Dans le lot des dysfonctionnements constatés dans l’arène durant la saison de lutte écoulé, la programmation des lutteurs est en bonne place, surtout ceux de la nouvelle génération où subsistent beaucoup de frustrations. Ces jeunes lutteurs lésés n’hésitent pas à se confier au premier venu. ‘Des lutteurs font la ‘Une’ actuellement, mais, ils ne sont pas meilleurs que nous’, jure, sous le couvert de l’anonymat, un jeune espoir de l’arène sénégalaise. Selon notre interlocuteur, ‘la faute incombe aux managers et aux promoteurs. Il y a une sorte de pré carré érigé en barrière entre nous qui constituons le gros de la troupe et ces trois ou quatre lutteurs plébiscités. Et pourtant, nous avons les mêmes capacités et les mêmes arguments à faire valoir pour jouer les premiers rôles comme eux’, tonne ce jeune espoir qui est resté plus d’un an sans le moindre combat. ’Nous sommes de la même génération. Qu’ils acceptent de lutter avec nous et on verra des non-dits’, assure-t-il ce sous le couvert de l’anonymat.

De peur des représailles des managers et des promoteurs, ces jeunes lutteurs ainsi mis au-devant la scène, dont la plupart sont analphabètes, ne mesurent pas la gravité des actes qu’ils posent. Ils ne mettent que leur intérêt en jeu au détriment de ceux de la quasi-totalité de ces autres jeunes qui ont aussi leur mot à dire dans la marche de l’arène. La classification leur est inconnue. Tout comme le plan de carrière dans la compétition sportive. Chaque manager cherche, vaille que vaille, les gros cachets pour y défalquer ses 10 %. Baye Mbaye Diop d’Usine Bene Tally disait d’ailleurs que ’des combats qui peuvent faire le bonheur des amateurs, font légion dans l’arène. Mais il semble que certains promoteurs, managers et responsables d’écuries n’en veulent pas. Ils ne veulent pas courir le risque de voir leur lutteur être humilié dans l’arène. Il y a des lutteurs qui présentent de bons gabarits, avec une force naturelle et une bonne assise technique. Malheureusement, on les a mis de côté. On les évite pour aller vers les supposés ténors pour de l’argent’.

Pourtant, on aimerait voir un combat entre Moussa Dioum et Balla Gaye n°2 ou le combat de la clarification entre Gris Bordeaux et Baye Mandione, ou encore la revanche entre Gris Bordeaux et Eumeu Sène. Toubabou Dior n°2 - Lac de Guiers n°2 est également une belle affiche pour qui connaît la lutte, de même que le combat revanche entre Saloum-Saloum et Balla Gaye n°2 ou une affiche opposant Tonnerre-Papa Sow. Bruce Lee contre Issa Pouye est aussi une possibilité ainsi que Pape Mor Lô contre Tidiane Faye. Ama Baldé et Guy-Gui sont à mettre dans ce lot comme Tapha Tine contre Lac de Guiers n°2. Tout comme l’affiche entre Forza et Pakala, deux jeunes lutteurs qui doivent affronter les promus de la nouvelle génération. Souleye Dop et Khadim Ndiaye ne doivent pas être laissés en rade, puisqu’ils ont les mêmes arguments que ceux qui sont précités. Ce sont là des affiches qui font saliver les amateurs de lutte.

Une redistribution des rôles est à attendre dans l’arène. Ils sont plus de six mille licenciés. Il leur faut à tous leur part du gâteau. Ils ne resteront pas les bras croisés pour continuer à laisser quelque quatre à cinq jeunes lutteurs se partager tout le gâteau. Les défis seront nombreux. La promotion des lutteurs comme Tapha Tine, Elton, Toubabou Dior n°2, Moussa Dioum, Forza, Pakala, Gambien, Assurance de Mbour, Saloum Saloum, An 2000, doit être un impératif pour ceux qui veulent relooker la cartographie de l’arène. Super Etoile, Garga Mbossé, Papa Sow, Bazooka, Bruce Lee, Baye Mandione, Guy-Gui, Pape Mor Lô, Boy Niang n°2, Bismi Ndoye, Tonnerre, Sa Thiès, Ama Baldé sont aussi des adversaires potentiels pour les jeunes espoirs qui sont de leur génération. Ne serait-ce que pour le nivellement des valeurs.

Babacar Noël NDOYE.