite jusqu’à son terme du mandat en cours, donc sa durée  et toutes les autres dispositions de la Constitution, dont celle relative à la limitation à deux  du nombre de mandats, qui, elles, sont d’application immédiate». Le communiqué du Bureau politique du Ps argumente : «En bonne logique constitutionnelle, on peut concéder que la durée du premier mandat ne pouvait être remise en cause qu’avec l’assentiment du Président élu en 2000 parce que précisément le septennat avait déjà été préalablement octroyé sous l’empire de la Constitution de 1963 par le peuple sénégalais souverain, et était par conséquent devenu un droit acquis.»
Et qui plus est, indique le Ps, «le pouvoir constituant de 2001 a disposé sans ambages, à l’article 104 précité que la disposition limitative du nombre de mandats doit s’appliquer au «Président en fonction» et être décompté à partir de son mandat en cours, à l’instar d’ailleurs de toutes les autres dispositions et à la seule exception de la durée du premier mandat déjà entamé». Toujours sous l’angle juridique, le Ps note qu’ «au-delà  de la lettre de la Constitution, l’esprit même qui a présidé à son adoption en 2001, dans un contexte de dénonciation de la longueur de la Présidence de ses prédécesseurs, par un nouvel élu donneur de leçons à souhait, excluait toute interprétation tendant à accréditer la thèse de la recevabilité ; à moins de vouloir réduire à néant la fin poursuivie par la nouvelle Constitution». Et ce qui conforte  l’irrecevabilité de la candidature de Wade en 2012, à la lecture de l’article 104, ce sont ses propres déclarations après sa réélection en 2007, «les travaux préparatoires de la Constitution de 2001, ainsi que les correspondances entre le Président et les membres de la Commission de rédaction de cette Constitution». Pour le Ps, à l’origine de la volte-face de Wade, se trouve le désaveu du 22 mars 2009. Et de comparer ses manœuvres aux «agissements de l’ancien Président Mamadou Tandia du Niger qui tentait de rallonger son mandat».
Le Ps invite «tous les patriotes, tous les républicains et tous les démocrates à ne pas se laisser distraire et divertir par les élucubrations et les gesticulations d’un pouvoir crépusculaire aux abois». Cette mobilisation passe, selon les Socialistes, par «le cadre d’un grand mouvement populaire et patriotique» pour «créer un rapport de forces défavorable à Abdoulaye Wade pour l’obliger à sortir de son autisme suicidaire et à renoncer à présenter en 2012 une candidature qui viole manifestement la Constitution et qui, en vérité, en cache une autre». Et de centrer la balle dans le camp du Conseil constitutionnel afin qu’il prenne sa «responsabilité de dire le droit en la matière».


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