Affaire Souleymane Diouf «Farah» : Farba Senghor s’agrippe à son appel.
Le chargé de la propagande du Pds a décidé de sortir de sa réserve pour
élucider l’opinion sur les véritables contours de l’affaire l’opposant à
Souleymane Diouf dit Farah. Ce, après que celui qui menait une grève de
la faim est acheminé à l’hôpital.
Souleymane Diouf dit Farah, pour
justifier la diète qu’il observait, avait indiqué qu’il serait
impossible d’exécuter à l’encontre de Farba Senghor une décision de
Justice le condamnant à payer à M. Diouf la somme de 30 millions de
francs Cfa pour avoir violé le droit d’auteur de ce dernier.
Organisant
hier un point de presse au siège du Parti démocratique Sénégalais,
Farba Senghor a balayé d’un revers de main toutes les allégations faites
à son encontre sur ce problème. «Je suis contraint de me présenter pour
démentir des informations fallacieuses avancées dans la presse et me
concernant», a-t-il souligné à l’entame de ses propos. Selon M. Senghor,
le plaignant est un menuisier de profession et pas un chanteur. Il a
essayé, dit-il, de le flouer en lui proposant de payer la duplication
d’un single qu’il a créé lors de la campagne électorale 2007 pour le
candidat Abdoulaye Wade. Et quand il était venu lui proposer son
produit, il l’aurait supplié de «contribuer à la renaissance de la
culture sérère qu’il considérait en décadence». «Il sait que je suis
sérère et c’est pour atteindre mes fibres sensibles» qu’il lui a fait
croire que son Cd allait relancer la culture sérère et lui permettre
d’entrer de plain pied dans le monde des artistes. Alors que, selon M.
Senghor, il ne voulait que de l’argent, même s’il ne l’avoue pas
directement. Et Farba de poursuivre : «Au moment des faits, il n’était
pas inscrit au Bsda.» D’ailleurs, selon Farba Senghor, il s’agissait
d’un seul single qui non seulement n’est pas commercialisable, mais n’a
jamais été vendu ni diffusé sur une quelconque chaîne de radio ou de
télévision. Mieux, ce n’est pas lui qui avait remis le Cd à Talla Diagne
pour la duplication, mais Souleymane Diouf dit Farah en personne.
D’après M. Senghor, M. Diouf lui avait amené le Cd en compagnie d’un
Libanais du nom de Laïus, mais ils n’avaient pas trouvé de compromis.
C’est ainsi qu’il est reparti toujours en compagnie du Libanais vers
Talla Diagne avec qui ils sont tombés d’accord sur les frais que Farba
Senghor a pris en charge.
«JE NE ME CACHE DERRIERE PERSONNE, NI DERRIERE AUCUN POUVOIR»
Cette
affaire, qui a été jugée sous le N° 2110 du 04 décembre 2007, est
selon M. Senghor un jugement par défaut, en ce sens qu’il n’a jamais été
informé de la date de l’audience. Et qu’en plus, ce jugement n’est pas
«assorti de l’exécution provisoire et qu’(il) ne lui a jamais été
signifié». C’est ainsi qu’à la date du 19 août 2010, il a, dit-il,
«formé opposition contre ce jugement pour informer par voie d’huissier».
Mais, jusqu’à présent, il ne résulte du jugement aucun acte procédant à
l’exécution de la décision de Justice, ni un bien ou immeuble lui
appartenant qui ait fait l’objet de saisie. Toutefois, M. Senghor dit
qu’«il ne se réfugie derrière aucun pouvoir, ni aucune force pour
s’opposer à l’exécution d’une décision de Justice, mais derrière des
dispositions légales». A l’en croire, il serait prêt à se plier à toute
décision de la Justice. Il invite l’opinion, la presse, et les
défenseurs des droits de l’homme à ne pas se laisser avoir par celui
qu’il qualifie de «maître-chanteur qui, dit-il, a voulu faire chanter
tout le monde. On n’a pas chanté, il est resté seul à chanter».
Mais
du côté des souteneurs de Farah, on soutient ne pas être au courant de
l’appel interjeté par Farba Senghor. Avant d’indiquer que «cela fait
longtemps que le plaignant a porté plainte et que Farba Senghor y a
opposé un mépris total, mettant le jeune dans une situation de désespoir
total».
Par Justin GOMIS.